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ARTICLE III

LES MODES DE PÊCHE ET LES ENGINS

En général, le gibier de pêche se prend dans les pièges vers lesquels on l'attire par des amorces et des appâts.

On pêche à V hameçon, aux Jilets, k l'aide de pêche^ ries fixes et de quelques autres procédés surtout mis en usage parmi les braconniers.

§ i«r. — Les pêches à Vhameçon.

Sommaire. — L'hameçon. — Les lignes : fixes, flottantes tenues à la main, volantes, à soutenir, à traîner. — Les amorces et les appâts.

U hameçon ou haim est une sorte de crochet en acier dont la pointe, très aiguisée, est munie d'une ailette qui empêche le dard de sortir de la plaie où il est entré. Il y a des hameçons dits bricoles k deux ou plusieurs dards.

L'hameçon porte l'appât.

Tout fil garni d'un hameçon et quel que soit son mode de suspension est une ligne, La plus simple est le fil armé qu'on tient k la main.

Les lignes fixes ou dormantes, qu'elles portent un ou plusieurs hameçons, sont employées sans canne ; le

iga LA PÊCHE FLUVIALE.

fil est amarré directement, soit sur les rives à des branches d'arbres ou k des piquets plantés dans les berges, soit sur du lest que l'on coule h fond, soit, dans les eaux calmes, k des flotteurs en forme de bouées.

Le cordeau ou traînée porte plusieurs hameçons attachés k égale distance l'un de l'autre. 11 se tend hori-

FiG. a5. — Le cordeau ou Irainèe.

zontal, soit en travers du courant, soit parallèlement aus: rives. Les amorces sont d'ailleurs maintenues à des profondeurs qui varient ^^^? avec les espèces et avec les .ai,on.(/s.j5).

Le pater-nosler n'est autre chose qu'un cordeau tendu verticalement (Jiff. 26).

Tous ces engins sont en général posés le soir pour n'être relevés que le lendemain matin. Ils ne peuvent être employés que par les adjudicataires de la pèche ou les permissionnaires.

Le plus souvent, on donne le nom de ligne îl l'appa-

- Le paleivnoster.

LES MODES DE PÊCHE ET LES ENGINS. IqS

reil complet composé d'un fil armé et fixé à Textrémité d'une canne ou gaule que Ton tient à la main. Cette canne, en bambou, en roseau ou en bois léger, a une longueur variable entre 3 et 7 mètres. Elle est en deux ou plusieurs morceaux, mais toujours terminée par une verge mince, rigide et flexible à la façon des baleines et qu'on nomme vergeon ou scion.

Le fil peut être un cordonnet de crin, de stfie ou de chanvre ; il se termine par une empile qui porte l'hameçon et, s'il y a lieu, le lest et \q flotteur. Pour être aussi résistante que possible, l'empile est faite, suivant les cas, en fort crin, en racine, boyau, poil de Florence, en laiton ou en fil métallique câblé.

^- A l'aide de ces lignes dites flottantes tenues à la main on peut pécher sur fond, entre deux eaux ou k la surface. Pour les deux premiers modes, on donne au fil une longueur à peu près égale k celle de la canne et l'empile est munie d'un flotteur. L'amorce, retenue par le lest k la profondeur voulue, dérive sur le fond, entraînée par la. flotte, dont les mouvements indiquent quand le poisson touche et attaque. Dès qu'il a mordu, le pêcheur adroit le prend en le piquant ou en leférant au moment voulu. Il ne reste plus qu'k le sortir de l'eau, ce qui n'est pas toujours facile, si on n'est pas pourvu d'une épuiseite.

Ces pêches, surtout pratiquées en France, sont dites sédentaires, parce qu'on reste toujours assez longtemps k la même place sur le coup amorcé.

Celui qui pêche entre deux eaux s'adresse principalement aux poissons chasseurs. Il doit être très solidement armé, et, quand il appâte avec un poisson vivant, on dit qu'il pêche au vif. Il se déplace alors continuel-

LA CUASSB BT LA PÊCR». 13

lement pour tâter les coups et présenter Vesche au poisson, dont il connaît les tenues ou dont il voit les chasses.

On peut aussi attirer ces mêmes poissons k Taide de substances métalliques (poisson d'argent, tue-diable, cuiller) que Ton fait miroiter par un mouvement alternatif de bas en haut dit de scie. L'amorce artificielle est munie d'hameçonfe bricoles qui piquent le poisson au passage dans n'importe quelle partie du corps et sans qu'il ait mordu.

