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Uu Indien de la tribu des Black-l'eet (Pieds-Noirs), surpris par un orage au milieu d'une savane, fut frappé de la loudre et tomba évanoui sur le sol, Lorsqu'il recouvra ses sens, le « carreau de Jupiter » était à côté de lui par terre, et le sabot d’un magnifique cheval piétinait ce métal danwereux. Saisir la bride, monter sur le dos de l'animal, tout
cela fut l'affaire d’un moment. Mais, hélas! le Pied-Noir avait enfourché l'Éclair, qui, nouveau Pégase, l'enleva comme un ballon et le jeta bientôl sans connaissance au pied des montagnes Rocheuses. Il lui fallut plusieurs mois pour retrouver le camp de sa tribu. et encore il était telle-
ment changé, ses cheveux étaient devenus d’une blancheur telle, que personne ne voulut le reconnaître.
On m'a aussi conté plusieurs anecdotes sur un certain cheval noir qui avait rôdé dans les prairies de l'Arkansas pendant ur certain nombre d'années, déjouant tous les efforts faits par les chasseurs pour s'emparer de lui. Sa renommée s'étendait au loin. C'était une sorte de « cheval fantôme » inseisissable, dont les pieds étaient plus :égers que ceux d’une gazelle, et l'encolure aussi gracieuse que le cou d’une jolie femme sur lequel tomberait une chevelure d’ébène. Un des Pawnees racontait qu'un certain soir, avant le lever de la lune, il était parvenu, en rampant, à queiques pas de cet animal enchanté et lui avait lancé son lasso, La noble bête avait d'abord paru se résigner à sa captivité tout en galopant côte à côte avec celui qui l'avait capturée ; puis ensuite elle avait guidé sa course sur celle de la jument montée par le Peau- Rouge, qui l'emmenait dans la direction du camp. Mais tout à coup, à l'approche du premier feu, le cheval fit un suprême effort; il se débarrassa du lasse, se cabra, et se précipitant tête première dans l'obscurité de la nuit, disparut bientôt à tous les regards,
Les chevaux capturés par les Pawnees devinrent dès le lendemain l’obj:. d’une attention toute particulière. Je crois intéresser tous mes lecteurs cn leur racontant ici les moyens unplovés par ies Peaux -Rouges pour dompter ces nobles animaux. D'abord ils attachent un paquet léger composé de deux morceaux de bois sur le dos du cheval, afin de lui donner une première leçon de servitude. L'orgueilleuss indépendance de la bête se réveille aussitôt; mais après une lulis inégale , dans laquelle l’Indien supplée à la force et lutte par la ruse, le pauvre cheval, sentant entin linutilité
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de résister davantage, se couche à terre, comme s'il s’avouait vaincu. Un acteur de nos drames de théâtre représentant le désespoir d’un prince ne pourrait pas rendre son rôle d'une maire plus dramatique.
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La seconde leçon consiste à forcer l'animal à se lever par la pression de la bride. La première fois le cheval hésite à obéir; il se couche tout de son long; mais à la pression réitérée de la bride et au contact du fouet, il hennit, bon«it sur ses quatre pieds et courbe la tête entre les deux jambes de devant. Il est alors tout à fait dompté, et aprés lui avoir fait subir pendant deux ou trois jours ces humiiations de l'esclavage, on l’abandonne en liberté au milieu des chevaux de trait ou de bât.
Je ne pouvais m'empêcher de prendre en pitié les magnifiques animaux dressés ainsi par les Pawnees, et dont la vie avait été changée en vil esclavage. Au lieu de parcourir selon leurs désirs ces vastes pâturages, allant de prairie en prairie, descendant de la colline à la plaine, broutant toutes les fleurs, toutes les graminées, se désaltérant à tous les ruisseaux, ils se voyaient condamnés à une servitude perpétuelle , à l'humiliation du harnais et du mors.
Cette brusque transition n’était-elle pas comparable à cerlaines existences humaines”? Tel est aujourd’hui monarque, qui demain est prisonnier; tel noble coursier qui le matin était libre, le roi de la prairie, ce soir est devenu cheval de charrette !