‹ Chasses aux grands fauvesChapitre 124 sur 163 · UN ACCIDENT · texte numérisé non relu

UN ACCIDENT

sommes témoins d'une course affolée : poursuivi par l'éléphant furieux, le chasseur s'esquive adroitement, et l'animal perd sa trace. Mais un autre coup de trompette retentit : la deuxième femelle, qui était aux aguets, s'élance à son tour; malgré deux coups que je lui envoie dans la tête et dont l'un la frappe avec violence, elle passe à notre droite, à quelques mètres derrière le malheureux, l'atteignant presque... Les deux nouvelles détonations ont attiré l'attention de la première, qui revient... Elle charge encore ma fumée, tandis que nous décampons avec toute la vitesse dont nous sommes capables, n'ayant sur la bête que vingt mètres d'avance... Par bonheur, elle perd notre vent et s'en va rejoindre l'autre; elles ne tardent pas à disparaître dans la direction où sont déjà parties leurs compagnes, dont la blessée et le petit.

Où est Katchoua? Etendu sur le sol, il saigne des gencives et du nez. Je commence parle rappeler à lui, puis je le palpe, et je constate que, en outre de contusions graves, il a deux côtes et un bras cassés. Tant bien que mal, il nous explique que l'éléphant lui a donné un coup de pied. Il ne sait pas lui-même comment cela est arrivé. Je suppose qu'il a dû être jeté contre un arbre par la trompe de l'éléphant, ou que celui-ci, entraîné par son élan, l'aura d'un coup de pied envoyé à plusieurs pas en voulant lui marcher dessus. Mes hommes transportent le pauvre diable au camp, où je le panse, et je remets au lendemain la recherche de la femelle blessée; elle ne peut pas être allée loin, car ma balle était bonne.

Il n'est pas rare, dans ces pays, qu'un indigène se fasse attraper par un éléphant : Msiambiri a connu deux des camarades de son père; moi, je puis citer trois ou quatre individus, tous chasseurs d'éléphants, tous gens de sang-froid et de courage, qui ont été tués ainsi de 1891 à 1897; cela vient souvent de ce que les noirs s'approchent trop de l'animal : n'ayant confiance ni dans la portée, ni dans la précision, ni dans la force de leur arme, ils tirent presque à bout portant; aussi n'ont-ils pas toujours le temps d'éviter une charge si elle se produit immédiatement.

Voici la liste des accidents du même genre qui sont arrivés, à ma connaissance, soit au personnel de mon expédition, soit aux indigènes voisins, pendant les sept dernières années, au cours de mes chasses ou de mes battues :

1S91 Kapotché I homme tué par un buffle.

— tués par des éléphants (un sur place).

— blessé par un buffle.

— blessé par un éléphant.

— blessé par un léopard.

— tué par un éléphant (piétiné).

— blessés.

— tué par un buffle.

— blessé par un lion dans mon camp.

— blessé par un lion.

— tué par un lion pendant une battue.

— contusionné par un éléphant.

— blessé par un lion (grièvement).

— (Msiambiri) enlevé par un éléphant.

— blessé par un léopard.

1592 Tchipeta

1594 Makang-a

1595 Angfoni

1596 Moassi

1597 Congo Soit au total : 5 ho

nmes tués dont 3 sur place, et 1 1 blessés dont i est

resté estropié et 5 ont été très grièvement atteints.

Notre chasseur avait bien évité la première femelle, malheureusement il est tombé sur la deuxième, qui gardait une innuobilité traîtresse, attendant que le

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