‹ Chasses aux grands fauvesChapitre 144 sur 163 · GRANDES JOURNÉES A\EC DES LIONS · texte numérisé non relu

GRANDES JOURNÉES A\EC DES LIONS

Rencontre d'une troupe de lions. — Poursuite inutile. — La canne oubliée.

— Mort du gros mâle. — Les coups mortels.

Rugissements nocturnes — - A la rencontre des fauves. — Face à face. — Lion blessé. — Le coup à la nuque. — Photographie et dépouillement.

— Une alerte. ^ Les lionnes : mort d'une d'elles. — Recherche et découverte du premier lion. — Trois lions dans une matinée !

Troisième épisode. — Mort d'une mère. — Les lionceaux. — Conclusion.

Les deux aventures que je vais rapporter ici eurent lieu à des dates différentes, mais je les réunis comme étant, après celles que j'ai relatées dans le chapitre précédent, les plus belles pages de mes souvenirs de chasseur. Elles me semblent dignes en tous points de leur servir de pendants.

Ce sont des rencontres qui ont eu lieu de jour; j'ai donc pu observer mes adversaires mieux que je n'ai été à même de le faire la nuit, à la lueur mouvante et précipitée d'un projecteur électrique.

Le 3 novembre 1895, à l'aube, nous partons à la poursuite de buffles qui étaient venus boire pendant que nous étions à l'affût la nuit. Vers dix heures du matin, nous nous trouvons fort loin, dans un pavs montagneux, et, renonçant à la poursuite, nous songeons à rentrer, en coupant au travers de la plaine, pour regagner notre campement par le plus court.

Il peut être midi : la chaleur est accablante; chacun de nous marche sans mot dire, choisissant le terrain le plus facile. Çà et là quelques bouquets de hautes herbes que le feu a épargnés : un entre autres, sur ma droite, au pied d'un grand arbre. Deux de mes hommes sont en avant, je ne me rappelle plus lesquels. Kambombé me suit à une quinzaine de mètres, portant le 303; les autres marchent derrière lui. On chemine sans penser à rien, dans l'éblouissement de ce soleil incandescent qui tombe sur le pavsage désolé.

Au moment où j'arrive à hauteur du grand arbre, un grondement soudain me fait sursauter : un lion paraît, un lion énorme, qui me semble encore plus grand parce qu'il est juché sur une termitière. Il me montre les dents, tandis que je m'arrête, jetant mon bâton à terre comme de coutume, et que je tends la main en arrière par un geste qui m'est habituel pour recevoir mon fusil; mais personne n'est là. Enfin Kambombé me rejoint, mais trop tard. Me voyant rester

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