D 2 ET RE DER
REP. MEET Ve LT
était seul. Quels ne furent pas mon horreur et mon dégoût! une demi-douzaine de jeunes serpents, pelotonnés ensemble, se trouvant atteints par mon bâton, sortirent du tas de feuilles en bondissant et prirent la fuite dans toutes les directions. Mes camarades, réveillés par mes cris, s'étaient levés instantanément; ils m’aidèrent à les poursuivre: mais les jeunes crotales avaient mis tant de diligence et d’agilité à disparaître, que nous pûmes seulement en détruire deux.
Cet incident nous tint naturellement éveillés une partie de la nuit : les crécelles des serpents à sonnettes nous tintaient aux oreilles, et notre répulsion à tous pour ces redoutables reptiles était telle que, quoique, suivant toute apparence, notre présence les eût fait fuir, nous nous sentions aussi mal à l'aise que si nous en étions encore entourés. La fatigue et le sommeil finirent par avoir raison de notre imagination. Nous nous endormîmes , et ne nous éveillâmes qu’au grand jour.
Devant nous s'élevait, sur le versant de la colline, le phalanstère des chiens de prairie, et comme nos chevaux étaient couchés, comme notre feu était éteint, et qu'aucun mouvement humain ne troublait la tranquillité de la nature, nos veux furent frappés d’un spectacle tout à fait fantastique.
Il y avait là, devant nous, plus de mille marmottes (un de mes amis en compta jusqu’à huit cent cinquante-trois), une centaine de hiboux et autant de serp-nts à sonnettes, qui prenaient leurs ébats, sautant d’un terrier à l’autre, voltigeant et planant, rampant et sifflant. Notre sang se figeait dans nos veines, et cependant nous étions enchaînés sur place.
Enfin , il fallait s’arracher à ce dangereux voisinage. Nous nous levâmes, et tout disparut, à l'exception des serpents, qui de temps à autre soulevaient leurs têtes au-dessus des orifices et se glissaient au dehors. Une heure après le lever du soleil, nous avions atteint les bords du Mississipi. Nous n'avions plus de danger à redouter, et nous nous sentions sous l'égide de la civilisation américaine.
uivre :
nce et en dé-
rtie de ntaient itables rence , si mal e et le . Nous jour.
le phaétaient nouvee, nos que.
es (un trois), ettes, e, volfigeail 5s sur
. Nous pents, us des lever Nous ntions
La Louisiane et les Carolines du Nord et du Sud sont les États de l'Union américaine où les chats sauvages se trouvent en plus grand nombre. Les marais recouverts de broussailles qui s'étendent sur les bordures du Mississipi, les forêts épaisses à moitié noyées par les débordements des rivières Pamlico et Santee, servent de refuge à ces animaux si dangereux et si nuisibles au gibier de toute sorte. Ce qu’il y a de pire, c’est que, malgré la chasse fréquente qui leur est faite par tous les fermiers et les sportsmen américains , les chats des bois sont toujours aussi nombreux que par le passé : il paraîtrait que la destruction de la race est tout à fait impossible.
Les Américains considèrent la chasse au chat sauvage comme un des plus grands sports de leur pays. Pour eux c'est un plaisir autant apprécié que l’est en Angleterre le fox-hunt. En un mot, le chat est aux États-Unis ce qu'est le renard dans la Grande-Bretagne. Ce ne sont point des
Le DE PERRET cn ae mn Le
Su Lez à géo q Æ Re A het ne Bt ptpoirré
ensns ne ne sans +
chasseurs vêtus d’habits rouges galonnés sur toutes les coulures qui se livrent à la poursuite du {om-cat : le costume des planteurs et de leurs amis est bien plus simple, et, à part les grandes bottes qui couvrent une partie des cuisses, le reste de leurs vêtements est d’une simplicité sans pareille. Le seul emprunt fait par les chasseurs de l’autre monde à ceux du vieux continent, c'est la trompe de chasse, dont on se sert ad libilum, sans employer les tons usités pour les « courres » de l'Europe. Là-bas la trompe n’a qu’un seul but : celui de faire du bruit et de célébrer une victoire.
Le chat sauvage des Etats-Unis est un énorme animal, qui n'a de rapport avec la race de France que par la forme et quelquefois par la fourrure. Je ne crois pas avoir jamais vu nulle part des matous plus gros que ceux des deux CUarolines. Leur pelage rougeûtre et diagonalement rayé de bandes foncées, leur queue aussi touffue que celle d'un renard , leurs oreilles velues, à peu de chose près semblables à celles du Iynx, tout est réuni pour donner une idée parfaite d’un petit tigre d’une espèce particulière.
Les nègres des États du Sud de l’Union, dans leur lanwage pittoresque et familier, dépeignent de la manière suivante le caractère du chat : une vermine goulue comme l'est un prêteur sur gages, mesquine comme un avocat sans cause, rageuse comme un peccari, insensible à la douleur comme l’est une tortue ou un mauvais maître. Enfin, disentils pour abréger le tableau, cette bête sauvage est comme la femme : on ne peut la comparer à nulle autre qu’à ellemême.
