PRIX
du kil.
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Soit 37 p. 100 en poids et 46 p. 100 en argent de la consommation qui sont demandés k l'étranger, quand l'exportation des produits similaires k peu près insignilîante atteint k peine 120,000 kilogr. d'une valeur de i5o,ooo fr.
Dans ces conditions, on voit combien il est indispensable de se préoccuper du réempoissonnement de nos eaux douces ; car l'art de pêcher, comme celui de chasser, ne consiste pas k toujours prendre sans jamais rendre. Ici, comme en agriculture, la loi de la restitution s'impose, autrement c'est l'exploitation vampire suivie de la ruine k courte échéance.
On dispose k ce sujet de moyens naturels et de moyens artificiels. C'est k ces derniers qu'on réserve généralement le nom de pisciculture.
LiA CIlASâK ET LA PâCHS.
S 2. — Le réempoissonnement dans les eaux libres.
Sommaire. — Les dispositions de la loi. — Les frayeras naturelles et artificielles. — Les échelles à poissons.
Le mode de réempoissonnement le plus efficace, celui qu'on pourrait appeler la pisciculture vraie, favorise la reproduction des poissons par eux-mêmes et dans leurs frayères naturelles.
En dehors des mesures de police dont nous avons parlé k l'article II, rien, ou à peu près rien, n'avait été prévu dans ce sens par le Gode de 1829. Les premières mesures de quelque importance sont dues k l'initiative du service des ponts et chaussées ; elles sont insérées dans la loi du 3i mai i865, dont les principales dispositions en faveur du réempoissonnement sont les suivantes :
Création de réserves dans lesquelles toute pêche est interdite pendant une période qui ne peut excéder cinq ans, mais renouvelable ; installation d'échelles à poisson (art. i et 2).
Autorisation de prendre et de transporter les poissons destinés k la reproduction ; cette faculté est étendue au frai fécondé et k l'alevin (art. 6 et 8).
Puis vient le décret de 1876 dont l'article 10, reproduit par le règlement de 1897, interdit de pêcher^avec tout autre engin que la ligne flottante tenue k la main dans l'intérieur des ouvrages d'art établis sur les cours d'eau et k 3o mètres en amont et en aval.
Enfin, le décret du 2 avril 1880 qui défend de laisser vaguer les palmipèdes domestiques dans l'étendue des réserves affectées k la reproduction des poissons.
l'exploitation de la pêche. 211
Ces deux dernières dispositions se passent de tout commentaire.
Le décret du 22 décembre 1899 réglemente la situation des réserves pour une période de cinq ans k partir du I" janvier 1900. (Voir Appendice.) Ce décret est accompagné d'un état descriptif des parties des fleuves et rivières réservées où toute pêche est absolument interdite. (Journal officiel des 22 et 28 décembre 1899.)
A la question des réserves se rattache celle des frayer es.
Ces frayères sont des endroits des cours d'eau plus favorablement disposés par la nature et dans lesquelles les femelles viennent déposer leurs œufs.
Au point de vue de leur reproduction, les poissons peuvent être classés en deux catégories :
1° Ceux dont les œufs sont adhérents ou disposés en chapelets. Le plus souvent, ces espèces frayent au printemps ; elles se rassemblent alors dans des frayères de leur choix, où leur nombre attire les braconniers qui peuvent les détruire en grandes masses. Ces lieux sont bien connus de quiconque fréquente les rives des cours d'eau ; aussi les gardes doivent les surveiller jour et nuit depuis le moment de loi pose jusqu'à l'éclosion. A ce compte, l'alevin ne manquera jamais pour assurer la reproduction ;
2° Les poissons dont les œufs sont libres. Ceux-ci, qui appartiennent k la famille des salmonidés, frayent par couple, en hiver ; ils déposent leurs œufs dans les fonds graveleux, vers les sources des eaux claires et courantes.
