SYMBOLIQUE EXTÉRIEURE
Les Ecritures, la théologie, l'histoire du genre humain résumée en ses grandes lignes, tout est dans cet édifice de Chartres; grâce à la science du symbolisme, on a pu faire d'un monceau de pierres un macrocosme.
Tout tient dans ce vaisseau, même notre vie matérielle et morale, nos vertus et nos vices. L'architecte nous prend dès la naissance d'Adam pour nous mener jusqu'à la fin des siècles. Notre-Dame de Chartres est le répertoire le plus colossal qui soit du ciel et de la terre, de Dieu et de l'homme.
Toutes ses figures sont des mots; tous ses groupes sont des phrases.
Ainsi que les édifices qu'elles surmontent, les tours sont presque constamment situées sur une hauteur qui domine la ville et elles répandent autour d'elles, de même qu'une semence dans la terre des âmes, les notes essaimées de leurs cloches, rappellent aux chrétiens, par cette prédication aérienne, par ce rosaire égrené de sons, les prières qu'ils ont ordre de réciter, les obligations qu'il leur faut remplir; — et au besoin, elles suppléent auprès de Dieu à l'indifférence des hommes, en lui témoignant au moins qu'elles ne l'oublient pas, le supplient,
avec leurs bras tendus et leurs oraisons de bronze, compensent de leur mieux tant de suppliques humaines plus vocales peut-être que les leurs!
Le toit de l'église est le symbole de la charité qui couvre une multitude de péchés; ses ardoises, ses tuiles, sont les soldats et les chevaliers qui défendent le sanctuaire contre les païens parodiés par les orages; ses pierres, qui se joignent, diagnostiquent, l'union des âmes ou la foule des fidèles, les pierres les plus fortes manifestant les âmes les plus avancées dans la voie de la perfection qui empêchent leurs sœurs plus faibles, interprétées par les plus petites pierres, de glisser hors des murs et de tomber.
D'autre part, ces moellons, de diverses tailles, sont liés par un ciment composé de chaux, de sable et d'eau; la chaux, c'est la charité ardente et elle se marie par l'eau, qui est esprit, aux choses de la terre, au sable.
Et ces pierres ainsi agrégées, formant les quatre grandes murailles de la basilique, sont les quatre évangélistes, affirme Prudence de Troyes; d'après d'autres liturgistes, elles lapidifient les quatre vertus principales de la religion : la Justice, la Force, la Prudence et la Tempérance, déjà configurées par les quatre parois de la Cité de Dieu dans l'Apocalypse.
Les fenêtres sont l'emblème de nos sens qui doivent être fermés aux vanités du monde et ouverts aux dons du ciel; elles sont, en outre, pourvues de vitres, livrant passage aux rayons du vrai soleil qui est Dieu; mais c'est encore dom Villette qui a le plus nettement énoncé leur symbole :
Elles sont, suivant lui, les Ecritures qui reçoivent la
clarté du soleil et repoussent le vent, la neige, la grêle, similitudes des fausses doctrines et des hérésies.
Quant aux contreforts, ils feignent la force morale qui nous soutient contre la tentation et ils sont l'espérance qui ranime l'âme et qui la réconforte; d'autres y contemplent l'image des puissances temporelles appelées à défendre le pouvoir de l'Eglise; d'autres encore, s'occupant plus spécialement de ces arcs-boutants qui combattent l'écartement des voûtes, prétendent que ces trajectoires sont des bras éplorés, se raccrochant dans le péril au salut de l'arche.
Enfin, l'entrée principale, le portique d'honneur de certaines églises, telles que celles de Vézelay, de Parayle-Monial, de Saint-Germain l'Auxerrois, à Paris, est précédé d'un vestibule couvert, souvent profond et volontairement sombre, appelé narthex. Le baptistère était autrefois sous ce porche. C'était un lieu d'attente et de pardon, une figure du purgatoire; c'était l'antichambre du ciel dans laquelle stationnaient, avant d'être admis à pénétrer dans le sanctuaire, les pénitents et les néophytes.
Généralement encore, l'église a trois portails, en l'honneur de la Trinité sainte; et celui de la grande façade, de la façade du milieu, qualifié de porche Royal, est divisé par un trumeau, par un pilier, sur lequel repose une statue de Notre-Seigneur qui a dit de lui-même dans les Evangiles : «Je suis la porte », ou de la Vierge si l'église lui est dédiée, ou même du patron sous le vocable duquel elle est fêtée. Tranchée, de cette façon, la porte indique les deux voies que l'homme est libre de suivre.
« La cathédrale tend au ciel ses deux tours ainsi que deux hras^ simulant avec la forme de ses clochers les deux mains jointes. »
« Les colonnes accotées filent en de minces faisceaux, en de fines gerbes...
... si frêles que Von s^ attend à les voir plier au moindre souffle. »
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« Lhorloge Renaissance au cadran doré. »
* Les piliers carrés sous la voûte du porche.
« VAnge du méridien. »