En examinant pour la première fois la tête d’un chat sauvage, une chose m'a singulièrement frappé, c’est qu’elle ressemblait à s'y méprendre à celle d’un erotale : c'était la même expression de vile méchanceté, les mêmes mâchoires, la même forme de dents. Cette comparaison m'était d'autant plus facile, qu'un des nègres qui nous avaient accompagnés à la chasse ce jour-là, avait tué d’un coup de bâton un serpent à sonnettes, qu'il portait triomphalement au bout
es couostume >), et, à uisses , areille.
ronde à lont on our les un seul e.
inimal, a forme jamais ux Caayé de ’un reblables ie par-
ur Janre suicomme at sans louleur disentcomme ’à elle-
t sauqu'elle tait la hoires, ’autant
d'une longue gaule de caroubier. Ceci me rappelle qu'un matin, dans la Caroline du Nord, sur les bords de cet immense marais nommé {he great dismal swamp, je m'étais égaré à la chasse, suivi de mon fidèle chien Black ; je cherchais à retrouver ma route pour retourner à l'habitation où
j'étais venu passer mes vacances, lorsqu’au détour d’un rocher, mon chien recula tout d’un coup, le poil hérissé, la queue entre les jambes, et grognant sourdement pour appeler mon attention. Je regardai devant moi, et je ne pus retenir un cri d'horreur.
À quarante pas environ, un chat sauvage et un crotale se défiaient au combat; leurs yeux jetaient des flammes;
SE
l'un sifflait, l’autre miaulait, et tous deux me représentaient l'imagé hideuse des passions mises en jeu et en présence les unes des autres. Le serpent se mouvait en replis à la fois pleins de grâce et de souplesse : le chat faisait le gros dos et paraissait attendre le moment de griffer son ennemi avec avantage. Soudain le serpent s’élança; le chat avait prévu le coup de jarnac du crotale, il s'était jeté de côté; mais au moment où il se retournait, le reptile le mordit à lu lèvre, et, quoique serré à l'instant dans les griffes du quadrupède, il n’en parvint pas moins à étreindre son corps et à le presser avec violence. Je mis fin à l’agonie mutuelle de ces dangereuses bêtes : mes deux coups de fusil suffirent pour les étendre par terre, mortes et désormais incapables de nuire.
Au dire des Indiens, le"serpent à sonnettes vit de l’air empoisonné des marais et de toute matière corrompue, tandis que le chat sauvage se nourrit du résultat des querelles des gens emportés et de mauvaise foi : aussi, lorsque les Peaux- Rouges veulent parler des dissensions intestines d’une famille de leur tribu, ils disent, dans leur langage presque oriental : « Dans le wigwam de X... on engraisse des chats sauvages. »
Pour faire la chasse aux « toms » des marais américains, les chasseurs se servent généralement de pistolets. Ce n’est pas que la plupart ne soient très-maladroits au tir de cette arme; mais au moyen de leurs revolvers il leur est possible de blesser le chat, qui alors se met à sauter d'arbre en arbre, et donre ainsi aux sportsmen un fun complet. En un mot, l'animal est une cible vivante, contre laquelle chacun s'exerce à montrer son adresse. Cette chasse n’est pas précisément d'accord avec la loi Grammont; mais comme le législateur français n’est point connu dans les pays d'outre-mer, et qu’en général les chasseurs sont d’un naturel peu sensible, surtout pour la bête fauve, — le chat est dans ce nombre mis par eux au premier rang, — je m'abstiendrai de toute autre réflexion à cet égard.
résen-
n préreplis sait le on ene chat eté de mordit fes du | COrps utuelle ffirent pables
le l'air tandis les des Peauxne faesque chats
cains,
n'est e celte pssible arbre, ) mot, exerce ément lateur er, et sible, bmbre
toute
J'ai été témoin, un certain jour, d’une chasse au chat qui se termina d'une manière fort bizarre. L'arbre sur lequel l'animal! avait cherché un refuge était un de ces peupliers monstres, élevé comme un mât, tout d’une venue, et dont la cime branchue se perdait dans les nuages. Le chat, ayant dépisté les chisns, s'était élancé le long du tronc jusqu’au bouquet vert formant le faîtc, dont la forme était pareille à celle d’un champignon qui serait placé au haut d’une canne. Nous finîmes par le découvrir accroupi sur une des plus grosses branches, près du tronc, nous regardant comme bien au-dessous de lui, avec une impertinence qui ressemblait à un défi. Ce fut en vain que nous déchargeâmes sur le chat douze coups de pistolet; il était si bien caché, ou plutôt, je préfère le confesser humblement, nous fûmes si maladroits , que nous nous trouvâmes, à un moment donné, sans munitions. Les chiens s’élançaient au pied du tronc, aboyant avec rage, mais ne pouvant pas plus agir que leurs maîtres.
Tout à coup l’un de nous aperçut une liane dont les brindilles passaient entre la branche sur laquelle reposait le chat et le corps de l’animal. Cette liane s’enroulait autour du peuplier et descendait jusqu’au sol. Nous nous hâtàmes de séparer ce parasite en deux morceaux, après l'avoir déroulé avec précaution. Nous primes si bien nos mesures, qu'en donnant une violente secousse, le chat fut lancé en l’air, et nous eûmes le plaisir de le voir décrire dans l'espace plusieurs évolutions, puis tomber sur la terre au milieu de nos chiens, qui en quelques coups de dents l’eurent bientôt achevé. Jamais, je l'avoue, je n’ai tant ri de ma vie, et mes camarades ne se firent pas faute de donner un libre cours à leur hilarité.
