La propagation du gibier
Sommaire. — Les moyens naturels. — Les stations convenables à chaque espèce : gibier à poil, gibier à plumes. — Les moyens artificiels : gibier à poil, gibier à plumes. — Le commerce du gibier vivant.
En général, la nature suffît pour entretenir la population normale dans une chasse bien tenue ; mais il est toujours prudent de lui venir en aide. Si la reproduction des animaux de passage et voyageurs nous échappe, les moyens de propager les espèces sédentaires peuvent être résumés comme suit en tenant compte de leurs besoins et de leurs mœurs :
Les cerfs se plaisent dans les grands massifs forestiers entrecoupés de prairies, suffisamment pourvus d'eau courante et stagnante, et de peuplements bien fourrés. Pour y retenir les animaux, on fera dans les clairières quelques semis de navets, seigle, avoine, sarrasin et on disposera des 5a«mér^s ^ Les hangars seront approvisionnés de foin de prairie ou, plus économiquement, de ramilles fourragères et feuilles sèches* préparées en
1. Sprte de gâteau d*argile pétri avec du sel que les bétes fauves lèchent avec avidité.
2. Même préparation que celle que Ton recommande pour Talimentation du bétail.
LA CUAS8B BT Uk PJÊCHB. 10
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forêt même, dès le mois d*août, dans les coupes désignées pour l'exploitation : fourrage et pains de sel étant surtout placés dans les réserves.
Quand, par les grandes rigueurs de Thiver, la disette est absolue, la quantité de fourrage peut atteindre 100 kilogr. par mois pour chaque tête de cerf. Dans lep années où le gland et la faîne abondent, on peut diminuer fortement la ration.
Au point de vue de la reproduction, un cerf suffit pour six biches.
Le daim a sensiblement les mêmes exigences que le cerf; il préfère néanmoins les climats plus doux, un sol plus sec et demande moins d'eau sous la forme stagnante. Il se plaît mieux dans les bois feuillus que dans les futaies résineuses.
Les soins k donner sont absolument les mêmes que pour le cerf ; il suffît de tenir compte de ce fait que le temps de rut est en retard d'un mois sur celui du cerf.
Un daim adulte peut servir de huit à douze daines.
Le chevreuil fréquente les forêts feuillues en pays de plaine et de coteau, de préférence les massifs entrecoupés de prairies, de clairières et d'enclaves.
Il demande les mêmes soins que le cerf et le daim, en réduisant k 3o kilogr. par tête et par mois la nourriture artificielle d'hiver; quelques gerbes d'avoine non battues sont aussi fort appréciées.
La proportion d'un brocard pour trois chèvres est suffisante.
Le lièvre recherche les pays de riches cultures, les bois et les vignes, en climat tempéré.
Sa multiplication ne demande d'autre soin que la garde contre ses nombreux ennemis. Bien qu'il soit peu
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nuisible, pour éviter les dégâts qu'il serait tenté de faire dans les pépinières forestières ou sur Técorce des arbres fruitiers par les hivers rigoureux, il sera prudent de lui apporter quelque nourriture : choux, carottes, foin de prairie, etc.
On admet qu'il faut un bouquin pour deux hases.
Quel que soit l'attrait de la chasse au sanglier, on ne saurait ici, à cause de son caractère d'animal nuisible, donner aucun moyen de multiplier l'espèce. D'ailleurs, le droit de destruction, qui appartient aux délégués de l'administration, exposerait celui qui ferait des sacrifices dans ce sens k voir ses élèves détruits à sa barbe et sans aucun profit pour lui. D'autre part, le sanglier est essentiellement voyageur ; il disparaît sans raison apparente et revient sans cause plausible.
On encourrait une lourde responsabilité envers les riverains en introduisant des sangliers dans les pays où ils n'existent pas k l'état spontané.
L'introduction artificielle des lapins serait plus coupable encore.
