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de Grangeant, il est mort d’un coup de sang, à la chasse. Que le grand saint Hubert ait conduit son âme près de Dieu, notre souverain juge ! C’est le vœu d'un ami qui ne l’a point oublié. |
L’aigle des États-Unis, comme ses congénères d'Europe, vit rarement seul, et, suivant Audubon, le naturaliste célèbre dont la science regrette la mort prématurée, l’attachement mutuel des deux individus accouplés ensemble paraît durer depuis la première union jusqu’à la mort de l’un ou de l’autre individu. Les aigles chassent pour leur nourri- Lure, de conserve, comme deux pirates associés, et mangent leur proie l'un à côté de l’autre. La saison de leurs amours commence dès le mois de décembre, et à ce moment Île mâle et la femelle deviennent très-bruvants. On les voit voler ensemble, tournoyant dans l’espace, criant à pleins poumons, jouant, se battant même, mais pour rire, puis allant se reposer sur les branches sèches d’un arbre où tous les deux ont préparé la première couche de leur nid. Peutêtre même ne font-ils que réparer celui de la dernière ponte. L'incubation commence dans les premiers jours de janvier. Le nid se compose de bâtons d’un mètre de longueur environ, de lambeaux de gazon, de plaques de mousse lichen, et il mesure, une fois terminé, un périmètre de cinq à six pieds. Les œufs que l'aigle femelle dépose dans ce buisson informe, au nombre de deux, trois, et quelquefois, mais rarement, de quatre, sont d’un blanc verdâtre à écaille granuleuse également arrondis aux deux extrémités. L'incubalion dure environ de trois à quatre semaines.
Lorsque les aiglons éclosent, ils sont couverts d’un duvet roussätre, et ont le bec et les pattes d’une longueur démesurée. Leurs parents ne les expulsent de l'aire que lorsque leur plumage est complet et qu’ils peuvent voler. Mais avant ce moment décisif, où ils introduisent leur progéniture dans la société, les aigles les ont abondamment pourvus de gibier de toute sorte, ce qui fait que les lèvres du nid sont recouvertes de lambeaux de charogne puante, d'os et de fiente.
Je revenais un soir d'hiver, au mois de février, d’une pêche aux truites dans les montagnes du Cumberland, et nous longions, deux amis et moi, des escarpements abrupts aboutissant à la vallée au milieu de laquelle était bâtie la maison du fermier qui nous donnait asile, lorsque je fis remarquer à mes camarades certaines longues fientes blanchâtres et craveuses qui provenaient sans doute d’un oiseau de proie.
Le paysan qui nous accompagnait m'apprit à l'instant même qu'il y avait des aigles au milieu de ces roches, et il prétendit les avoir vus la veille même, mais hors de portée.
«Ces brigands-là, ajouta-t-il, ont déjà mangé plus de moutons et de volailles à mon maitre qu'ils ne valent de dollars, »
Je résolus, en entendant parler notre guide, de saisir cette occasion d'observer les habitudes des aigles améri-
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eains, et, après avoir décidé mes amis à s'arrêter, nous nous blottimes sous une anfractuosité de rocher et restämes là un
tenmips qui nous parut fort long. Sans compter les ennuis de l'attente, j'avais encore à gourmander et à imposer silence
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au paysan, qui me racontait à l'oreille tous les griefs qu'il
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avait, non-seulement contre les habitants empennés de cette
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roche, mais encore contre la race tout entière. Le Yankee bavard m'assurait d'une façon énergique que du temps de son grand-père, vieillard qui avait servi dans les armées de Washington, un enfant âgé de deux ans avait été saisi par un aigle, dans l'État du Connecticut, et n'avait dù son salut qu'à la grande difficulté qu'ont ces oiseaux de prendre leur vol sur un terrain plat. Le père de cette innocente victime avait tué le ravisseur à coups de bâton.
« Silence donc, lui disais-je, les aigles voient et entendent
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— N'ayez aucune crainte, répondait-1l, j'ai l'œil au guel,
et quand l'instant sera venu, je ne soufilerai plus mot. »
ù Notre loquace narrateur allait continuer, au grand déplaisir de mes deux amis et de moi-même, lorsque tout à coup un
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