‹ Chasse et pêche au CanadaChapitre 37 sur 115 · RE LIÈVRE COMMUN · texte numérisé non relu

RE LIÈVRE COMMUN

dant la couche de neige qui a'amoncèle le long, jusqu'au toit. L'animal dans sa course insensée avait évidemment passé outre, plutôt que dévier quelques mètres pour contourner l'obstacle. Ma cuisinière, antique saxonne, très versée dan8 les dictons populaires des anglais, applique aux lièvres le proverbe " Mad as a March Hare. Fou comme un lièvre en mars," et son explication fait arrêt.

Blaze dana son charmant volume peint au noir les lièvres du Vieux Monde, à la période des accouplements Si les nôtres ont encore l'habitude de "songer en leur gîte " comme au temps du bon Lafontaiue, ils ne ragent pas et sont bien moins sanguinaires ; au mois de mars, ditil, lorsque le printemps fait sentir sa douce influence, les bouquins ou mâles poursuivent les hases avec un acharnement incroyable ; leur amour ressemble à de la rage. (1) Ils se livrent entre eux, des combats sanglants, qui souvent finissent par la mort. Un jour je passai sur le champ de bataille de ces messieurs ; je via, en frémissant, le poil de lièvre répandu sur le sol, en quantité suffisante pour faire un manchon; par ci, par là, des traces de sang; un bout d'oreille déchirée par des dents qui jamais n'auraient dû couper que de l'herbe .... Plus loin, un cadavre palpitant encore. " Voyez les dangereux effets de l'amour, dis- je à ma cuisinière ; et faites nous un bon civet."

(1) C'est par cette raison, ajoute Blaze, sans doute, que Venue est appelée par quelques auteurs latins, la mère des lievies : Aima leporum

CÀNIS familiàris

Le comte de Buffon a consacré de bien belles pages à la description du chien : la nature lui a, en effet, fait don de précieuses qualités : élégance de forme, force, vivacité, vitesse, légèreté, odorat exquis, courage, intelligence, naturel affectueux, fidélité, dévouement sans borne.

" Le chien, dit Blaze, est sans oontredit l'animal qui montre le plus de dévouement à l'homme. Il s'attache à son maître, lui consacre sa vie, garde sa maison, veille sur son troupeau qu'il fait manœuvrer en général habile ; il guide les avengle3, ramène les voyageurs égarés dans la neige, et sauve les naufragés. Le chien est un excellent ami ; si vous causez ensemble, il vous comprendra fort bien et saura vous répondre. Le chien est le plus fidèle, le plus intelligent, le plus courageux des animaux ; il reconnait son maître à sa voix, au bruit de ses pas et le sent de fort loin. El flatte les amis de la maison et grogne à l'arrivée d'un inconnu. S'il fait un long voyage, il se souvient du chemin ; il pleure son maître mort et l'accom-

pagne au tombeau. S'il faut le défendre contre plusieurs ennemis, il ne les comptera jamais : il se lancera dans la mêlée, mordera partout, tiendra tête à tous ; nul danger ne l'intimidera." (1)

Nous avons nommé l'épagneul, le mâtin, le chien de berger, le dogue, le roquet, le Saint- Bernard, le Terre- Neuve, etc.

Le chien est une race distincte ; le loup et le renard sont les deux animaux sauvages qui, par leur conformation extérieure ressemble le plus au chien ; le produit de l'accouplement des loups et des chiens, n'est pas un chien proprement dit ; d'après Buffon, (2) malgré d'intéressantes expériences poussées par lui, en 1776, jusqu'à la cinquième génération, entre une louve et un chien, et leurs écrois, le caractère féroce, intraitable, sanguinaire de la louve continua de se manifester jusqu'au bout parmi ses farouches descendants. Les chiens domes-

(1) M. J. U. Gregory, tout en causant chasse et chiens me glisse à l'oreille la jolie légende qui suit, relativement au rôle du chien vis-à-vis nos premiers parents : " Quant Adam reçut ordre de sortir du Par «dis terrestre, il se trouva face à face avec les animaux créés pour lui. Leur aspect inattendu lui causa un grand effroi que le souvenir de sa désobéissance ne fit qu accroître. A sa vue, le lion, le roi des animaux, se mit à rugir ; Tours de grogner ; le cheval du hennir ; la panthère bondit de rage ; l'éléphant sonna de sa trompe ; le bœuf beugla dune manière effroyable ; le loup hurla ; le renard fit entendre des glapissements aigus, le chat, d'horribles miaulements : un sentiment d i.orreur semblait s'être emparé de tous les êtres créés. Adam, attéré, se préparait à fuir, à se dérober à leur couroux, quant le chien se traînant affectueusement à ses genoux lui lécha les mains et lui murmura en aboyant ces douces paroles : u Quand tout t'abandonnera, moi je tereA ton ami. ton gardien, ton défenseur, ton fi ièle serviteur, jusqu'à la fin des temps."