Je terminerai ce chapitre sur le chat sauvage en racontant un des épisodes de mon séjour sur une plantation de la Caroline du Sud , située non loin de Beaufort , la ville la plus pittoresque de cet État, bâtie au milieu de l’île de Port- Royal.
Huit heures sonnaient un matin à l'horloge de l'habitation de M. Potter, l'hôte chez lequel j'avais été amené par un ami pour entreprendre une chasse de destruction contre quelques chats sauvages dont la dent meurtrière faisait de grands ravages dans la basse-cour du maître. Nos chevaux avaient été sellés et bridés, et nous partimes au nombre de cinq chasseurs, y compris le docteur de la plantation et moi, accompagnés par un veneur à cheval et un piqueur tenant en laisse quatre limiers, devant lesquels sautaient et gambadaient trois pointers et un épagneul. Bientôt, à un mille de l'habitation, nous entrâmes dans le bois, où les chiens, tout en continuant à avancer comme nous, faisaient lever tantôt une bécasse, tantôt un faisan, sur lesquels nous tirions de notre mieux, sans toujours réussir à les abattre.
Nos fusils à deux coups étaient chargés d’un côté à halle, et de l’autre à plomb de chasse : de cette manière nous nous irouvions prêts à tout hasard.
Au moment où les limiers étaient découplés et lâchés dans le fourré, le piqueur découvrit une carcasse de lièvre à moitié dévorée, encore fraiche, ce qui nous prouva qu'un chat sauvage avait osé commettre cet acte de braconnage. Au même instant les chiens trouvèrent la pisie, et quelques minutes après ils lançaient l’animal , qui passa devant nous rapide comme une flèche, et alla disparaître au centre un bouquet de bois impraticable pour des chrétiens.
Nous nous hâtâmes d’entourer le buisson, tenant nos fusils <n joue et cherchant à pénétrer l'obscurité du feuillage ; mais cela n'était pas facile. Le chat se tenait dans son fort et n’en voulait pas sortir; les chiens faisaient de nombreux efforts pour se frayer un passage à travers ces épines.
Soudain un coup de fusil se fit entendre, suivi d’un autre.
« Ah ! s'écria l’un de nous, est-il mort ?
— Il a du plomb, » répondit une voix.
C'est possible! pensai-je en moi-même, mais on ne le dirait pas, car les chiens hurlent de plus belle.
Pan! voilà un troisième coup! « Qui a tiré ?
1abitané par contre sait de nevaux ombre tion et iqueur ient et , à un où les isaient Is nous battre.
| balle, S nous
s dans èvre à qu'un nnage.
elques t nous e d'un
os fuillage ; bn fort hbreux
autre.
— Le juge Daniel, répondit le veneur, qui se trouvait à quelques pas de moi.
— Sentence de mort, cela va sans dire, répliquai-je à mon voisin, les gens de loi n’en font pas d’autres. »
Il n’en était rien, les limiers s’égosillaient encore à ne pas s'entendre.
Mais quel est ce piétinement ? C'était celui de la monture du juge Daniel. Peu accoutumée aux détonations des armes à feu, et ne se laissant point émouvoir par les « goddams » répétés de son cavalier, le cheval l’emportait au loin du côté de son écurie, où il espérait, avec raison, trouver la plus parfaite tranquillité.
« Bon voyage! juge Daniel; ne vous cassez pas le cou, nous chasserons seuls ! »
Patatras ! le voilà désarçonné. Le cheval, indocile et viclorieux , se sauvaii au grand galop; mais le juge, loin de faire attention à nos sarcasmes, remontait sur l'animal du veneur , lequel, sans se faire prier, lui offrait sa place en selle.
Bon! voilà une autre détonation.
« C’est le docteur, cria une voix, qui fait prendre une médecine à maître Tom! Il n’en mourra pourtant pas, le gredin ! Je commence à croire que la bête a un talisman… sous la queue. »
Et chacun de nous de rire de cette plaisanterie. Le docteur lui-même ne s’en fit nas faute.
Les chiens renouvelèrent l'attaque; leur voix était plus forte, plus acharnée. Dans ce moment, entre les branches d'un tulipier, j’aperçus un corps velu qui se hissait avec toutes les précautions nécessaires. ‘2 tirai en grande hâte; un miaulement étouffé se fit entenire : Tom était mort. Je lui avais donné le coup de grâce.
Le veneur, à l’aide de son bowie-knife, put se faire jour à travers la clairière, et s'emparer du chat, qu'il déposa à mes pieds.
Cet animal gigantesque pesait quatorze livres, et, landis
que nous l’examinions, tout en empêchant les chiens de déchirer sa splendide fourrure, le juge Daniel s’approchait à son tour et s’écriait :
« Mais, de par tous les diables! ce n’est pas là le chat que j'ai tiré : celui-ci est un léopard, tandis que l’autre était plus gros, plus noir; je l'ai bien vu au moment où il roulait à terre, après la détonation de mon coup de fusil.
— Je pense comme vous, juge, ajouta le docteur, j'ai tiré sur un chat noir; les chiens ont changé nos chats au milieu de ce buisson, que le diable confonde !
— Tant mieux, Messieurs, fis-je à mon tour, nous aurons alors deux chats au lieu d’un. Cà, là, mes chiens! çà, là, tayaut! » Et je poussai les limiers vers le bois touflu, à l'endroit où le juge avait fait feu sur le quadrupède noir. Mais les chiens retournaient vers mon chat, et ne voulaient pas écouter le veneur, qui les ramenait en vain vers la seconde piste.
