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PÊCHES A LA DYNAMITE

voir à ce moment de l'année (i), à cause de la hauteur des herbes.

En attendant la bonne saison et notre départ pour le nord-ouest, je fis quelques pêches dans les rivières. J'avais des filets et des hameçons, mais je préférais employer la dvnamite. Quand j'avais trouvé un endroit profond où le courant était peu sensible, j'y faisais jeter pendant une journée de la viande hachée, des asticots, de la farine de maïs cuite, du riz cuit, etc., de façon à y attirer les poissons. Encouragés par cette distribution gratuite, ils se pressaient bientôt dans un rayon restreint et se jetaient avidement sur chaque nouvelle poignée de pâture. A ce moment je prenais une ou plusieurs cartouches de dynamite, selon la profondeur de l'eau et la quantité des poissons. Ayant muni ces « pétards » d'un détonateur et d'une mèche àlaquelle je mettais le feu, je jetais le tout dansl'eau, en même temps qu'une nouvelle quantité d'appât...

Une légère fumée montait à la surface, pendant que les poissons dégustaient avec confiance, tout autour de la cartouche, les friandises qui leur tombaient du ciel; puis, après une minute environ d'attente, une commotion sourde et violente fouettait l'eau dans un rayon d'une quinzaine de mètres, ébranlant le sol et les roches voisines ; un bouquet de bulles remontait du fond, et les poissons apparaissaient de tous côtés, les uns sur le ventre, les autres sur le dos ! Une vingtaine d'hommes se jetaient à l'eau et, avec des épuisettes

(i) La saison des pluies.

préparées d'avance, récoltaient les malheureuses victimes, qui se débattaient encore assez pour ne pas être saisissables à la main. J'ai pris ainsi, d'un seul coup, jusqu'à 103 grosses pièces pesant entre trois et huit livres : en général, il v en avait toujours une vingtaine de ce poids. Il n'ya que les silures qui, tués ou étourdis par la dynamite, restent au fond de l'eau. Tous les autres poissons remontent, au moins un instant; c'est pourquoi il faut se dépêcher de les saisir. L'explosion a pour effet de pulvériser complètement les arêtes des poissons qui sont très près ; plus ils sont loin, moins ils sont abîmés, mais tous, en général, ont les viscères crevés : foie, cœur, vessie, intestins, etc. Ce mode de destruction est plus expéditif, plus avantageux que la pêche à la ligne, surtout quand on n'est pas pêcheur et qu'on aune expédition à nourrir. Dans les grands lacs de l'Afrique centrale, au Xyassa, au Tanganyika, j'ai fait ainsi des pêches vraiment miraculeuses.

l'ELÉPH.\NT « P.NELMATIQUE )).

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