Quand on a la rare bonne fortune de posséder encore quelques grands coqs de bruyère dans ses chasses, il faut en user avec tout le respect que comporte un aussi splendide gibier, c'est-k-dire ménager complètement la chasse jusqu'k ce qu'elle soit suffisamment peuplée ; k partir de ce moment, ne tuer annuellement que la moitié des coqs ^t jamais de poules.
he petit coq ou tétras queue fourchue s'acclimaterait bien facilement en pays montagneux et froid, dans les forêts peuplées de résineux et de bouleaux. Les tentatives faites dans ce sens par nos voisins, dans l'ancien
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comté de Dabo, en Lorraine, ont parfaitement réussi avec des couples d'oiseaux importés de Suède.
Qu'ils soient spontanés ou introduits, il suffit de les traiter comme il vient d'être dit pour le grand coq.
C'est aussi le meilleur moyen de faciliter la multiplication de la gelinotte. Celle-ci, d'ailleurs, sans être précisément nomade, se décantonne assez facilement.
La perdrix est la base fondamentale, on pourrait même dire la principale raison d'être de la chasse a tir en plaine.
La perdrix grise et la perdrix rouge ont des mœurs différentes. La première est bien moins exigeante que l'autre sous le rapport de la station ; aussi son aire d'habitation est beaucoup plus étendue. Les compagnies peuvent être nombreuses aussi bien dans les friches et les pauvres cultures que dans les contrées les plus fertiles, pourvu que le pays soit entrecoupé de ruisseaux, de buissons, de haies, de boqueteaux qui lui servent de refuge contre ses ennemis, k qui on devra faire une chasse k outrance. Même sur les hauts plateaux, en climat rude, la perdrix abonde quand il y a des sources qui lui fournissent en hiver, en même temps que l'eau potable, les touffes de cresson et les coquillages qui l'empêchent de mourir de faim.
L'important serait de détruire les mâles surabondants de façon k les maintenir en nombre égal et plutôt inférieur k celui des femelles ; car, au besoin, un coq se charge de deux poules. Mais nos lois ne permettent pas cela !
En cas de grandes neiges, par les froids prolongés, quelques poignées de menus grains auxquels on ajoute des débris de légumes verts, tels que : navets et choux,
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en sauveraient un grand nombre ; car cette perdrix, sédentaire par excellence, meurt de faim plutôt que de quitter les guérets où elle est née.
La perdrix rouge exige un climat doux ; Ik, elle semble préférer les stations élevées, en terrain sec et graveleux ; elle recherche les couverts : vignes, bois taillis, bruyères rocheuses, toutes les remises enfin. Plus sauvage que la grise, elle piète davantage devant les chiens ; il est rare que la compagnie se lève en bloc, les perdreaux s'égrènent un k un et se dispersent k l'aventure .
D'ailleurs, elle quitte volontiers les cantons qui ont cessé de lui plaire. Enfin, avec elle, il est tout k fait inutile de se préoccuper de la répartition des sexes ; car les mâles quittent les femelles dès qu'elles couvent et se réunissent entre eux en compagnie où se glissent les femelles stériles ; ils ne rejoignent la jeune famille qu'a la fin de septembre^ A l'ouverture, ces compagnies de vieilles peuvent, sans inconvénient, être détruites jusqu'k la dernière.
Quand l'hiver est rigoureux, il est utile d'agrainer le» tenues. Pour assurer l'avenir chez les deux espèces, il suffit de ne pas réduire les compagnies au delk du tiers de leur effectif en perdreaux.
he faisan, introduit de Colchique, a acquis droit de cité chez nous. Bien qu'il figure depuis le temps des Romains sur la carte des restaurants, son classement comme gibier est relativement récent; car il n'en est pas question dans les comptes de vénerie du roi Henri IV. Actuellement, le faisan, race de Bohême, fait le plus bel ornement de nos chasses k tir. Mais il y a peu de localités, en France, où sa multiplication naturelle
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puisse être obtenue régulièrement avec- quelque sécurité. II lui faut, en effet, des plaines basses, parsemées de bois ou de broussailles, des prairies environnées de cultures, riches en eaux, entourées de fossés d'écoulement et d'assainissement où pullulent les petits coquillages dont il est très friand. D'autre part, le faisan se défend mal contre ses ennemis ; traité en enfant gâté, il a perdu beaucoup de ses instincts sauvages pour vivre avec une insouciante imprudence qui l'expose k tous les dangers. Malgré ses lettres de naturalisation, il n'est encore qu'un demi-acclimaté.
