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EN QUÊTE DE RENSEIGNEMENTS

appeler, ainsi que ceux des villages environnants, si on m'en indiquait, et, selon leurs renseignements, ou je les emmenais avec moi comme guides, ou je les renvoyais avec un petit cadeau.

Comme guides, ils touchaient un bon payement, si leur rapport était exact; s'ils l'avaient puisé dans leur

imagination, ils ne recevaient que la nourriture

sans compter les quolibets dont les hommes de l'expédition les gratifiaient en voyant qu'on les avait dérangés pour rien.

Quand on est étranger dans une région, tous les indigènes peuvent vous servir de guide d'un point à un autre ; les chasseurs seuls peuvent vous montrer les endroits fréquentés par votre gibier ou susceptibles de l'être.

Dans la région d'Oundi, nous avons été assez mal partagés, en ce qui concerne la chasse : les animaux y étaient autrefois fort nombreux partout, mais aujourd'hui, au fur et à mesure que l'on se rapproche du Zambèze, leurs traces disparaissent. Ce pays a été exploité par des milliers d'indigènes que les négociants de Tête, en quête d'ivoire, lançaient chaque année dans toutes les directions ; le résultat de cette guerre à outrance a été d'éloigner pour toujours les éléphants de cette zone dangereuse; aussi, sauf quelques rhinocéros et une douzaine d'antilopes, notre voyage a-t-il été peu fructueux (i).

Je mènerai donc le lecteur à la fin de la saison des

(i) Mes grandes chasses, p. 275.

io8 CHASSES AUX GRANDS FAUVES,

pluies, c'est-à-dire en juin, au retour de ce voyage; nous nous retrouvons dans le haut Kapotché, à quelques jours au nord de notre ancien camp du Niarougoué, sur le territoire du chef Mpéséni. Comme la saison sèche approche, les éléphants vont être moins nombreux et moins faciles à suivre ; la chasse va également changer tout à fait de caractère.

Les saisons, dans ces régions, c'est-à-dire au sud de l'équateur, se divisent, pour le chasseur, en trois périodes bien distinctes :

Décembre, janvier, février et mars : pluies et hautes herbes. Perdus dans l'épaisseur de la végétation, les animaux sont invisibles. L'eau est abondante : partout des ruisseaux, des rivières, des mares d'eau de pluie, des marécages. Les antilopes se voient très rarement; les gros animaux ne voyagent guère, les éléphants s'attardent dans les régions marécageuses. C'est le moment de poursuivre l'éléphant, le rhinocéros et le buffle, de préférence aux autres hôtes des bois.

Avril, mai, juin et juillet : petites pluies et hautes herbes plus ou moins desséchées. Impossible de marcher dans la brousse sans y faire du bruit par le froissement contre les végétaux. En dépit de toutes les précautions, on dénonce sa présence; de plus, ne se doutant pas de la position des animaux, on s'expose à se faire sentir. Les éléphants commencent à voyager; les rhinocéros rentrent dès' l'aube sous couvert, les antilopes sont invisibles. C'est la période de chasse la plus désagréable et la moins fructueuse ; les mares

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