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pas comme leurs congénères. Les naturalistes américains prétendent que, la plupart du temps, les hiboux ne s’insinuent dans les terriers creusés par les chiens de prairie que lorsque ceux-ci les ont abandonnés à cause de la mort d’un des leurs.
Il paraîtrait que la marmotte américaine pousse la sensibilité si loir, qu'aussitôt que l’un de ces quadrupèdes est mort, toute la communauté abandonne la place. D’autres m'ont assuré que le hibou était un preeeteur, une senlinelle, un précepteur même pour les jeunes marmottes, auxquelles il apprenait à crier... même avant qu’on les écorchät.
A l'égard du dangereux serpent à sonnettes, son rôle est plus tranché, plus habilement dessiné que celui de l'oiseau de proie. Dans l’économie domestique de ces intéressants phalanstères, c'est un vrai sycophante qui envahit audacieusement l'asile de l’honnèête et crédule marmotte. Maintes fois, à ses heures de loisir, il croque un des petits de ses hôtes, et l’on peut facilement inférer qu'il se permet en secret des dédommagements en dehors de ceux accordés aux parasites souffre-douleurs.
Quelques semaines plus tard , en retournant à Saint-Louis. nous rencontrâmes un soir, près du camp, un immense terrier de chiens de prairie, creusé dans un vallon formé par deux collines de rochers calcaires , non loin d'une source qui coulait au milieu des rochers, et alimentait un ruisseau argenté, par lequel le vallon était baigné dans toute sa longueur. Le bruit de nos chevaux avait effrayé tous les animaux qui hantaient le village souterrain; seuls, deux énormes hiboux, perchés sur une motte de terre, avaient voulu savoir quel était l'ennemi qui faisait invasion sur leur territoire. Fiers et hardis comme des coqs de combat, ils semblaient défier le danger : leurs paupières, larges ouvertes, découvraient des yeux brillants comme du phosphore. Leur crâne était surmonté de deux longues plumes semblables à des cornes, ce qui donnait à ces oiseaux un aspect tout à fait fantastique. On les aurait pris volontiers
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pour les gardiens d’une nécropole dévastée. Les deux hiboux attendirent notre venue jusqu’à portée de fusil; puis tout à coup, sans qu'il nous fût possible d'expliquer comment cela s'était fait, ils disparurent dans les entrailles de la terre, ainsi que le fait Bertram au cinquième acte de Robert le Diable. Un de mes camarades de chasse assurait même qu'il avait aperçu une siamme jaillir à la place où chaque hibou s'était enfoncé mystérieusement : mais ceci n’est pas de l’histoire.
Le pays où nous avions établi notre campement du soir était pittoresquement découpé par des bouquets de bois formés d’arbres de toute espèce, de pins, de chènes, de bouleaux, de cèdres, de cerisiers sauvages, au milieu desquels dominaient l’églantier d'Amérique et l’aubépine. Des groupes de noisetiers et de sumac complétaient cette riche variété. Nous n'avions donc éprouvé aucune difficulté d’allumer notre feu du soir. L’atmosphire était fraîche, et mes amis s'étaient étendus, suivant l’usage, sur des lits de feuilles mortes , la tête et le corps bien enveloppés dans une couverture de laine, les pieds tournés contre le fover. J’avais été absent toute la soirée dans le but de tuer un cerf à l'affût : lorsque je rentrai, je songeai à mon tour à trouver la litière qui devait me servir de couchc.
Au pied d'un vieux chêne, dans le creux d’un rocher, le vent avait amassé une grande quantité de feuilles : rien ne me fut plus facile que d'étendre ma couverture et d'y entasser tous ces débris. Je revins au feu, autour duquel ma place était réservée, et, sans plus de façon, je préparai mon lit. Tout à coup un bruit insolite se fait entendre au milieu des feuilles entassées ; j'examine ma litière, et je recule d’épouvante en voyant que j'avais apporté un horrible serpent à sonneltes , qui, le corps enroulé et la tête droite, dardait devant moi sa langue fourchue. M’emparer d'un long morceau de bois dont la pointe brûlait au foyer, et assommer le crotale, tout cela fut l'affaire d’un instant.
J’allai examiner la litière afin de m'assurer si le reptile