‹ Chasse et pêche en FranceChapitre 43 sur 64 · O) FILETS SUSPENDUS · texte numérisé non relu

O) FILETS SUSPENDUS

En principe, ces engins sont seuls autorisés par la loi. Ce sont :

1° La balance {Jig> ^7), petit filet en forme de plateau entouré d'un cercle en osier et dont on se sert surtout pour pécher les écrevisses. On la descend dans Teau avec une ficelle après avoir placé une amorce au centre ;

2° \J échiquier y carré, carrelet, Mblier, callen, verturon Fig. 27. — La balance. (Jig, 28), nappe carrée tendue par deux demi-cerceaux attachés en croix par le milieu de leur courbe a une perche qui sert à plonger le filet dans Teau et à le retirer. Il en est de différentes dimensions ;

30 Le tramail (Jig, 2g), composé de trois nappes pa-

igS lA PÈCHE FLUMALE.

ratlëles dont les deux extérieures, lâches et flottantes,

Kre. aS. — L'échitiuier.

sont !i mailles réglementaires; elles sont séparées par

Fib. 2g. —LclramHil.

une troisième, bien tendue, dont les mailles sont plus

LES MODES DE PECHE ET LES ENGINS. IQQ

grandes, et les fils plus gros. Ce filet, muni de lest et de flotteurs, se tend verticalement en travers du cours d'eau. Quand il est en place, des bateaux traquent en amont et en aval pour rabattre le poisson. Celui-ci, eîi fuyant, se précipite dans le tramail entraînant avec lui une portion des nappes extérieures k travers une des mailles du filet central où il s'embourse dans la poche ainsi formée. Dans les eaux limpides, où la triple épaisseur du tramail rend ce filet trop visible, on le remplace par une simple nappe très légère a fil très fin et qu'on tend dans les faibles courants ^ où le mouvement de l'eau les courbe en forme de poche ; on ne peut plus dès lors rabattre le poisson que d'amont en aval et il s'emmaille par les ouïes et les nageoires. Ce filet a une grande analogie avec le menier dont on se sert dans le lac Léman ;

4** La cliquette n'est pas un véritable filet, c'est un attirail mobile garni de planchettes qui, dans la manœuvre, font du bruit et chassent les poissons dans des enceintes fermées par des filets fixes. Ce genre d'accessoire est interdit par application de l'article i4 du règlement de 1897 ;

5° Uépnisette est le petit filet k manche de bambou dont se munissent les pêcheurs k la ligne pour sortir de l'eau les poissons trop lourds pour qu'on puisse les faire sauter.

b) FILETS TRAINANTS.

On entend par filets traînants tous ceux qui sont coulés k fond par des poids et raclent quand ils sont

aOO LA PÊCHE FLUVIALE.

promenés sous l'action d'une force quelconque. Les plus connus sont :

i" L'épervier, faret, risseau, filet que l'on jette èi

force de bras en lui donnant une forme arrondie ; les

bords, garnis de plombs, sont repliés à l'intérieur en

forme de bourses qui retiennent le poisson. On jette

l'épervier à

la billebaude

dans les tenues ou sur les coups ioit depuis les en bateau.

it épervier h tduites, toléré ns cours d'eau, loaj'onnier.

t se servir de en le traînant d'un gille ou le ; mais cette ! est interdite t partout ; fille à bateau le d'un grand vec des dimenles ; on le traî- ..^ ^.,..^ Jeux bateaux; Fifi. 30. - La senne. 30 La senne, seine, col-

linet, escave, escavar, alosier (Jîg- 36), est un long filet dont la nappe est maintenue verticale par du lest et par

des flotteurs, et que l'on tratne par ses extrémilËs en raclant le fond.

Le ravoir est une sorte de senne que l'on tend k l'embouchure des rivières en travers des ravins ou courants ;

4° La Iroable, iruble, maniole, salabre, sarrasse, couiUelle, lanet (Jig: Si), est une sorte de poche ou capuchon dont l'embouchure, montée sur un cadre en fil de fer ou en bois, ayant la forme d'une demi-circonfèrence, est fixée k un manche qui permet de la manier verticalement. Avec la trouble, on ferme l'entrée d'une retraite que l'on fouille en troublant l'eau avec des ■ • " bourroirs pour en faire sortir le poisson qui se prend dans la poche.

La trouble peut aussi s'employer à la façon du cha-' lai, que l'on pousse devant soi en raclant les fonds.

En principe, tous ces filets traînants sont défendus par la loi ; toutefois) l'emploi des éperviers, gilles à bateau et sennes peut être autorisé par les règlements locaux dans les sections en eaux profondes des cours d'eau désignés k cet effet.

