‹ Chasses aux grands fauvesChapitre 50 sur 163 · VIANDE D'ÉLÉPHANT · texte numérisé non relu

VIANDE D'ÉLÉPHANT

nous vendre, contre de la viande, des produits du pays que j'ai demandés : patates douces, espèces d'épinards, maïs vert, poules, œufs, bananes, etc. J'envoie de la venaison à de Borely, en notre quartier général, sous la conduite d'un de mes hommes, et, comme le soleil ne se montre qu'accidentellement, je fais boucaner la viande pendant la journée et la nuit, de façon à pouvoir, dès le lendemain, nous transporter à notre point de départ avec le reste des porteurs supplémentaires.

Il faut en moyenne de quarante à cinquante hommes , selon qu'il s'agit d'une femelle ou d'un mâle, pour porter un éléphant ainsi découpé, viande et os compris. Une fois les os enlevés et la viande séchée, cela se réduit à la moitié environ, soit respectivement de vingt à vingt-cinq porteurs. On peut estimer le poids approximatif de l'animal vivant à deux mille kilos pour un mâle et seize cents pour une femelle, au minimum. De tous les animaux, l'éléphant est celui dont la chair est la plus légère après dessiccation, sans doute parce qu'il entre plus d'eau dans sa composition ; en efïet, elle perd plus de la moitié de son poids en séchant, tandis que celle du buffle, du zèbre, diminue à peine du tiers.

Quant à sa qualité, elle est trop dure et filandreuse pour un Européen. Le cœur est un morceau plus tendre et fort nourrissant. La trompe demande quinze^ heures de cuisson, et le pied, trente; mais ce sont\ des mets succulents, surtout ce dernier : on ne peut rien trouver d'approchant dans nos menus européens. Dussé-je faire de la peine à nos Vatels parisiens, j'af-

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firme qu'un morceau de pied d'éléphant, bien préparé par une femme de chasseur d'éléphants, est un morceau hors pair. Il nous est arrivé, à Bertrand et à moi, de manger pendant quatre ou cinq jours de suite de ce moiiendo oiia ii 20011 et de nous régaler. Nous avons donc quelques compensations, comme on voit, au fond de l'Afrique centrale. Voici d'ailleurs la recette, que j'offre aux ménagères :

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