‹ Chasses aux grands fauvesChapitre 113 sur 163 · ÉTUDES D'ENTOMOLOGIE · texte numérisé non relu

ÉTUDES D'ENTOMOLOGIE

leur hameau avec tout ce qu'ils possèdent, avant d'aller loger ailleurs. Plus rares, mais non moins affamées, sont les puces, plus grosses que celles qui couvrent les chiens européens, surtout nos charmantes bêtes d'appartement. Elles se consacrent au corps^ tandis que leurs sœurs cadettes, encore plus gloutonnes, les chiques, s'introduisent dans la chair des pieds, qu'elles dévorent et où. elles pondent des milliers d'œufs. Mange-t-on à la lumière, on a son assiette pleine d'insectes; prend-on son repas dans l'obscurité, des goûts étranges, nouveaux, indéfinissables, vous préviennent que vous en avalez quand même, quoiqu'en moins grande quantité ; vous n'ouvrez pas un œuf sans y trouver un poulet, ni certains fruits sans y découvrir des vers; les figues du pays {nkou'lou) sont toujours pleines de fourmis noires, et la viande, d'asticots. Des bêtes partout ! Ah ! l'entomologie est une science bien intéressante! Les tsétsés^ les guêpes, les mouches piquantes, les moucherons^ s'occupent de vous le jour, tandis que la nuit les moustiques vous consacrent leurs loisirs. C'est charmant! On mène ainsi une existence remplie d'inattendu, pleine de surprises, une vie à laquelle on finit pourtant pars'habituer, si bien que, rentré en Europe, une fois à l'abri de tous ces inconvénients, tout ce petit monde vous manque, et la solitude vous pèse... presque!

Dans ces pays, la vie grouille partout, et partout réserve des émerveillements à celui qui l'étudié. Je n'ai ni le temps ni la prétention de m'étendre sur ce

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sujet, mais je me suis contenté de montrer que le chasseur n'a pas toujours à s'attaquer qu'aux grosses bétes. Rentré au camp, une foule d'animalcules partagent, comme on le voit, souvent malgré lui, son existence et... sa nourriture.

Je reviens maintenant à la chasse. Vers la fin de décembre 1895, l'expédition, continuant ses travaux scientifiques, avait passé l'Aroangoua et se trouvait dans le pays des Barotsés, fort loin du théâtre de mes premiers exploits cynégétiques (i).

Mais le pays présente à peu près le même aspect : l'herbe, qui est en retard, a un pied de haut, et, à cette époque, — qui équivaut au printemps là-bas, — tout est vert tendre; nous n'avons pas encore repris l'existence mi-aquatique du camp du Kapotché, mais ce sera pour bientôt : les orages se succèdent à de courts intervalles avec des coups de tonnerre assourdissants, et les pluies ne sauraient tarder à tomber avec abondance et régularité.

En attendant, nous parcourons de nouveau le pays, mes hommes et moi; la saison sèche a été un repos pour les jambes; l'ère des kilomètres recommence : par monts et par vaux, en forêt et en plaine, nous cherchons.

Deux fois déjà nous avons vu sur le sol des traces qui sont inconnues de nous ; Tambarika lui-même n'a pu nous renseigner; moi, je me doute de ce que c'est;

(i) La fin de novembre et le commencement ce décembre avaient été féconds en résultats, mais je ne peux que les mentionner faute d'espace ; j'en veux arriver à un nouveau genre de poursuite : celle de la girafe.

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