« Maugrebleu! disait le juge, j'ai donc eu la berlue”? »
Nous voulions donner la curée aux chiens : le piqueur se mit donc sur-le-champ à écorcher l'animal. Lorsqu'il eut entamé la peau, après avoir mis l’échine à découvert, il nous fut facile de reconnaître que ce chat était bien le même que celui sur lequel nous avions tiré chacun à notre tour. Sur les six coups de fusil, quatre avaient porté, et les trous des balles prouvaient que le juge, le docteur, notre hôte et moi, nous avions fait feu sur le même animal.
Le flair de nos chiens était donc meilleur que la vue du docteur, qui confessa son erreur lorsque dans le corps de l’animal on retrouva sa balle, d’une forme toute particulière, logée dans le train de derrière, entre deux tendons. Selon toute probabilité, mon chat avait le poil changeant, et il appartenait à la race des caméléons.
J'avoue que je ne me lassais pas d'admirer les griffes coupantes et pointues de cette bête gigantesque dans son espèce; sa tête plate, ses yeux verts, ses dents aussi aiguës qu'un poinçon, son pelage rougeâtre, moucheté de blanc et
s de déchait à
le chat
re était il rousil.
ur, j'ai hats au
aurons çà, là, uffu, à le noir.
ulaient s la se-
ueur se u’il eut vert, il > même e tour.
s trous hôte et
vue du rps de ‘ulière,
Selon , etil
es COuon esaiguës lanc et
diagonalement traversé de bandes noires. Enfin, lorsque l'opération de l’écorchement fut terminée, quand les chiens eurent dévoré les entrailles fumantes de la bête, dont le corps fut pendu à une branche d'arbre, je pliai la peau, que le veneur glissa dans un sac de toile fait pour:cet usage, et, chacun remontant à cheval, nous continuâmes la chasse, tirant par-ci par-là une gelinotte ou une bécassine dans les swamps que nous traversions.
En chevauchant ainsi, nous parvinmes dans un bas-fond marécageux et couvert d'arbustes touffus, à travers lesquels nous éprouvions de grandes difficultés à pousser nos montures.
Là, nos chiens recommencèrent à donner de la voix : chacun de nous se posta de son mieux, et de temps à autre nous nous levions sur nos étriers pour voir de plus loin et découvrir, si faire se pouvait, quel animal avait été levé par notre meute. Mais le fourré avait l'épaisseur d’une muraille, et l’on ne pouvait rien voir. Nos chiens hurlaient, les yeux hors de la tête, tournant devant nous, près de ce bois impénétrable à nos pieds comme à nos yeux. C'était un composé de sable mouvant et d’eau au milieu duquel des ronces avaient tissé leurs branches épineuses autour de bouleaux aussi droits que des roseaux, dont la cime s'élançait vers le ciel. Ce fort, et c'en était un, était aussi imprenable que ceux... de Kronstadt.
Enfin les chiens s’arrêtèrent : leur voix saccadée et les efforts qu'ils faisaient pour entrer dans le fourré nous prouvèrent qu'ils avaient découvert la retraite de l'animal, quel qu'il fût, et qu'ils le serraient de près.
Le planteur notre hôte, M. Potter, mit en joue, lächa la détente, et lorsque la commotion produite par la détonation se fut évanouie, nous entendimes distinctement un bruit de branches cassées, suivi de la chute d’un corps dans une laque d’eau.
Les limiers s’élancèrent hurlant comme des enragés, et dans la route qu’ils se frayaient à travers les épines se glissa
le piqueur, qui parvint à arracher à leurs pattes et à leurs dents un second chat, plus petit que le premier, mais d’une robe très-éclatante en couleurs et bariolée de dessins bizarres.
Ce n'était point encore assez pour nous; aussi fut-il décidé que nous irions en avant, sans songer aux difficultés de la route.
« Partons, Messieurs, s’écria le docteur, je réponds de la vie, et plus encore de la santé de tout le monde! Hallo! voici nos chiens qui donnent de la voix. Bravo! mes dogs, bravo! »
Et nous lançâmes nos chevaux au petit trot, sur un terrain plus sec, plus ouvert, une sorte de jardin anglais sauvage , moitié bois, moitié gazon, tandis que le piqueur indiquait les phases de la chasse au moyen des paroles suivantes : «(a val... Bien! Allons, Bello!... Par ici, Anbelle! Ah!ils vont à droite. Bon, ils reviennent par ici... Voyez-les!.… Garde à vous! gentlemen!.. Comme ils aboient!... Ferme! Trouvez-le !.. Bien! Ca y est! »
Pendant ce soliloque, la meute avançait toujours, suivie par tous les chasseurs et le piqueur même, qui courail aussi vite que nous, tout en discourant à sa manière. On parvint ainsi près d’un tiré fort épais, où la piste était si fraiche que les chiens n’hésitèrent point un seul instant.
M. Potter nous criait, dans son ardeur sans pareille pour ce sport vraiment plein d’attrait :
« Prenez garde, mes amis, ne gènez pas mes limiers, ne les coupez pas ainsi; restez avec moi. Écoutez la voix particulière des chiens à ce moment où ils sont près de la bête. C'est la clef de sol! Je la reconnais, et certes ce n’est pas un cerf qu'ils poursuivent ; j'en suis sûr maintenant. Tout me porte à croire que c’est un chat. Gare à cet arbre renversé.
