VALEUR
en
francs.
PRIX MOTEK
du
kilogramme.
Gibier mort
— vivant
Totaux
''tfJ^
4,252, Il5 198,485
Pour n'accuser personne, il vaut mieux dire que cette disette est la conséquence de notre état social, partant de la fatalité. Cependant, il appartient aux chasseurs qui, pour leur plaisir et leur profit, entrent pour une bonne part dans les troubles causés aux harmonies de la nature, de fournir leur contingent dans Tœuvre de réparation.
Dans l'accomplissement de cette tâche, ils ne peuvent compter que sur leurs propres ressources et leur initiative personnelle ; voici ce qu'on doit leur recommander k cet égard :
I® La répression du braconnage ;
2® La destruction des animaux nuisibles;
3° L'aménagement du gibier ;
V La propagation du gibier; et, k cette occasion, indiquer ce qu'on peut attendre de l'acclimatation.
§ 2. — La répression du braconnage.
Sommaire. — Le braconnier. — Les agences. — La surveillance administrative. — Le garde particulier.
Tout chasseur digne de ce nom ne pourrait pousser trop loin les scrupules professionnels ; car il a contre
l34 LA CHASSE.
lui Topinion de tous les gens qui ne mangent que du gibier tué en délit et ceux-lk sont légion, même parmi les porteurs de permis. C'est aussi, pour lui, le seul moyen de conserver quelque autorité en matière de répression.
Admettons donc que tout le mal vient du braconnier.
Le braconnier appartient à une race k part que la patience, la ruse et Ténergie rendent capable de tout ce que la passion peut inspirer de mauvais k Thomme sans scrupules. Sous Tancien régime, le sjmple fait de chasser était un arrêt de mort pour le vilain qui s'en était rendu coupable ; aujourd'hui, c'est le braconnier qui s'érige en justicier pour supprimer tout ce qui s'oppose k ses desseins.
Mais les braconniers ne travaillent pas toujours isolément. . Associés k de puissants receleurs pour exercer leur coupable industrie, ils ont créé des agences formidables dont les correspondants explorent toutes les contrées où il y a encore quelque gibier. La caisse générale paie les amendes, distribue les secours en cas d'accidents et mandate le traitement des hommes de paille qui font les mois de prison.
Que les chasseurs veillent donc. Ils sont plus de 4oo,ooo en France ! Une cotisation de 2 fr. 5o c. par permis fournirait plus d'un million. Sans doute, pour rester dans le domaine pratique, il faudrait réduire de moitié le nombre des adhérents et porter au double le chiffre de la cotisation.
En attendant, ceux- qui sont quelque peu soucieux de conserver leur gibier doivent être convaincus que la ré-
l'exploitation de la chasse. i35
pression administrative étant insuffisante, le recours au garde particulier s'impose. Certes, il ne faudrait médire ni des gardes champêtres, ni des gardes forestiers, ni des gendarmes ; en cette matière, ils font tout ce qu'ils peuvent. Ils sont d'ailleurs commîssionnés pour bien d'autres choses et le temps leur manque totalement pour donner k la chasse les soins qu'elle comporte. En effet, les journées n'y suffisent pas et il faut prendre sur la nuit bien des heures de surveillance.
Indépendamment de ce service, un bon garde-chasse doit élever, dresser et entretenir les chiens, connaître l'effectif du gibier, détruire les animaux nuisibles, etc.. Auxiliaire né du propriétaire de la chasse, il lui rendra, en tout temps, des services incompatibles avec la dignité du fonctionnaire et de nature k nuire k la discipline hiérarchique. En un mot, le garde-chasse est et ne peut être qu'un salarié.
D'ailleurs, son éducation professionnelle comporte un long apprentissage k une école dont l'enseignement n'a rien de commum avec les circulaires administratives. Car, pour dépister les braconniers, il faut connaître leur métier tout aussi bien qu'eux-mêmes ; afin, dans les cas trop fréquents où il faut renoncer k les prendre en flagrant délit, de les réduire par la famine en mettant autant de soin k brouiller leurs pièges qu'ils en ont mis k les tendre.
La difficulté est de trouver les gens capables de bien remplir ces fonctions. La sobriété, la probité, l'intelligence, le goût de la chasse, se rencontrent encore ; il suffit de payer. Mais ce que l'argent ne crée pas, c'est le tempérament énergique dont sera doué l'homme qui, pour accomplir un service commandé et sans autre sti-
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mulant que le devoir professionnel, va entreprendre une guerre sourde contre le crime : seul, la nuit, avec la responsabilité légale de ses actes, même quand Vautre a tiré le premier. Encore s'il était appelé à jouir des bénéfices de la nouvelle loi sur la responsabilité des accidents du travail !
§ 3. — Destruction des animaux nuisibles.
Sommaire. — Son importance capitale. — Opinion de M. l'inspecteur
de la Rue.
Après les braconniers, les pires ennemis du gibier utile sont les brigands k poil et à plumes qui lui font la chasse en toute saison, sans permis, sans pitié, et commencent k l'étouffer dans Tœuf. On peut dire que le gibier est en raison inverse du nombre des bêtes nuisibles qui font obstacle k sa reproduction.
Tous les moyens sont bons pour diminuer le nombre de ces animaux de rapine. Il y aurait même double profit k poursuivre l'idée d'une destruction radicale, puisqu'ils sont en même temps la terreur des troupeaux et des basse -icours.
On a vu, pages 5i et suivantes, comment la loi vient en aide aux chasseurs, et les facultés qu'elle leur accorde k cette occasioYi ; d'autre part, nous avons indiqué au chapitre précédent les modes de capture les plus efficaces. Il nous suffira de citer ici l'opinion de M. l'inspecteur de la Rue dont personne ne discutera l'autorité. On lit dans l'avant-propos de son précieux ouvrage intitulé : les Animaux nuisibles^ :