Depuis nombre d'années, les chasseurs, pressés de jouir, ont pris le parti de repeupler artificiellement leurs chasses. La chose n'est pas malaisée ; il suffit d'un peu de soin et de beaucoup d'argent. On sait, en effet, que la loi autorise, sous certaines réserves, la capture du gibier vivant destiné à la reproduction et son transport en temps prohibé (voir p. 44)-
Quand on peut se procurer du gibier. indigène, le mieux est tout d'abord de confiner les reproducteurs dans des parcs fermés dont l'emplacement est choisi dans les conditions les plus favorables à leur développement. Là, ils seront entourés de soins convenables et chaque année on lâchera les produits qui, nés au pays, y sont déjà accoutumés. Le temps et la sagesse feront le reste.
La principale difficulté est d'avoir les reproducteurs vivants. Ce commerce n'existe pas en France et il faut s'adresser k l'étranger : en Allemagne, en Autriche et en Bohême. Les prix varient suivant les provenances et les saisons. A titre de spécimen, nous donnons les sui-
L EXPLOITATION DE LA CHASSE
vants, qui représentent pour 1899 ^^^ P^^^ °®^ facturés en gare k Vienne (Autriche) et auxquels il faut ajouter les frais d'emballage, de transport et Tassurance facultative de 10 p. 100 pour la garantie de bonne arrivée :
Lièvres . .
Chevreuils
adultes.
Cerfs de a aos.
Daims de 2 ans.
(la paire) deigfàaSf
brocard chevrette, mâle . . .
biche. . .
mâle . . .
daine. . .
ii5
Perdrix grises . (la paire) de 5 à 17^ Bartavelles. . . — 20
Faisans communs — dei3àa7 — de luxe . — de 16 à 35 en août . . 4i en mars. • 75
Grands-ducs . . |
Même dans les chasses bien peuplées, il est d'un usage fréquent, pour atténuer les déchets de Thiver, de reprendre les perdrix vivantes au hallier, vers la fin d'octobre, de les conserver en volières en ayant soin de séparer les oiseaux provenant de compagnies différentes ^ Les uns leur rendent la liberté par couple au printemps ; d'autres attendent la ponte pour faire couver les œufs artificiellement et lâcher les jeunes en juillet. D'autres enfin, pour éviter la destruction des couvées au moment où l'on fauche les prairies artificielles, font rechercher les nids et confient les œufs k des couveuses. Outre que cette pratique est formellement défendue par la loi, elle présente l'inconvénient grave d'engager les maraudeurs à rechercher un peu partout ces nids, soidisant mal placés, pour les vendre au propriétaire qui devient ainsi un agent de ruine pour ses propres chasses.
Le procédé artificiel est beaucoup mieux justifié lorsqu'il s'agit de faisans. Vers la fin de décembre, on piège les réserves et les oiseaux sont parqués l'hiver en nombre convenable pour la ponte ; c'est-k-dire un coq pour
I. On profite de Toccasion pour supprimer les coqs surabondants.
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quatre à six poules. Les couvées étant obtenues, dès que les faisandeaux sont revenus de queue, c'est-à-dire vers le quatorzième ou le quinzième jour, et pour les préparer progressivement k l'isolement, on les place en parquets dans les cantons où ils seront lâchés plus tard ; il faut alors les surveiller de très près et les agrainer. Mais ce sont affaires d'oiselier.
§ 6. — L'acclimatation du gibier.
Sommaire. — Généralités. — Les résultats obtenus : i« pour le gibier à poil ;
ao pour le gibier à plumes.
Avant de tenter les aventures d'une acclimatation, souvenez-vous qu'il est autre chose d'élever un animal dans une captivité où vous lui prodiguez les soins les plus tendres, et autre chose de le lâcher en liberté, abandonné à ses propres forces, avec mission de multiplier envers et contre tout un cortège d'ennemis k la tête desquels vous marcherez le fusil au poing. Non seulement le climat et la flore alimentaire du pays adoptif ne sont jamais identiques k ceux du pays d'origine ; mais il faut tenir compte d'un certain état ambiant où insectes, champignons, baciles et microbes exercent sur les terrains neufs une action dont on ne peut prévoir les effets en dehors de l'expérimentation. Il faut une longue suite de générations en captivité pour créer, k l'aide d'une sélection bien entendue, une race assez résistante pour qu'on puisse la dire acclimatée.
