‹ Chasses dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 26 sur 79 · EE AS · texte numérisé non relu

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chance de pouvoir échapper, son salut n’est point assuré : car, après deux minutes de poursuite, ses jambes de derrière sont au niveau des dents de son ennemi, et, quoiqu'il fasse le mort, le nègre qui l’arrache à la gueule de son deur dog n'oublie jamais de joindre la réalité à la fable.

« Mes Africains se fatiguent plus en quelques seures pour satisfaire leur plaisir, qu'ils ne le feraient à travailler pour mon compte pendant une semaine. Ces esclaves malheureuæ, comme les appellent nos négrophiles, tuent ordinairement trois ou quatre opossums par chasse; et si, jar bonheur, je les ai revêtus d’un gilet jaune, d’une paire de bas bleus et d’une culotte rouge, 1ls ne manquent pas, pour compléter leur toilette élégante, de se faire un bonnet de peau d’opossum. J'ai fini, ajouta-t-il, par prendre moimème un très-grand plaisir à cette chasse. »

Je riais d’abord en entendant mon hôte parler ainsi d’une manière emphatique de ses chasses à l’opossum, lorsqu'il me répondit, d’un air très-sérieux, que j'avais tort de plaisanter sur un sujet aussi intéressant, et que si je voulais me convaincre des raisons qui avaient décidé son goût pour cette chasse, je verrais qu'il n'était pas aussi ridicule qu'il le paraissait.

La proposition fut acceptée séance tenante, et le maître donna des ordres pour que tous les préparatifs fussent faits avant la fin du jour. Quand nous partimes, la nuit était tout à fait noire; et comme naturellement je fis la remarque qu'au milieu d’une obscurité semblable il nous serait trèsdiflicile de voir le gibier, on me répondit que, bien au contraire, cela n’en vaudrait que mieux. Je n'avais rien à répliquer : il me restait seulement à protester intérieurement, et à me laisser guider. C'est ce que je fis,

Le wagon américain, traîné par un robuste cheval, sur les bancs duquel nous nous élions installés, le chasseur d'opossums, deux de ses amis et moi, nous déposa bicntôt au milieu d’un bois touffu, et là, précédés par un nègre géant qui éclairait notre marche à l’aide d’une torche Pril-

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