(*.>) Benedict-Henry Revoil, combat énergiquement l'opinion de Buffon. Histoire physiologique et anecdotique des chiens de toutes les races, p. 6'2.

Richardson, Back, Parry et autres navigateurs arctiques ainsi que le célèbre voyageur et su van t Pal las, attestent l'accouplement des chiens avec les louves Idem p. 6£.

tiques fuyaient la présence de ces tuétis, lesquels, émettaient comme les loups une odeur particulière.

Qui alors nous expliquera l'origine de nos chiens esquimaux, lesquels hurlenf, mais n'aboyent point, ont les oreilles droites, pointues, la couleur, la taille, la dégaine du loup, sa voracité (1) pour la chair crue de la volaille et souvent sa férocité. Rien de plus lugubre, nous disent les voyageurs, que d'entendre, peudant le silence des nuits, sur la plage glacée, inhospitalière du Labrador, les chiens esquimaux hurleur — réunis eu bande — (2) affamés et prêts à dévorer homme ou bête qui s'aventurerait sana défense parmi eux ! On les nomme Chiens-Loups, Wolf-

(1) Un s-uperbe chien esquimeau, que je tenais, comme mesure de sûreté, parqué la nuit dans mon écurie, grugea de ses longues dents canines, un trou daus une cloison solide qui abritait un poulailler et bien que repus Je la veille, il étrangla et avala, chair et os, un dindon dodu que nous réservions pour le dîner de Noël. Hélas !

(J) Le chien esquimau, dit M. l'abbé Fer! and, a servi de base à toutes les familles de chiens au Labrador ; dans quelques localités, il s'est croisé avec des chiens appartenant à d'autres races ; ailleurs, il a été conservé pur et sans mélange. Le vrai chien esquimau est de forte taille ; su robe est blanche avec quelques taches noires ; il a le poil long, les oreilles pointues, la queue touffue et relevée ; il n'aboie point r mais pousse des cris courts et étouffés, qui semblent être des essais d aboiement. Il ressemble d'une manière frappante au loup du pays, ou plutôt c'est uu loup réduit à l'état domestique ; assez souvent, on a vu un loup au milieu d'une troupe de chiens esquimaux, s'a m usant à jouer avec eux ; mais les derniers semblent comprendre que cette compagnie n'est pas respectable ; car, dans ces occasions, dès qu'ils aperçoivent leur raaitr ', ils prennent un air de gravité tout-à-fait comique. Les deux familles s'allient quelquefois ensemble.

Si les chiens esquimaux ne savent point aboyer, en revanche ils sont habiles à hurler : chaque soir, autour des maisons, ils donnent un concert au profit des dormeurs. Un vieux chien commence ordinairement à donner le ton avec sa voix de baisse-taille ; puis, viennent les ténors et enfin les jeunes chiens se joignent eon amure, aux anciens de la troupe, et un chœur de musique infernale continue ses lamentation» jusqu'à une heure avancée de la nuit."

Boge. De même que Ton désigne comme chiens sauvages hyUan Doga, ces intelligents caniches à poil ras, k nés effilé, à oreilles droites, de couleur généralement fauve, avec p\eds et museau noirs, que les Jndieus employant pour traquer les lièvres et faire brancher les perdrix. Des chiens sauvages, plus ou moiqs grands de taille, existaient en Amérique, à sa découverte. (Il en existe encore, tel que YAguara dans l'Amérique du sud.) Les aborigènes en faisaient des rôtis et des consommés : le frère Sagard faute d'autres mets, les tiouvait d'une digestion facile et de goût approchant de la chair du porc ?

Le chien transporté de la zone tempérée à la zone tjorride, s'abâtardit ; mais il peut endurer même le froid arctique.

La jace de ces chiens énormes, qui, au dire de Pline, ne reculaient pas en présence de lions ou même d'éléphants, semble avoir disparu : on les nommait chiens d'Epire, chiens de l'Albanie. Au siècle dernier on parlait beaucoup des énormes spécimens de la race canine de la Tartarie, de l'Albanie, du nord de la Grèce, du Danemark, de l'Irlande, comme les plus forts, les plus puissants de tous les chiens. L'antique Irish Wolfhound a disparu des montagnes de la Verte Eiin. On rencontre encore dans le nord de l'Europe le Grand danois, mais il est bien rare : et les bons religieux des Alpes, malgré de terribles échecs, ont réussi à conserver leur superbe race de chiens qui descendent, peut-être, des puissants mâtins de l'Albanie —Albanian Mastifs.

Buffon dit avoir vu en France, un chien qui lui parut avoir, itout assis, près de cinq pieds de hauteur et ressembler m grand danois bien qu'il en différât par l'énormifcé de k taille, il était tcwit Ua^c et d'un ufltmrçl doux et tranquille.

Le Cv.bvv Bhvtlhovnd, malin de l'ite de Cul

lahd-Bervard, sont les deux plus grandes esp ous ayons vues récemment en Amérique.

