‹ ChassériauChapitre 23 sur 48 · XXIII. — ALEXIS DÉ TOCQUEVILLE ET LES PEINTURES DE LA COUR DES COMPTES · texte numérisé non relu

XXIII. — ALEXIS DÉ TOCQUEVILLE ET LES PEINTURES DE LA COUR DES COMPTES

Parmi les portraits dessinés, il faut encore citer ceux de Lamartine, du Vicomte Henri Delaborde, d'Emile de Girardin, de Victor Hugo, de Dumas père, du général Baron de Marbot... Paul Mantz affectionnait aussi particulièrement celui d'Alexis de Tocqueville « croquis d'une finesse charmante », dessiné en 1844.

Plus tard, en 1850, Chassériau fit du même personnage un portrait peint qui lui valut les reproches réservés à toutes les œuvres où il poussait jusqu'à la sévérité la recherche du style.

Le nom de Tocqueville vient ici à propos pour nous permettre d'ahorder l'histoire de l'œuvre maîtresse du peintre.

C'est en effet grâce à son intervention que fut faite à Chassériau, en 1844, la commande de la

décoration de l'escalier principal de la Cour des Comptes à l'ancien Palais d'Orsay. Tocqueville (1805-1859) avait alors publié, entre autres ouvrages de philosophie sociale, le livre qui lui assura la célébrité, la Démocratie en Amérique . Il était député depuis 1839 et appartenait, depuis 1841, à l'Académie Française, Duchàtel, qui était alors Ministre de l'intérieur, avait pour ami Vitet dont il suivait volontiers les conseils en matière d'art. Vitet lui-même ambitionnait l'Académie. Marius Vachon a raconté comment Vitet n'eut la voix d'Alexis de Tocqueville que contre la promesse de faire accorder à Chassériau l'autorisation de décorer un des grands monuments de Paris.

A vrai dire, on ne lui attribua d'abord que la partie supérieure de l'escalier. Mais Chassériau ne pouvait se résoudre à abandonner le rêve, longtemps caressé, de donner sa mesure, en développant un vaste ensemble décoratif. Il esquissa la composition entière et plaida si bien sa cause que le reste de la commande vint ensuite. Cette insistance était d'ailleurs purement désintéressée, car le crédit primitif de 30,000 francs ne fut pas augmenté.

L'œuvre, menée, comme d'habitude, avec une grande rapidité, fut découverte en 1848.

Avant d'en décrire les pages les plus importantes, nous allons rappeler sommairement dans quelle mesure et à la suite de quelles péripéties elles sont parvenues jusqu'à nous.

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