« Bien sauté, docteur !
— Très-bien aussi, monsieur le Français ! »
Et , dociles à la voix de notre chef de file, nous arrêtions
\ leurs mais lessins
-1l déltés de
s de la Hallo !
dogs,
in ternglais queur >S Sui- , Anrici…..
ne ils t!»
suivie ourail re. On ait si ant.
pour
s, ne parbête.
st pas Tout ren-
nos chevaux devant un autre fourré, bordé d’un côté par une mare couverte de roseaux. Le fourré était composé de palmiers nains, de chênes, de cèdres et de caroubiers entremêlés de lianes et de vignes sauvages. Par intervalles, il v avait des éclaircies à travers lesquelles nous espérions découvrir l'animal. Chacun choisit sa place, l'œil au guet, le fusil à l'épaule.
Cependant l’ardeur des chiens se ralentissait : on aurait dit qu’ils avaient perdu la piste. Le piqueur les ramenait bien sur la première voie, puis ensuite il leur mettait le nez
sur toutes les clairières; ses efforts étaient inutiles. Nous allions donner notre langue au... chat, quand tout à coup le noble Black décocha un seul coup de gueule qui à lui seul valait... un long poëïme. Le voilà qui se mit à courir sans s'arrêter, jusqu'à une barrière faite de blocs de bois et de pieux, marque de limite d’une propriété. Eureka! il avait retrouvé la piste.
Tout portait à croire que, tandis que nous courions autour du fourré, suivant des yeux les ébats de nos chiens, le chat, car c'en était un, se dérobant à notre vue et au air de la meute, s'était glissé de branche en branche, sans toucher le sol, afin de profiter de cette pause pour gagner le bois voisin, derrière la fence dont je viens de parler.
RE ENS fes ge
ET pe
nl
Black, le nez en l'air, avait découvert cette frauduleuse escapade , et le bon chien nous avait remis sur les traces de la bête.
Nous continuâmes donc notre poursuite, lorsqu’au détour du bois un coup de feu se fit entendre, tiré par un nouveau chasseur, un voisin de M. Potter, qui venait rejoindre la chasse. Il avait aperçu le chat au moment où il cherchait à s'échapper. Malheureusement son fusil était chargé de petit plomb : l'animal avait été piqué... au vif, mais non blessé.
Devant nous, à peu de distance, le chat s'était hissé sur un arbre et sautait de branche en branche, n'osant plus descendre à terre.
Voudrait-il nous jouer encore un tour de sa façon? pensai-je. Allons, mon petit tigre, cette fois tu ne nous échapperas pas!
Chacun de nous mit pied à terre, attacha son cheval à un arbre, et, sans plus tarder, nous restämes immobiles, la détente à l’index, épiant l’occasion favorable. Trois coups de fusil résonnèrent à la fois, mais l’animal n'avait pas été atteint.
« Bon! je le vois, m'écriai-je; il s’élance sur une haute branche. C’est à mon tour. »
Mon fusil était chargé de six chevrotines, je tirai! Le chat grimpa plus haut. J'avais encore un coup à décharger, et, choisissant le moment où maître Tom allait sauter sur un arbre voisin, je làchai la détente : j’eus la satisfaction de le tuer à la volée, et de le voir tomber de cinquarte pieds de hauteur, devant nos camarades réunis tout exprès pour applaudir à mon adresse, dans les gueules de nos chiens, qui paraissaient ouvertes juste à point pour le recevoir.
Hélas ! mes chers lecteurs, ce chat, c’élait.. une chatte bien plus petite que mon gros matou n° 1, mais, en revanche, elle était plus belle et d’une fourrure bien plus brillante que son congénère.
Notre admiration pour ce dernier animal fut de courte
uleuse ces de
détour Juveau dre la erchait rgé de is non
ssé sur at plus
7 pene nous
heval à obiles, s coups pas été
e haute
e chat ver, el, sur un bn de le e pieds ès pour hiens, oir..
chatte en reen plus
courte
durée; car le soleil déclinait vers l'horizon, et nous avions à franchir cinq milles pour retrouver notre diner et les charmantes créoles, filles de notre hôte, à qui nous allions offrir les dépouilles de nos trois chats.
Voilà donc nos chevaux lancés au galop, et lorsque nous entrâmes dans la longue avenue plantée d’acacias qui donnait accès devant la pelouse de Potter’s Cottage, une fanfare sonnée par l’un de nous annonçait à la fois notre retour et notre victoire.
La nappe était étendue sur la table, le couvert mis et le diner prêt. Bientôt chaque chasseur fit, en bien mangeant, l'éloge des plats préparés avec soin par le cordon-noir de notre hôte, à qui je dédie aujourd’hui ce chapitre de mon volume, souvenir lointain d’une amitié sincère et toujours présente : l’amitié de l'estomac!
Les Chasses.
En remontant le cours de la rivière Arkansas, qui a donné son nom à l’un des plus vastes territoires de l'Amérique du Nord, incorporé il y a trente années dans la république des États-Unis, le voyageur arrive bientôt au pied des montagnes Masserne, pics escarpés qui sont la continuation de la chaine des montagnes Rocheuses , les steppes du nouveau monde. Ce pays désert, dont le sol n’est foulé que par quelques tribus indiennes et de nombreux animaux, les seuls êtres qui donnent un aspect de vie à ces solitudes, est couvert pendant huit mois de l'année par un tapis immaculé de neige épaisse. Plusieurs glaciers alimentent des cascades et des courants d’eau qui vont se perdre au milieu des vastes prairies du Sahara américain.
mâl.