Pour pécher k la surface, on peut employer ces mêmes lignes, mais en allongeant le fil bien au delà de la longueur de la gaule. L'empile ne porte plus de lest ; elle est simplement maintenue par une flotte légère. Le pêcheur jette sa ligne en fouettant et la lance au large aussi loin que possible. Puis, par une suite de mouvements saccadés, il ramène Tamorce jusqu'au bord pour relancer ensuite.

Mais, pour ce genre de pêche, rien n'égale la li(/ne volante, dont le fil de 3o mètres et plus de longueur, sans lest ni flotteur, est fixé k l'aide d'un moulinet k la base d'une canne spéciale, courte et flexible, qu'on appelle canne à fouetter. Le pêcheur jette continuellement cette ligne en fouillant tous les repères. L'habileté consiste k se bien cacher et k savoir faire tomber l'amorce loin de soi, au point voulu, entre les pierres et les rochers, en imitant une chute naturelle de l'insecte qui sert d'appât.

Cette pêche constitue, sous le nom de pêche à la mouche, un sport des plus estimés en Angleterre et en Amérique. On y prend surtout les saumons, truites, ombles et poissons blancs dans les eaux vives et courantes.

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- On pêche aussi à la surface à Taide d'une ligné montée d'un fil court, appâtée avec un insecte, vivant bu artificiel, qu'on fait sautiller k la surface de l'eau en se bien cachant : c'est la pêche k la sautée ou k la sur^ prise, recommandée en Allemagne sur les cours d'eau encaissés dont les rives plantées d'arbres sont peu accessibles aux autres pêcheurs.

La jurisprudence a étendu k la ligne volante le privilège accordé par la loi k la ligne flottante tenue k la main«

Par contre, elle ne peut que condamner le pêcheur k la ligne de fond dite k soutenir, alors que l'hameçon est retenu au fond de l'eau par un gros plomb en olive, percé d'un trou dans lequel peut glisser l'empile, mais dont le poids est suffisant pour rendre l'appât fixe et indépendant de la flotte ; car si la gaule est tenue k la main, la ligne n'est plus flottante.

Citons enfin la pêche k traîner telle qu'elle se pratique dans les grands cours d'eau et surtout dans les lacs. Un fil très solide de 5o mètres et plus de longueur est attaché k la pointe d'un scion k grelot fixé k l'arrière d'un bateau ; il se termine par une empile armée d'un engin métallique poli, cuiller ou tue-diable, que la vitesse du courant ou celle du bateau font vibrer en le ramenant vers la surface. Ses reflets attirent les poissons carnassiers (comme le miroir attire l'alouette) et, dans leurs ébats, ils se prennent aux bricoles que porto le perfide jouet. Le grelot qui s'agite avertit les pêcheurs-

La pêche k la ligne est de toutes les saisons ; mais, pour toutes les espèces herbivores et omnivores, elle n'est réellement fructueuse que pendant les mois de

igfi LA PÊCHE FLU\1ALE.

mars à novembre, le temps de frai excepté. Les carnassiers sont k peu près les seuls qui continuent k chasser et k mordre k Thameçon pendant Thlver.

On désigne généralement sous le nom ai amorce les matières communes, débris ou déchets de toute sorte que Ton jette sur les points où on viendra pécher pour y rassembler k Tavance le poisson et Ty maintenir.

Les appâts ou esches sont les friandises choisies souvent en dehors des substances dont les poissons font leur nourriture habituelle dans le but de les attirer plus sûrement dans les pièges.

Les appâts naturels sont : les petits poissons vivants (goujon, lotte, bouvière, vairon, lamproyon, etc.) pour la pêche au vif; les animaux vivants k chair molle (vers, larves, limaces, insectes, mollusques) ; les matières animales mortes (chair, sang caillé, entrailles, fromage) ; les substances végétales (graines farineuses, fruits pulpeux, semences, pain, etc.).

Les appâts artificiels sont : les mouches, dont la confection et l'emploi représentent tout un art dans la science de la pêche k la ligne volante ; puis les pâtes de toute sorte dont les compositions, les recettes, les formules ou secrets varient k Tinfini non seulement avec les poissons que Ton pêche, mais avec les saisons et les heures du jour.

LES MODES DE PÊCHE ET LES ENGINS

$2, — Les pêches aux filets.

Sommaire. — Les filets mobiles i a) suspendus (la balance, Téchiquier, le tramai], la cliquette, Tépuisette); b) traînants (l'épervier, le gille àba* teau, la senne, la trouble). — Les filets fixes (les dideaax, les gords, les nasses, les verveux). — Les pêcheries.

Les filets sont mobiles onjixes; nous n'en indiquerons que les principaux types dans chaque groupe.

Les Jilets mobiles peuvent être suspendus ou traî' nants.

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