Que les œufs soient adhérents ou libres, ils ne doi-
vent pas être dérangés pendant le temps de Tincubation. Alors les fonds, comme les eaux devraient jouir de la plus grande tranquillité ; Temploi des filets traînants, la circulation de la grande batellerie, la fréquentation des animaux sauvages ou domestiques y sont plus nuisibles qu*k toute autre époque. Les grands cours d'eau navigables et flottables, qu'ils soient ou non canalisés, sont particulièrement exposés à ces dangers; aussi, le plus souvent, les frayères naturelles y sont détruites ou troublées. Mais il serait très facile d'en créer à' artificielles en dehors du cours régulier des eaux, dans les noues, les reculées, en y faisant des façcinages, des enrochements et des semis de plantes aquatiques. C'est Ik de beaucoup la pisciculture la plus économique.
Dans les petits cours d'eau où ils sont déposés, les œufs libres des salmonidés sont moins dérangés pendant leur longue période d'incubation ; circonstance heureuse, étant donné le petit nombre de leurs œufs et la difficulté de préparer de main d'homme des frayères k leur convenance. Par contre, ces espèces se prêtent beaucoup mieux que les précédentes k l'industrie de la reproduction artificielle.
D'ailleurs, quand les frayères naturelles ou artificielles «ont nombreuses et richement ensemencées, rien n'empêche, k l'exemple des Romains ou des Chinois, d'y récolter des œufs fécondés pour les transporter dans les eaux pauvres. Malgré les facilités que donnent des moyens aussi simples pour assurer le repeuplement a peu de frais, les faits sont Ik pour indiquer combien peu de propriétaires ou d'adjudicataires se préoccupent de la question. L'Etat Providence a le devoir d'intervenir !
Les échelles à poisson sont des ouvrages fixes construits de façon k permettre aux poissons inigrateurs de remonter les cours d'eau en franchissant les obstacles créés au profit de l'industrie ou de ratjriculture, pour chercher vers les parties hautes les eaux constamment aérées qui sont nécessaires à leur reproduction.
11 existe un grand nombre de modèles de ces échelles, chacun étant adapté aux allures du cours d'eau et à l'espèce de poisson qui doit les franchir. A titre de spécimen, nous raproduisons ci-après le tvpe des échelles à plan incliné adopté sur le cours de l'Allier '.
Kio. 36. — Échelle à plan ÎQcliné.
Ces échelles sont établies à travers le corps du barrage et d^bourhent dans le thalweg de la rivière en un point où la profondeur de la rivière à réliage est d'au moins êx.SS; elles rarhcteni des chales de i>°.ig ft i«.65; leur largeur esl de i"',5o, leur pente est de i/6 et i/8. Lea cloisons sont espacées de ii-.So environ, elles sont percées d'orïllces en chicane de i,",îode largeur. L'éjjeisseur de la tranche d'eau qui coule sur ces échelles est d'au mains o°>.3o. Leur débit est de l^a à 5oa litres.
r^gricidlure. LeiÈchetles ù
2l4 LA PÊCHE FLUVIALE.
Quel qu'en soit le modèle, dit M. le directeur Philippe, ces échelles sont nécessaires chaque fois que la hauteur de la chute dépasse i™,5o, bien qu'on ait vu souvent des saunions franchir d'un bond au travers d'une nappe liquide des cascades de 4 mètres et plus.
§ 3. — L* exploitation des eaux closes.
Sommaire. — La situation meilleure des eaux closes. — Principes fondamentaux de l'aquiculture : mangeurs et mangés. — Les étangs et les réservoirs. — L'aménagement des étangs. — Le peuplement. — La pèche et Tassea — Le transport des poissons. — Le revenu. — Les ennemis des poissons et leurs maladies.
Dans les eaux closes, étangs et réservoirs, où la pêche est exploitée par les propriétaires, la situation est en général beaucoup meilleure que dans les eaux publiques. Gela tient surtout k ce fait qu'elles sont infiniment mieux protégées par la loi; qai poursuit au criminel toute capture de poisson en assimilant le délit à un vol de récolte par application de l'article 388 du Code civil. De plus, exemptes de toutes les charges sociales qui grèvent les cours d'eau servant k la navigation, elles sont le véritable domaine de Vaquicalture.
