‹ Chartes des libertés anglaises (1100-1305)Chapitre 8 sur 141 · Stubbs, Select Charters, p · texte numérisé non relu

Stubbs, Select Charters, p

2. On en trouvera le texte dans les deux compilations fondamentales pour la législation anglo-saxonne : B. Thorpe, Ancient laws and institutes of England, p. 111, et R. Schmid, die Gesetze der Angelsachsen, 2« éd. 1858, p. 182.

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centaine et de la responsabilité collective ; monnaie, poids et mesures). Pour les lois d'Édouard-le-Confesseur, il en est autrement; telles que nous les avons, elles n'ont pas le caractère d'un travail officiel, mais d'une compilation privée où le rédacteur anonyme a trouvé moyen d'intercaler une longue digression sur le roi Ina et l'assemblée du peuple au vin® siècle, sur les conquêtes légendaires du roi Arthur de Bretagne, sur l'origine et les lois des Dano-Norvégiens. Cette compilation ne peut être placée plus tôt que dans le second quart du xii® siècle * et l'on ne saurait affirmer qu'elle contient toute la législation d'Edouard. Très différente pour la forme des lois d'Edgar, elle peut être cependant, quant au fond, ramenée aux mêmes dispositions concernant la paix de Dieu et la paix du Roi ; en dernière analyse, il est probable qu'elle contient la législation du dernier roi anglo-saxon, ou du moins l'idée qu'on s'en faisait dans la première moitié du XII® siècle ^, et c'est ce qui importe surtout ici. En « rendant la loi d'Edouard », Henri I semblait donc implicitement prononcer la paix de Dieu et la paix du Roi comme on l'entendait à l'époque anglo-saxonne ; il revenait aux ce bonnes coutumes » de l'ancien temps après avoir condamné formellement les mauvaises

1. Thorpe, p. 190. Schmid, p. 491. Schmid place avec raison les « lois d'Edouard » après les lois de Henri I ; il incline à en placer la rédaction vers le dernier quart du xii« siècle. Il me paraît difficile cependant d'admettre que le compilateur eût parlé comme il le fait d*Arthur, s'il avait écrit après Geofroi de Monmouth (c'est-à-dire après 1139).

2. Sur la « laga Edwardi régis » et ses sources, voyez Liebermann : Quadripartitus (Halle, 1892), p. 3, 50.

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coutumes en vigueur pendant les règnes de son frère et de son père. Mais, s'il rattachait ainsi le régime anglo-normand au régime anglo-saxon, il innovait en déterminant les privilèges propres au clergé et à la noblesse, dont la conquête avait tant contribué à faire un pouvoir politique.

On peut faire encore une autre observation :

L'administration normande était au plus haut degré formaliste et procédurière : Guillaume le Conquérant s'était toujours donné comme le légitime et unique successeur d'Edouard; il avait prétendu régler sa politique d'après la lettre du droit strict attesté, soit par des actes authentiques, soit par des témoins dûment constitués en jurys d'enquête. 11 importait donc aux particuliers d'appuyer leurs droits et privilèges sur des actes formels, et à la nation opprimée de se retrancher derrière des chartes écrites. Le serment prêté par les rois au jour de leur couronnement était conçu en des termes trop vagues pour limiter efficacement la prérogative royale ; la charte de Henri I eut précisément pour but de déterminer au juste les avantages réclamés par l'Eglise, les Grands et le Peuple. Il fit acte de bonne politique en l'accordant, mais en m&me temps il créa un précédent destiné à une répercussion lointaine.

Ce qui était arrivé à la mort de Guillaume il le Houx se reproduisit à celle de Henri 1 (l®* déc. 1 135). Oui devait hériter? Sa fille Mathilde, veuve de l'empereur d'Allemagne Henri V et femme du comte d'Anjou Geofroi Plantagenet, ou son neveu, Etienne de Blois ? D'après Guillaume de Malmesbury, le roi

ÎNÎRODUCÎÎÔN Xiil

mourant avait désigné sa fille ? D'après Henri de Huntingdon, Hugues Bigot affirma que le roi avait désigné son neveu. Ce dernier précipita les événements. Tandis que V a Impératrice Mathilde » et son frère Robert de Gloucester, fils bâtard de Henri I, restaient en Normandie pour assister aux obsèques de leur père, il se hâta de passer en Angleterre. Il était brave; on le disait facile d'accès et libéral; la ville de Londres Faccueillit avec joie. Dans l'assemblée des grands du royaume, les plus sages et les plus âgés ^ décidèrent qu'il fallait procéder sans retard à l'élection; c'était, disaient-ils, leur droit et leur devoir. Etienne fut élu en efFet d'une voix unanime.

Mais il y eut des engagements réciproques : les citoyens de Londres lui promirent de l'argent ; à son tour, il promit à tous le maintien de la paix. Cependant l'archevêque de Cantorbéry hésitait encore ; il se laissa convaincre par les partisans d'Etienne, qui fut sacré et oint le 22 décembre en présence de trois évèques seulement et de quelques grands. Pas un abbé n'était présent. Néanmoins il était roi, et il réussit à obtenir d'Innocent II ' une bulle confirmant son élection (février ? 1136). Vers Pâques enfin arriva Robert de Gloucester (22 mars) ; il consentit à reconnaître Etienne qui, dans une assemblée tenue à Oxford, promulgua une nouvelle charte de libertés

1. « Majores natu consultuque qiiique provectiores, » disent les (iesta Stephani régis. Pour l'élection d'Etienne, il faut comparer et combiner les Gesta Stephani, p. 8-9 ; Guill. de Malmesbury, Migne, col. 1401-1404; Richard de Hexham (édit. Howlett), p. 144-150, Henri de Huntingdon, 256-258, et Robert de Torigny, qui suit ce dernier.

2 Voy. Jafle-Wattenbach, Reg. pont, rom., n° 7804.

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