Au rapport de BurTon, le chien de berger, le eut être considéré comme le vrai chien de nat oui-he ou tige commune de toutes les autres race

" Les ossements découverts par M. Bourguignat ouche des cavernes Fontaine et de la Singne (Ai itinies) qui appartient à la phase trizoïque de h uaternaire, appartient à deux types : le chien t t le dogue de grande tailie. Ceux trouvés à Ni e Veneo, et aux Clapiers, près de Grasse {Alp imes) duiîs une couche de la phase ontozoïque, t précédente, sont les débris du basset, du chien u chien d'arrêt, et du chien de berger." — (Barri

Le Colley transporté dans lea climats rigoureux

est enlaidi et rapetissé chez les Lapons, et para îaintenu et même perfectionné en Islande, en Et ibéric, dont le climat est moins rigoureux, et où les sont un peu plus civilisés."

Voici une page que nous transcrivons sous to ;rves.

" Le mâtin, transporté au Nord, est devenu gi ois, et transporté au Midi, est devenu lévrier. Le. ivTieTs viennent du Levant ; ceux de taille n 'Italie (Italian Greyhound), et «es lévriers d'Itali ortéa en Angleterre sont devenus Iévrons, c'est-à rîers encore plus petits. (English Greyhound).

Le grand danois transporté en Irlande dans 1*1 a Tartane, en Epire, dans l'Albanie, est devenu '. lien d'Irlande (Great Irish Wolfhound), et c'est ■and de tous les chiens. , .

Le dogue (Bail dog), introduit d'Angleterre en Danemark, est devenu petit danois ; et ce même petit danois transporté dans les climats chauds, est devenu chien- turc. Toutes ces races avec leurs variétés, n'ont, été produites que par l'influence du climat, jointe à la douceur de l'abri, à l'effet 'de la nourriture et au résultat d'une éducation soignée. Les autres chiens ne sont pas de race pure et proviennent du mélange de ces premières races.

L'ami de l'homme, le chien, devient chaque année de plu3 en plus un être choyé, prisé, privilégié même. On enregistre la généalogie des Alexandre et des Napoléon de l'espèce, dans le Livre d'or des clubs et des chenils, avec la même exactitude que celle des fils et des filles de Godolphin, d'Eclipsé, de Flying Dutchman, de Gladiateur et autres coursiers remarquables du vieux monde.

" Les expositions de chiens, dit Benedict-Henry jftivoil, sont d'origine anglaise :

" La première grande exposition de chiens que Ton cite, en Angleterre, eut lieu à Birmingham en 1860 .... La seconde, eut lieu en 1861, à Lseds, patronée par le comtes de Derby, Grey, Grosvenor, Ripon, Lord Neville, Lord Paget, le duc de Northumberland, le duc de Carlisle ....

La première exposition de chiens, en France, date de 1863. Elle fut ouverte le 3 de mai, au jardin zoologique d'acclimation au bois de Boulogne. Parmi les patrons et membres du jury, on lit les noms de M. M. Drouyn de l'Huys, le baron James de Rothschild, de Quatre-Fages le comte d'Epremesnil ; le prince de Wagrain, le vicomte de Larochefoucauld, Albert Geoffroy Saint Hilaire.

D'autres hommes distingués y prirent part, tels que le

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vicomte Paul Dam, le duc de Plaisance, le bar. beft, le comte de Camyon-Latonr, le docteur Paul Gernaez, le comte Henry Greffulhe, M Grieves, le comte Henry de l'Aigle, le vicomte dt le vicomte de Bnisgelin, le comte de Chézelles, le Noirmont, le baron Le Coulteulx de Canteleu, le "■eanfort et aUi.

Il y a des chenils célèbres dans chaque grat ux Etats-Unis, où sont offerts en vente des Saint- i es Mâtins, des Bogues, des Pointers, des Set tetrievers, des Spogneuls, des Terriers, des Col ■'ugs, de bonne race : on en a vu se vendre de 1,000. (4) $15 représente le coût d'un chien ( .es expositions annuelles de la race canine aux Et nt grandement contribué à son amélioration

Il est permis de croire que la célèbre exposition le race, à Ottawa en 1883, sons les auspices du ieur général, le marquis de Lomé, a produit d'e ésultaTs.

Chaque semaine, les grandes Revues du sj ios voisins, Forest and Stream & Outing, etc., eni es concours ou " fieldtrials qui ont pour but de es sujets les plus aptes à perpétuer la pureté d> es qualités qui distinguent les races ", la liste des îoms des compétiteurs heureux, aussi bien que 1 les chiens de race aux chenils les plus en rem " En Allemagne, en Belgique, en Hollande, c Angleterre le vent souffle avec persistance, au àons canines (Barreyre).

(i) Pride of tke Bordtr,\e magnifique gclter de Churk* i le Nt w-York, est Évalue à $l,-i00. Franck Forester refus» |£ lenx pointers.

LES CHIENS DE CHASSE

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