Aussi, le chasseur qui s'appelle tout le monde doit-il sagement s'en tenir k notre bon vieux gibier, pourvu qu'il cesse de le traiter avec cette négligence coupable dont il use k son égard.
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Néanmoins, une conquête de la valeur de celle du faisan est bien faite pour stimuler le zèle des sociétés d'acclimatation et des administrateurs des chasses subventionnées. Ni les unes ni les autres n'ont manqué à cette mission et nous donnons, d'après des renseignements que nous devons k l'obligeance de M. l'inspecteur des eaux et forêts Louis Leddet, les résultats des tentatives faîtes dans les forêts domaniales affectées aux chasses de la Présidence, dont il a la direction.
a 1° Gibier à poil, — Le cerfsika, originaire du Ja- « pon, introduit k Marly et k Rambouillet avec plein « succès. Très bel animal tenant le milieu, comme grosce seur, entre le cerf indigène et le chevreuil ; son pelage « est plus noir et sa forme plus trapue que chez notre « cerf. Dans le parc de Rambouillet, d'une étendue de « 900 hectares, une horde d'une dizaine de ces intéres- « sants animaux vit en parfait état, se reproduisant bien.
« Le cerf axis, très joli animal, très élégant, k fource rure mouchetée de blanc et ne touchant pas au bois, « de taille k peu près égale k celle du précédent. Il se re- « produit très bien ; mais, comme ses petits naissent en « toute saison, ceux qui viennent au monde en hiver a réussissent rarement.
« Le cerf-cochon, originaire des Indes, un peu plus « petit que les précédents, beaucoup plus rustique que « l'axis, il est aussi plus vite et plus énergique. Très « craintif, il passe sa journée dans les forts les plus « épais pour n'en sortir qu'au coucher du soleil. Il sem- « ble très bien acclimaté.
« Le cerf nain ou Cervula muntjac, charmant petit « animal de la taille d'un petit chevreau, bas sur pattes; <ic très craintif, il habite les ronciers les plus épais pen-
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« dant le jour. Il partage avec le cerf-cochon le grave « défaut (qui pourra s'atténuep avec le temps) de faire « ses petits tous les six mois, en toute saison, ce qui fait « qu'on en perd beaucoup.
« Le cerf de Virginie, encore très rare, mais k signa- « 1er d'une façon toute particulière, car il se propagerait « très rapidement. Il fait deux petits par portée, en « bonne saison. Malheureusement, il se vend encore 5oo « ou 600 fr. le couple.
« YJ antilope des Indes, très bel animal de la grosseur « d'un fort chevreuil, portant de belles cornes cannelées « en spirale ; semble robuste et se reproduit bien en « captivité ; mais il lui faut des terrains découverts : « landes sèches, sablonneuses et arides. Son introduccc tion a été tentée sans succès à Marly et k Rambouillet « k cause de la trop grande humidité du sol.
« Le maras ou lièvre de Patagonie, animal robuste, « plus gros que le lièvre commun et ayant une certaine « ressemblance ^vec la marmotte ; fait deux k trois porte tées par an, de deux k trois petits chacune ; ceux-ci, « comme les levrauts, courent en venant au monde. La a mère met bas dans une sorte de terrier qu'elle ne fré- « quente que pour la circonstance. Le maras ferait sans « doute un gibier intéressant et facile k propager ; mais « son prix encore très élevé dépasse 3oo fr. le couple et a sa préférence pour les stations sèches et découvertes « l'expose k bien des dangers.
« Le kanguroo de Benett serait facile k acclimater et « d'une chasse amusante ; en outre, sa chair est excel- « lente k manger.
