CHAPITRE XII
QUELQUES ANIMAUX DU CONGO (l).
Animaux nouveaux. — Le buffle du Congo. — Antilopes diverses : pookoos, letchoués, bubales, tsessébés, petite antilope brune; tragelaphiis : inyalas, sitoutoungas, koudous. — Absence de rhinocéros. — Léopards; leurs déprédations. — Les éléphants. — Habitants de la forêt : sangliers, petits et grands singes. — Le « soko » ou chimpanzé ; son portrait. — Habitat supposé du gorille. — Perroquets et autres oiseaux. — Animaux aquatiques. — Le Congo considéré comme pays de chasse.
Avant d'en arriver aux derniers chapitres qui traitent de l'éléphant et du lion, je mentionnerai quelques-
(i) J'entends par « Congo » tous les territoires français ou belges baignés par le fleuve et ses affluents.
unes des excursions cynégétiques que j'ai faites, vers la fin de mon voyage, sur les territoires du Tanganyika et du Congo. Nous aurons ainsi occasion de connaître d'autres hôtes de la brousse, dont je n'ai jamais encore cité le nom, parce qu'ils n'existent pas dans la région orientale de l'Afrique, mais plutôt sur son versant opposé.
L'impression que m'ont faite ces animaux, la première fois que je les ai rencontrés, a été assez étrange. Kambombé et Msiambiri, qui m'ont accompagné partout, dans les plaines de l'Oubemba ou les collines du Manyéma, dans les montagnes de l'Ouroua ou la forêt de Stanley, s'amusaient beaucoup de la diversité des espèces animales, eux qui avaient cru que le monde entier se limitait à ce qui était connu dans leur pays; la vue de chaque nouvelle espèce les intéressait énormément : qu'est-ce que c'est encore que celui-là, là-bas? Encore un autre uyama! (Nyama est le nom de tout ce qui est gibier au Zambèze.) Si je parvenais à tuer la bête, c'était, de la part de mes hommes, des comparaisons sans fin : il a la tête comme un bubale^ ou la queue comme un guib, ou la robe comme un koudou, etc. De mon côté, j'enregistrais le nom que lui donnent les Souahilis ou les naturels du pays.
Dans le Manyéma j'aperçus une fois des empreintes de buffles qui, par leurs dimensions, me paraissaient appartenir àdesfemelles. Me détachant delacolonne, je me mis à leur poursuite au milieu d'un pays très accidenté et couvert de végétation jusqu'à hauteur de ceinture. J'arrivai, au bout d'une demi-heure,