‹ Chasses dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 19 sur 79 · PE EE A · texte numérisé non relu

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mon fusil et je sifflai mon chien ; mais je n'eus pas fait vingt pas, que je compris combien Ben me manquait dans ma

promenade solitaire. Je n’en continuai pas moins ma route et je traversai des bruvères incultes, des déserts marécaceux, tirant tantôt sur une oie sauvage , tantôt sur une bécassine, et me dirigeant vers un groupe de rochers de formes fantastiques qui s’élevaient perpendiculairement le long de la grève de l'Océan.

Je fis en sorte de me frayer un passage vers les cimes de ces rochers, vers lesquelles je me sentais attiré comme par un aimant irrésistible.

Tout à coup un cri lamentable, répercuté par les échos, vint frapper mes oreilles. Ce cri fut suivi d’une sorte de hurlement aigu et plaintif à la fois : tournant rapidement un angle saillant, je demeurai comme frappé de stupeur en présence du spectacle qui s’offrit à ma vue.

À l'extrémité d’un cäble enroulé autour du tronc rabougri d'un vieux chêne, pendait audessus de l’abime le petit Ben

oscillant dans l’espace, tindis qu'un aigle formidable, les serres ouvertes et prêtes à se fermer comme des étaux, le bec coupant à demi ouvert, les ailes déployées, l'æil fa-

rouche, se jetait sur lui.

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