L'aquiculture nécessite des études préparatoires et des dépenses de mise en valeur souvent considérables. Il faut tout d'abord se rendre compte de la composition et de la température des eaux, des qualités du sol et des ressources de la flore aquatique pour choisir les poissons k cultiver. Certaines espèces, en effet, comme la truite de rivière, exigent des eaux fraîches, limpides et bien aérées, des eaux de montagne enfin. La carpe et la
l'exploitation de la pêche. 2i5
tanche, au contraire, s'accommodent des eaux calmes et même mortes en pays de plaine et de coteau, pourvu que la température s'y élève en été à + 24 degrés et même les dépasse.
D'autre part, il faut parfaitement connaître les mœurs et les allures de tous les poissons indigènes pour protéger contre leurs ennemis ceux que l'on veut domestiquer. En effet, en dehors du classement que nous avons donné plus haut (p. 178) et qui intéresse surtout les pêcheurs, les poissons, comme tous les êtres vivants, peuvent être séparés en deux grandes catégories : les poissons de proie et ceux qui leur servent de nourriture, en deux mots: les mangeurs et les mangés.
Dans la nature, l'équilibre s'établit de la manière suivante : quand les mangeurs se multiplient en excès, ils détruisent les espèces dont ils font leur pâture et bientôt leur vitalité s'atténue faute d'aliments. Alors les mangés peuvent se développer à leur tour jusqu'à ce que leur grand >nombre appelle une nouvelle invasion de l'ennemi, et ainsi de suite par une série de coups de bascule provoqués par la disette ou l'abondance de nourriture favorable k chacun des groupes.
Dans ces conditions, le problème de l'équilibre économique devient beaucoup plus, difficile à résoudre qu'en matière de chasse ; car, à la chasse, les animaux mangeurs ne servent pas, en général, k l'alimentation de l'homme et, pour favoriser le développement du gibier de table, on a tout intérêt k les détruire radicalement. A la pêche, au contraire, les poissons de proie sont les plus recherchés, ceux qui se vendent le plus cher au kilogramme. Dès lors, l'idéal en aquiculture consisterait k établir un état artificiel permanent dans lequel
2l6 LA PÊCHE FLUVIALE.
on élèverait une quantité maximum des espèces qui vivent directement du fonds des eaux, et, pour ne pas en avilir les prix, d'utiliser les poissons de proie à transformer l'excédent de cette marchandise de qualité moindre en chair de première catégorie.
A la rigueur, ce problème peut être résolu dans les eaux closes, à force d'études et d'expériences locales, par- des propriétaires qui peuvent en doser les principales données. Mais dans les eaux libres, où ces éléments nous échappent, et tant qu'on n'aura pas trouvé des moyens plus efficaces d'y réprimer le braconnage, nous ne pouvons que recommander de s'en tenir aux moyens cités plus haut, tout en faisant des vœux pour la réussite des lâchers de jeunes poissons élevés en captivité.
On nomme étang une grande étendue d'eau retenue k l'état stagnant par une digue nommée chaussée au milieu de laquelle il y a un déchargeoir appelé bonde qui sert k vider l'étang pour le pêcher. Les plus hauts fonds du côté d'amont s'appellent les queues.
Les petits étangs sont les parcs ou enceintes dans lesquels on élève \efrai et V alevin.
Les réservoirs sont des fossés remplis d'eau où l'on garde le poisson jusqu'au moment de l'utiliser. Les grands réservoirs s'appellent viviers ; les petits, huches ou boutiques à poisson, ne sont que des caisses en bois percées de trous et que l'on immerge dans l'eau. Certaines espèces peuvent être nourries et engraissées au vivier.
Le fond d'un étang doit être réglé de telle sorte que la partie d'aval la plus profonde, dite poêle, poche ou
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profond se trouve immédiatement au-dessus de la bonde vers laquelle les pentes naturelles ou des fossés d'écoulement amènent toutes les eaux quand on vide Tétang. Au pied de la bonde, .en aval, se trouve un réservoir, souvent en maçonnerie, où Ton recueille le poisson pendant la pèche. Les entrées et les issues de l'ensemble sont soigneusement grillagées pour empêcher toute communication avec les canaux d'amenée et de re fuite.