Parmi Its Jtlels fixes, on peut citer ;

1° Le dideaa ou gaideau et les gords, qui sont de grands filets en forme d'entonnoir et servent k barrer un cours d'eau pour arrêter tout ce qui passe. On les place souvent sous les arches d'un pont;

2° Les nasses, verveuœ, bertaule, clevet, renard sont des engins, tantôt en osier (nasses, fig. 32), tantôt en

filet (verveux,^?^. 33) ou en treillage de fil de fer galvanisé. Les uns et les autres sont tendus sur fond, la bouche tournée du

Fig. 33. — Le verveux. - * . / i > i t

coté d aval. Le poisson, attiré par les amorces, s'engage dans l'intérieur sans pouvoir en sortir.

Les dimensions en sont variables. Les plus grands verveux sont munis d'ailes qui dirigent le poisson vers le piège central ; les plus petits servent pour la pêche aux écrevisses.

Les pêcheries sont des établissements permanents, installées k grands frais, le plus souvent sur les rivages de la mer, mais parfois aussi sur les fleuves et rivières fréquentés par les poissons migrateurs. Elles consistent en digues ou barrages disposés suivant le plan d'un entonnoir pour guider les poissons vers le goulet où sont installés des filets fixes ou mobiles.

On pêche ainsi le saumon et l'alose k la montée et l'anguille k la descente.

§ 3. — Les autres pêches.

Sommaire. — Les pèches : à la main, au trident, à la fouène. — A Taide

de poisons et d'explosifs.

A côté de ces pêches qu'on pourrait appeler classi-

LES MODES DE PÊCHE ET LES ENGINS

ques, les braconniers connaissent bien d'autres moyens de prendre le poisson :

1° La pêche à la main se pratique en fouillant les trous, les repères où le poisson se laisse saisir par qui sait le prendre. Les plus habiles plongeurs s'engagent, imprudemment quelquefois, dans des caves où ils font des pêches miraculeuses ;

2° La pêche au harpon ou trident (Jîg- 34) se fait dans les eaux claires, en harponnant depuis un bateau le poisson que Ton voit sur les fonds ; mais, le plus souvent, cette pêche se fait de nuit. Un falot étant placé à Tavant du bateau, on harponne les poissons pendant qu'ils se jouent fig. 3^. dans les reflets de la lumière qui les attire ; ^® tndent.

3° La pêche k la foaène (fiff. 35), fouaine, fouine se pratique surtout aux basses eaux, dans les marais salants. En avançant dans la vase, on pique autour de soi, au hasard, et on retire souvent une lamproie ou une anguille.

La modeste pêche k la fourchette se fait avec un ustensile de la sorte dont on use en piquant les poissons qu'on découvre en retournant les pierres sur les rives.

Tous ces modes de pêche sont défendus en dehors des territoires de l'inscription maritime, sous réserves des tolérances locales autorisées par les arrêtés réglementaires.

Rappelons enfin, pour mémoire, les pêches clandes-

Fig. 35.

La fouène.

tines à Taide de drogues ou appâts qui enivrent ou empoisonnent le poisson ; du fusil qui le tue k la surface ; dés explosifs qui éclatent dans les plus grands fonds : tous procédés destructeurs, prohibés sans appel par les lois, décrets et règlements.

§ 4- — La pêche dans les grands lacs.

Sommaire. — Le Léman. — Les procédés de pèche. — Les produits

de la pèche.

La pêche dans les grands lacs d*eau douce peut être considérée comme un intermédiaire entre la pêche fluviale et la pêche maritime.

Les procédés employés dans le lac Léman et dont nous devons les détails k l'obligeance de notre excellent camarade M. A. Schaeffer, inspecteur des eaux et forêts k Ghambéry, renseigneront sur ce qui peut se faire dans les autres lacs français de moindre iniportance,

oc Le lac Léman a une superficie totale de 68,286 hec- « tares, dont 28,000 en eaux françaises font partie du « domaine public au titre de renflements da Rhône.

« L'Etat y délivre, moyennant 6 francs par an, des « permis de pêche individuels. Indépendamment de la « préfecture, les administrations des contributions indice rectes, de l'enregistrement et des eaux et forêts inter- « viennent dans la délivrance de ces permis, dont le « nombre varie entre 3oo et 4oo par an, soit, toute perce ception comprise, un revenu de o fr. 10 c. par hectare « et par an.

ce Les produits de la pêche en 1897 ont été d'environ « i5o,ooo kilogr. de poisson, dont :

LES MODES DE PÊCHE ET LES ENGINS. 205

Omble chevalier

Lotte

Perche

Traite des lacs .

Brochet

Poissons blancs et autres

?^ P* î^ \ Ce qui représente par

:? S' .«? / hectare et par an de

? S" i^ f 5 à 6 kil., vendus à la

9 P" *°^ > consommation locale

« ? 5* !^ l et à l'exportation au

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