« 2° Gibier à plumes, — Dans la série des faisans,
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« chacune des espèces actuellement k l'étude présente « des défauts et des qualités dont voici le résumé :
« he faisan vénéré , magnifique oiseau de forte taille, a queue atteignant i",5o de longueur, très rustique «t « d'élevage facile ; mais querelleur, méchant pour les « autres oiseaux, qu'il poursuit et qu'il éloigne des parce quets.
« h% faisan argenté a toutes les mêmes qualités ; mais <K à écarter k cause de son manteau blanc qui le signale « aux bêtes de rapines contre lesquelles il se défend « maladroitement.
« hei faisan doré, charmant oiseau plutôt fait pour la « volière que pour la chasse.
a h^ faisan Versicolor (du Thibet), un peu plus petit « que le commun et de plumage superbement coloré ; « très rustique, éminemment prolifique, il se croise faci- « lement avec le faisan de Bohême, dont il régénère le « sang. Espèce recommandable k tous égards et qu'on « ne saurait trop propager dans les chasses qui compor- « tent le faisan. Son prix est de 3o k 4o fr. le couple.
« h^ faisan de Mongolie présente k peu près les mê- « mes qualités que le précédent ; il est aussi intéressant « par ses belles couleurs que par sa rusticité et sa plus « grande sauvagerie qui lui permettent de mieux se dé- « fendre contre les bêtes nuisibles.
« Lg faisan indien est aussi fécond et aussi rustique a que les deux précédents.
« Les faisans blancs sont des accidents d'albinisme a ou de dégénérescence qui se rencontrent souvent surce tout chez les faisans communs. Tous les ans, il en naît « quelques-uns ; mais la race n'est pas propagée pour a les mêmes motifs qui font rejeter l'argenté.
« Les colins de Californie et les colins de Virginie ont « été introduits depuis longtemps déjà dans les chasses « des environs de Paris. Très joli gibier, d'élevage et a d'éducation faciles, mais d'humeur voyageuse ; il arec rive parfois qu'en automne les colins se réunissent en « grandes bandes à la façon de la perdrix Roquette, et ce disparaissent.
« La perdrix Gambra ou d* Afrique a quelque ana- « logie avec notre perdrix rouge ; la Vénerie impériale « avait tenté son acclimatation sans succès.
« La perdrix percheuse du Boulay ou de Chine sup- « porte parfaitement nos hivers ; elle est d'une très « grande fécondité, puisqu'elle donne de deux à trois « couvées par an.
« Le paon, dont tout le monde connaît la rusticité, « pourrait très bien être aussi lâché dans nos chasses, a Déjà des tentatives ont été faites dans ce sens, et, si « elles n'ont pas réussi, c'est à cause de son tempéracc ment nomade qui l'entraîne au loin sur des terrains « où rien ne le protège plus.
a Enfin, le dindon, le casoar et le nandou peuvent « être élevés en plein air sous nos climats; mais il ne « serait sans doute pas prudent de les lâcher ailleurs que ce dans des parcs fermés. M. Touchard, éleveur émérite, « en possède qui se reproduisent très bien en liberté « dans ses domaines du département de l'Indre. »
A cette liste on pourrait encore ajouter différents oiseaux k l'étude et notamment le Tinamou rouxÇRynchotus rufescens^, pulvérisateur voisin des pintades; il est plus petit que le faisan, son poids dépasse k peine
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un kilogramme et son plumage est uniformément gris brun pour les deux sexes.
Originaire de la République Argentine, le tinamou se reproduit parfaitement en France. Ses allures se rapprochent de celles du râle : il court rapidement, vole lourdement et ne perche pas. Cet oiseau, comme toutes les espèces du genre Crypturas, auquel il appartient, se dtstingue par des mœurs tout k fait étranges. Dès qu'une femelle a terminé sa ponte, elle se décharge sur le mâle du soin de couver les œufs et d'élever la famille. Sans plus tarder, elle convole en seconde noce..., puis en troisième, laissant chaque fois dans l'embarras le conjoint d'occasion qu'elle a trouvé disponible. Cette extrême fécondité, la rusticité et les qualités culinaires dont il a fait preuve feront-elles classer le tinamou comme gibier ? C'est peu probable, étant données l'intelligence obtuse et la maladresse qui privent ces oiseaux des moyens de défense qui sont un des principaux attraits de la chasse.
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