L'étendue et la distribution des amas d'eau influent sur la manière de conduire l'exploitation. Les conditions les moins favorables se présentent quand on n'a qu'un seul étang, qu'il faut garder en eau d'une façon permanente. Les choses sont, au contraire, bien facilitées quand on dispose de plusieurs étangs de grandeurs différentes.
Les plus petits, de un demi à quatre hectares, sont destinés k produire le frai ou l'alevin, qu'on nomme aussi Xoi feuille. Ils sont peu profonds (o"*,3o k o°*,6o), bien garnis de roseaux et présentent toutes les conditions de la frayère naturelle des poissons k œufs adhérents. Chaque printemps, on y lâche un nombre de reproducteurs proportionné k l'étendue et k la quantité d'alevins nécessaire k l'exploitation ou au commerce. Le plus souvent, on pêche ces étangs k l'automne et, de temps k autre, il est bon de les laisser k sec pendant tout un hiver pour se débarrasser des ennemis autant que possible. /
Les seconds étangs, plus grands, ont de 4 k 26 hectares ; ils servent k faire grossir l'alevin, qui devient nourrain jusqu'k la taille de jeune poisson.
2l8 LA PÊCHE FLUVIALE.
Enfin, le grand étang ou étang à poisson, qui est repeuplé en jeunes sujets qu'on y laisse grossir jusqu'à la dimension voulue pour la vente : un an, deux ans et rarement trois.
Un bon aménagement pourrait être le suivant' pour la culture des carpes :
Étang à feuille i hect. 1
— à nourrains 25 — f
loo hectares.
Réservoirs êl viviers '4
— a carpe 70 — t
On peut aussi consacrer avec profit quelques petits étangs k la production des grenouilles et des écrevisses. Ces dernières demandent des soins tout spéciaux qui consistent surtout en apport de nourriture.
• Le nombre des têtes de feuilles, nourrains et jeunes poissons à ensemencer par hectare varie suivant les qualités du fonds et le nombre des ennemis k redouter. En toutes circonstances, il est toujours bon d'ajouter aux espèces herbivores, quand celles-ci forment le fonds de la culture, une proportion convenable de carnivores, brochets et perches, qui se nourrissent de frai de carpes, de batraciens, de petits poissons (fretin) et de poissons blancs (blanchaille). Nous avons dit que le dosage rationnel est une des principales difficultés k résoudre dans ce genre d'exploitation ; il entre pour une bonne part dans la réussite d'une pêche.
La pêche des grands étangs peut être annuelle ou bisannuelle, suivant la fertilité des fonds et les dimensions que l'on doit laisser prendre au poisson sur la demande du commerce. Elle se fait tantôt en octobre-
I. Pkupion, Traité de piseiculiwe, Nancy, Bcrger-Levrault et C>e, 1898.
L EXPLOITATION DE LA PECHE. 2I9
novembre, tantôt en février-mars ; chacune de ces époques présente ses avantages et ses inconvénients, le choix est une affaire de coutume locale et de débouché.
Enfin, certains étangs peuvent être mis régulièrement en culture soit après chaque pêche, soit après une période plus ou moins longue. Ces alternances d^assec et de mise en eau ne présentent que des avantages.
Tout d*abord, ces terres colmatées par un abondant dépôt de limon produisent sans autre engrais les plus belles récoltes. Les cultivateurs des environs le savent bien et il n'est pas rare que la location pour une ou. plusieurs années rapporte autant que la production du poisson. En outre, cette pratique laisse reposer le fonds et la pèche qui suit la "mise en terrage donne des produits dont la plus-value en quantité et en qualité peut dépasser de i8k20 p. loo celui des années moyennes^ C*est enfin le meilleur moyen de se débarrasser des petits ravageurs aquatiques qui pullulent dans les eaux permanentes.
La question du transport des poissons vivants a aussi son importance ; car, de la plus ou moins grande résistance d'un poisson dépend Tétendue de son rayon de vente. Les mœurs et les allures de chaque espèce renseignent à ce sujet :
i** Les poissons d'eaux vives et ceux de surface, dont la respiration rapide provoque une grande consommation d'oxygène, vivent k peine deux heures hors de l'eau. Ces espèces tendres ne peuvent être transportées à l'état vif par les procédés abordables au commerce ;