Moi long pou aux envi
quet blan gros plac insu
ving
a donné rique du publique pied des ontinuaeppes du oulé que
imaux , blitudes, 4 pis im-
tent des
u milieu
Les ours abondent dans les ravines des montagnes Masserne ; les coqs de bruyère (grouses) se rencontrent à chaque pas sous les couverts de cotonniers, de cèdres et de chênes nains qui croissent entre toutes les fissures des rochers. Les raccoons , les couguars, les coyotes se disputent des proies sans nombre; les oies, les dindons, les quails, les grues, les autruches ! même, car il y a des autruches aux États- Unis , pullulent dans tout le territoire, pour le plus grand plaisir des chasseurs attirés par l’abondance du gibier.
Mais le quadrupède le plus élegant, et dont les hardes innombrables paissent en toute liberté sur les cimes gazonnées de la Suisse des Etats-Unis, est, sans contredit, le bouquetin ?, appelé par les Indiens Shoshones et les Peaux- Rouges Creeks : apertachoekoos, et par les naturalistes sprong-horn (antilope américaine).
Les pionniers qui faisaient partie de l'expédition des colonels Lewis et Clarke, pendant leur voyage à travers les prairies situées entre la chaîne des Masserne et celles dites des montagnes Rocheuses, ont été les premiers à décrire
ce gracieux animal. Comme les chamois et les isards, les bouquetins d'Amérique sont si craintifs et si méfiants, qu’ils ne se reposent jamais qu'aux sommets des précipices et des arêtes d’où ils peuvent dominer tous les chemins aboutissant aux roches qu’ils occupent. Leur vue est si perçante et
1 J'ai vu entre les mains d'un naturaliste de New-York deux autruches; mâle et femelle, qui avaient été tuées dans l’lowa, près du fort des Moines. Elles avaient cinq pieds de hauteur et quatre pieds et demi de longueur, de l'estomac à l'extrémité de la queue. Leur bec mesurait cinq pouces et était fort pointu. À peu de différence près, elles ressemblaient aux autruches d'Afrique. Elles avaient été achetées 1000 dollars (5200 fr. environ ).
2 Nul animal n'est plus gracieux de forme et de gentillesse que le bouquetin d'Amérique, dont les couleurs brunes, noires, rougeâtres et blanches diaprent un pelage long et soyeux. Le mâle est toujours plus gros que la femelle. Derrière chacune de ses oreilles se trouve une petite place noire d'où suinte une liqueur visqueuse dont l'odeur est souvent insupportable, Un bouquetin pèse ordinairement de soixante-dix à quatrevingts kilogrammes.
! leur odorat si subtil, qu'il est toujours fort difficile de les à approcher à portée de fusil. A peine ont-ils compris le ! danger qui les menace, qu'ils s’élancent et passent devant les yeux du chasseur avec plus de vitesse qu’un oiseau au vol.
Tous les soirs, les hardes de bouquetins quittent avec précaution les plateaux escarpés, descendent dans les plaines qui s'étendent au pied des montagnes, et chaque tête marche à la file l’une de l’autre pour aller se désaltérer à la source la plus prochaine. Mais le moindre danger menace-t-il la harde, le mâle, qui marche en tête, pousse un cri aigu, et soudain, retournant sur eux-mêmes, comme le ferait un corps d'armée discipliné, tous les animaux détalent avec la rapidité de l'éclair, le mâle restant toujours à l’arrièregarde, prêt à se livrer aux atteintes du chasseur ou d'un ennemi quelconque, ce qui lui arrive très-souvent.
J'ai entendu raconter au colonel Karney qu'un jour, pendant son voyage à travers les prairies, ayant poursuivi une harde composée de sept bouquetins, il parvint à la rejoindre, à contre-vent, sur une hauteur qui surplombait une chute d’eau dont le fracas devait amortir le bruit de sa marche. Le mâle du troupeau faisait sentinelle el se promenait autour du rocher au milieu de six chèvres. Tout à coup le vent vint à changer et apporta au bouquetin l'odeur humaine , qui trahit la présence du colonel, Aussitôt un sifilement aigu se fit entendre, et les sept animaux disparurent au loin comme une vision. Courir au sommet du rocher qui s'élevait à deux cents pas devant lui, plonger ses regards dans la campagne environnante, fut pour le colonel Karnev l'affaire d’un instant ; mais les animaux avaient déjà franchi l’espace d’un demi-kilomètre, et quand le chasseur essoufilé, n’en pouvant plus, arriva à l'endroit qui servait de pacage aux bouquetins, il les aperçut au moment où ils disparaissaient à l'entrée d’une ravine au fond de laquelle n’aboutissait aucun sentier visible. Avaient-ils franchi en sautant les cinquante mètres qui s'élevaient du fond de la fissure
le de les mpris le sent dein oiseau
vec prés plaines > marche la source G=t-il la aigu, et ferait un ent avec l’arrièreou d'un
Jur, pensuivi une ejoindre,
ine chute marche.
enait au-
coup le leur huin sifileparurent bcher qui s regards
Karnev à franchi bssoufflé, e pacage sparais- ’aboutis-
sautant a fissure
au sommet du roc”? étaient-ils parvenus dans les profondeurs de l'abime par une route connue d'eux seuls? nul ne pouvait le dire, et les compagnons du colonel ne surent point la découvrir. Cette fuite tenait du miracle, tant elle élait incompréhensible et inexplicable.
