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XXV. — LA MÉDITATION ET L'ÉTUDE

A la suite du Silence, on trouvait en gravissant l'escalier, deux autres figures en grisaille, enveloppées de draperies dont l'artiste (voir ses notes dans Chevillard, p. 257) a voulu la noblesse et la gravité.

« La MÉDITATION — disait Gautier — rêve sur le gazon à l'ombre des grands arbres, et laisse tomber une fleur qui s'effeuille dans l'eau noire et profonde où se réfléchit la cime des forêts. A quelques pas de la MÉDITATION, l'ÉTUDE, la tête penchée, lit dans un grand livre, dépôt des connaissances humaines.

La gradation est parfaitement observée, et la vie se montre tout d'abord sous ses deux faces : d'une part, l'action qui détache les chevaux^ et remue les armes; de l'autre, l'idée, qui se recueille, rêve et scrute; le calme mène à la méditation, d'oii naît la science : agir, penser, n'est-ce pas là tout l'homme?

« Ces grisailles, très légères et très vagues de ton, à peine éclairées par un quart de jour et vues à

travers une espèce de brouillard blanchâtre, ont l'air de l'ombre d'un rêve. »

« Le peintre a pris avec raison le parti incolore pour cette partie de l'édifice éclairée par des jours de reflet, et où ne tombe jamais la lumière franche... Ces compositions modelées avec du noir et du blanc, presque de la même nuance que la pierre, sont harmonieuses et douces, et préparent bien l'œil aux peintures qui vont suivre. C'est... une introduction en mode mineur à l'éclatante symphonie pittoresque développée dans les hauteurs de l'escalier. »

Pierre Malitourne, qui reprochait à cette page, dans l' Artiste, un certain manque de liaison, en louait la poésie rêveuse et la noble grâce. « La tristesse — ajoutait-il — est une muse sur le sein ému de laquelle le jeune peintre a souvent penché son front. 11 sait beaucoup des notes sévères ou attendries qu'elle chante à l'oreille de tout rêveur. Mais il lui concède peut-être sur son inspiration un empire trop absolu... Ainsi ces trois figures du Silence, de la Méditation et de I'Étude ne sont pas seulement sérieuses et pensives, elles sont tristes... »

Cette partie de la décoration est en réserve dans les sous-sols du Louvre. Comme on peut le voir dans nos photographies, exécutées sur place, comme les suivantes, il y a une quinzaine d'années, elles n'avaient été que fort peu endommagées par l'incendie.

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