CHAPITRE VII
LES SAISONS ET LES CHASSES. — UNE ALERTE AL\TL\ALE. — DANS LES GRANDES HERBES.
Renseignements indigènes. — Absence d'éléphants dans le pays d'Oundi. — Chez Mpéséni. — Bruits nocturnes — Hyènes. — Éléphants traversant une rivière. — Proximité inquiétante. — Essai du 303. — Fureur et charge d'une femelle. — Son agonie. — Capture d'un jeune éléphant. — Le coup à la tête. — Dernière chasse fructueuse à l'éléphant en 1895. — Dans les hautes herbes. — \'ariétés de hautes herbes. — Mort du petit éléphant. — Difficulté d'élever des animaux en camp volant. — Changemejit de pays.
Quand, en arrivant dans un village, vous demandez à un indigène s'il y a de la chasse à proximité, cette question n'est jamais comprise dans le sens où vous la posez. On vous répond invariablement : « Il y a dans
io6 CHASSES AUX GRANDS FAUVES.
les bois des kobs, des koudous, des élands, des phacochères, des guibs, des antilopes noires, etc. » — Merci, je sais cela; mais, aux environs, près d'ici enfin, y a-t-il quelque chose {iiyama)l — « Près d'ici, oui, il y en a, du côté de... » Et on vous indique généralement vingt kilomètres au minimum, avec un geste large.
N'essayez pas d'insister : on ne vous en dirait pas davantage. Cela tient et à l'ignorance des indigènes sur la chasse, ignorance à laquelle j'ai déjà fait allusion, et aussi à l'intention qu'ils ont de vous être agréables sans être à même de le faire. J'ai en conséquence renoncé à leur demander des informations.
Dans beaucoup de villages où nous précédait notre renommée de chasseurs, on entamait ce sujet même si nous n'y touchions pas; on pensait flatter notre amour-propre, en nous annonçant beaucoup de nyamas aux environs. Je commençais aussitôt, sans leur laisser le temps de finir, l'énumération sacramentelle à laquelle mes hommes se joignaient à l'unisson : « Il y a des kobs, des koudous, des élands, des phacochères, des guibs, des antilopes noires... dans les bois », et, sans faire attention à notre air narquois, on répondait presque toujours : Inde! indé! (oui, en effet) en se regardant comme pour dire : « Ils le savent déjà. »
Inutile donc de chercher à se renseigner à cette source. Pourtant, comme il est désirable de savoir à quoi s'en tenir, je commençais par demander s'il y avait un chasseur dans le pays; je le faisais aussitôt