Un autre jour, le colonel Karney rencontra sur les bords du Missouri un troupeau de bouquetins que la chaleur et la sécheresse avaient forcé de venir s'y désaltérer. Une tribu de cent cinquante Indiens les avait entourés et poussés jusque dans la rivière. Là ces quadrupèdes, qui redoutent l'eau presque autant que le feu des carabines, devinrent presque tous victimes de leur imprudence. « Et, disait le narrateur, c'était un spectacle curieux que de voir soixantedix-neuf victimes dont les cornes polies s’alignaient les unes à coté des autres. »
Les bouquetins tombent souvent dans les piéges que les Indiens tendent à leur curiosité, en se cachant derrière un arbre et en agitant un morceau de drap ou un mouchoir blanc. On voit alôrs l'animal s’avancer jusqu'à ce qu'il arrive à la portée de la carabine du chasseur.
Parmi tous les Indiens de l'Amérique du Nord, les Peaux- Rouges Shoshones sont les plus habiles à la chasse du bouquetin. Lorsqu'ils parviennent à entourer une harde, ils la pourchassent devant eux de manière à la conduire au milieu de la plaine. Là seulement, montés sur d’excellents chevaux, ils se divisent trois par trois, et successivement poursuivent ces animaux effrayés, qui trouvent toujours à chaque détour d’un sentier trois nouveaux ennemis devant lesquels ils sont forcés de faire volte-face. Poursuivis de toutes parts, les animaux ne savent bientôt plus quelle direction suivre, et chacun d’eux devient la proie du chasseur, qui les abat à coups de flèches.
Au nombre des passagers du paquebot /’A4rgo, à bord duquel je me rendais aux États-Unis en 1841, se trouvait un Suisse d’Appenzell, dont le visage ouvert, les bonnes manières et l’affabilité naturelle m'avaient séduit de prime
abord, Sa cabine, par un heureux hasard , se trouvait à côté de la mienne, que je partageais avec un missionnaire se rendant au Canada pour y prêcher la religion catholique aux Peaux-Rouges des déserts du nord. Une intimité charmante régna bientôt entre le Suisse et moi, et nous étions si souvent ensemble, sur le pont, à table, assis l’un à côté de l’autre, que le jésuite, avec une bonne grâce parfaite, m'offrit de prendre la place de mon nouvel ami et de lui céder son cadre. L'échange fut fait séance tenante, et j'aidai moi-même au déménagement.
Nous voilà donc installés, M. Simonds et moi, dans la même cabine, heureux de nous trouver seuls tous deux pour causer, rêver et « poétiser » ensemble, Il est vraiment rare dans la vie de trouver son alter ego, un ami qui pense comme vous, dont les goûts sont les mêmes, les principes identiques, les rêves aussi aventureux; eh bien! cet « oiseau rare » je l'avais découvert, et, sans être parfaits l'un et l’autre, nous nous convenions en tous points.
La chasse et son entraînement irrésistible servaient souvent de texte à nos longues causeries du soir sur le gaillard d’arrière. M. Simonds, dès sa sortie du collége de Fribourg, était allé rejoindre son père, riche fermier qui exploitait alors une immense étendue de terrains entre Glaris et Schwitz, à quelques milles des Alpes, près du mont Saint-Gothard. La vie de pasteur et de chasseur, quelque rude qu'elle soit, avait été de prime abord sympathique à mon jeune Suisse : il avait accepté avec joie les devoirs de la profession qu'il embrassait sans l’avoir choisie, par cette même raison qu’elle s’adaptait à ses goûts et à son naturel. Le gibier abondaïit sur tout le territoire cultivé par la famille Simonds, et le fils aîné du fermier était bientôt devenu le plus habile tireur du pays. La chasse aux chamois, fort nombreux il y a vingt ans dans la partie des Alpes qui avoisine le mont Saint- Gothard, était celle que préférait le jeune Simonds, dont le nom était célèbre parmi tous les habiles tireurs du canton.
Il n'entre pas dans le cadre de cet article de raconter les
It à côté aire se holique lé chars étions 1 à côté arfaile, Lt de lui t j'aidai
dans la ux pour nt rare i pense rincipes et « oiits l’un
ent sougaillard ribourg, ait alors chwitz, iothard.
blle soit, Suisse :
on qu'il à qu'elle hbondait s, et le abile tixXilya ht Saintdont le nton.
bnter les
causes qui amenaient en 1841 M. Simonds aux États- Unis; il me suffira, pour l'intelligence du récit qui va suivre, de dire que mon ami, après avoir perdu tous les membres de sa famille, émigrait en Amérique, emmenant avec lui plusieurs bergers de son pays et allant fonder avèc eux une colonie sur les limites des prairies du West.
