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cerfs que nous poursuivimes dans la direction des prairies. Un de ces animaux fut tué par mon camarade, et nous le hissèmes sur une branche d'arbre. Après avoir marqué la place , nous reprîimes notre marche; mais nous nous étions égarés, et nous marchâmes en vain jusqu’à la nuit sans retrouver le lit du fleuve. Quelle ne fut pas notre terreur, terreur bien naturelle, quand nous aperçûmes sur la neige l'empreinte d’un grand nombre de pas! Dix minutes après, nous nous trouvions à l'entrée de notre log-cabin, entourés par les Indiens, qui riaient de notre mésaventure et nous raillaient de notre peu de perspicacité. Comme on le comprendra aisément, nous avions décrit un cercle vicieux, et nous avions fait fausse route.
Après une nuit qui nous remit de nos fatigues, nous repartimes le lendemain matin, et cette fois nous marchâmes droit devant nous. Rien ne nous arrêta, ni les volées de dindons sauvages ni les hardes de cerfs : à une heure après midi, nous arrivions en face du village. Mais là ne cessèrent point les difficultés de notre entreprise. Le Mississipi charriait d'énormes glaçons, et, malgré nos signaux, personne n'osait s’aventurer à traverser le fleuve. Il fallait donc passer la nuit sur place. Heureusement nous aperçûmes une cabane abandonnée, et nous y cherchâmes un abri. A l’aide de mon fusil et d'un peu de poudre, nous eûmes bientôt du feu, et un dindon que nous fimes griller fut dévoré jusqu'aux pattes. Une litière de paille et de bruyère nous servit de matelas, et la nuit, grâce au feu que nous eûmes soin d'entretenir, s'écoula sans trop de souffrance.
Dès que le jour parut, nous sortimes, mon ami et moi, de la cabane protectrice. L’atmosphère était froide et pure; le givre, suspendu aux branches des arbres comme des stalactites aux parois d’une grotte, les rendait si brillantes lorsque le soleil parut à l'horizon, que l’on aurait dit que nous avions devant nos yeux éblouis une forêt de cristal, A nos pieds, le Mississipi roulait ses ondes bleuâtres, au milieu desquelles clapotaient des glaçons d’une blancheur de neige.
Après avoir fait des signaux nombreux, nous vimes enfin un bateau se détacher et s’avancer de notre côté dans les méandres formés par les glaces floltantes. Grâce à de nombreux efforts, les deux hommes qui le montaient parvinrent jusqu'à nous, et nous leur expliquâmes quel était le but de l'appel que nous leur avions fait. Dès que notre marché fut conclu, ils reprirent le chemin dangereux, nous promettant de revenir le soir même.
Afin d'utiliser de notre mieux les heures qui devaient s'écouler jusque-là, mon ami et moi nous convinmes d’explorer les environs et de remplir nos carnassières; nous pourrions ainsi au retour offrir à nos [Indiens du pain et quelque chose de plus.
Nous nous mîimes donc en chasse, et avant midi nous avions abattu une vingtaine de bécasses et deux magnifiques gelinottes, le mâle et la femelle, qui, parties à gauche et à droite sous le nez de notre pointer, avaient reçu de chacun de nous une volée de grains de plomb, grâce à laquelle nous les avions abattues.
Comme cela avait été convenu, les deux bateliers revinrent au coucher du soleil, avec un baril de farine de froment, plusieurs gros pains et un sac de maïs. Tout cela fut placé sur un traineau fabriqué à la hâte, et grâce à nos ellorts, en nous attelant tour à tour à cette charrette improvisée, nous arrivämes au milieu de la nuit, sains et saufs et sans trop de fatigue, au camp des Osages et devant notre loy-cabin.
Cependant le Mississipi commençait à décroitre, et la rlace , en se retirant avec le niveau de l’eau, menacait notre leel-boat, Par mesure de prudence, à l’aide des femmes indiennes, nous allégeämes notre bateau de tout ce qui pouvait l'alourdir, et, au moyen de troncs d'arbres que nous abattimes, nous formämes autour de l’embarcation une jetée qui la garantissail en entier.
Une fois ces dispositions prises, nos journées s'écoulèrent joyeusement, et les nombreuses chasses que nous fimes
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nous procurèrent tant de gibier, que les cadavres des ours, des cerfs, des gelinottes et des bécasses que nous tuñmes, joints à tous les lièvres que nous prenions au collet, suspendus aux arbres voisins de notre camp, lui donnaient l'apparence de l’étal d’un marchand de comestibles. Les lacs
qui nous environnaient contenaient aussi d'excellents poissons, et au moyen ‘de filets ou de harpons, les Peaux- Rouges approvisionnaient notre ordinaire des plus belles truites et des plus énormes brochets.
Les Indiennes passaient leurs journées à tanner des peaux de cerfs et de loutres, et à tresser des paniers de
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