A New-York, nous nous séparâmes, bien à regret, M. Simonds et moi; lui allait droit au but, vers l'inconnu ; moi, je restais au milieu d’inconnus dans un monde à moitié civilisé, Nous nous promîmes de nous écrire; j'engageai même ma parole d'aller un jour ou l’autre rendre une visite au trappeur européen, quel que fût le lieu où il aurait construit son log cabin, et chacun de nous tint rigoureusement sa promesse,
C'était en 1845 : M. Simonds, établi sur les penchants ouest des monts Masserne, à l’angle nord de l'État de l’Arkansas , sollicitait depuis trois ans « le plaisir » de ma visite dans sa plantation agreste, qu’il avait baptisée d’un nom cher à ses souvenirs : Appenzell-Bottom (la vallée d’Appenzell). Les vacances étaient arrivées, je me décidai un matin à me hasarder dans un chemin de fer, et me voilà en route pour la Suisse américaine. Dix jours après mon départ de New-York, j'étais arrivé à Fayetteville, et le lendemain, au coucher du soleil, mon guide m'amenait sur les bords d’un petit lac entouré de magnifiques peupliers couverts d'oiseaux aquatiques de toute sorte et presque apprivoisés, à l'extrémité duquel s'élevait un chalet suisse très-habilement construit. Cà et là, de petites cabanes, deslinées aux usages domestiques de la ferme, ajoutaient au pittoresque de ce paysage. C'était la demeure de mon ami Simonds.
Quelle joie nous eûmes à nous revoir! Comme les heures qui suivirent cette réunion s’écoulèrent rapides et trop courtes! Je laisse à penser à mes confrères en saint Hubert toutes les questions adressées par moi à ce hardi pionnier qui n'avait pas reculé devant un exil au milieu d’un désert, et qui vi-
ÿ h | ‘T4 | EU | LA.
MER 1 (Où V2 OU Ne l [4 u 4
rt TE DE eo ee
vait là, seul, en garçon, avec unc vingtaine de nègres vaquant aux travaux de la ferme et sept bergers de son pars, tous bachelors comme leurs maîtres, dont les seules occupations étaient de veiller à la garde d’un nombreux trou peau, qui prosperait d'une manière surprenante sur les pilurages d’Appe nzell - Bottom.
Naturellement notre conversation roula sur la chasse, et entre autres sports dont mon hôle me promit la jouissance, ii mentionna une battue aux bouquetins sur les pics Masserne. J'avais entendu parler en Europe de la chasse aux chamois et aux isards sans l'avoir jamais faite : aussi cette proposition me remplit-elle d'une grande joie.
À quelques jours de là, tous nos préparatifs étant faits, il fut décidé que nous irions rejoindre les bergers de M. Simonds, et nous partimes tous deux, un dimanche soir, mon hôte et moi, afin d'aller demander un gîte à un voisin dont la métairie était située à cinq milles d'Appenzell-Bottom. Le compatriote et l'ami de M. Simonds était un vieillard septuagénaire , entouré d’une famil'e nombreuse, dont l'hospitalité fut «suisse » dans toute l'expression du mot.
Dans ces lieux relégués au centre des prairies du nouveau monde , où l'influence délétère des populations européennes n’a point encore pénétré, où les mœurs sont à la fois pures et patriarcales , les usages religieux du vieux continent sont observés avec une scrupuleuse fidélité. Aussi, après le repas du soir, l’aïeui prit-il une bible de Luther, pour lire à haute voix un chapitre dans le livre ouvert au hasard. Les femmes, quittant leurs travaux, s'étaient assises autour de leur père , toutes d’un côté; les hommes en avaient fait autant , et not : les avions imités, Simonds et moi, quoique appartenant à une religion différente.
Le lendemain matin, bien avant l'aube, armés de nos fusils, chargés de nos gibecières, nous avions découplé nos chiens pour nous remettre en route. Le sentier que nous gravissions avec peine était tortueux et peu frayé. Une nuit profonde s’étendait dans ces gorges aux abîimes dangereux :
ces lout autour ‘e nous se hissaient des roches scmbres et es ardues , éclairées par les pâles rayons d'une lune à moitié oi voilée par les nuages. On aurait pris volontiers ces blocs de née pierre, eu égard à leur forme capricieuse et imposante, pour des géants ie à préposés à la garde des montagnes.
nee. Devant nous, au bruit de nos pas, Mise fuvaient des oiseaux nocturnes, qui, ue voltigeant sur nos têtes, disparaisdoit saient bientôt dans l'obscurité. A mesure que nous montions, le jour paits raissait s'élever avec nous : les étoiles \L. Sie ° disparaissaient absorbées dans l’azur Fe éthéré; la lune, blanche et pâle comme ere un fantôme qui s’évanouit, semblait PS fuir derrière les pointes élevées de la sd chaîne des Masserne.
ho Nos chiens, libres et abandonnés à eux-mêmes, faisaient souvent voler Rss hors de portée des gelinottes, cachées en sous quelque roche ou dans les branpures ches des 1whortleberries | les airelles a) qui tapissaient les parois abritées repas contre le vent. Enfin, le soir, après LL une marche fort pénible, nous arrire vimes aux bergeries de mon ami Si- ME monds, situées sur une des « tables », { fait vasies plaines au sommet des mon- Loique tagnes Masserne.
Chaque année, au mois de juin, les Ps hergers d'Appenzell- Bottom conduiee aient leurs troupeaux sur cet immense | plateau pour les faire pacager. Au ARR sommet d’une éminence préservée des coups de vent par une ne roche granitique, 1ls avaient construit des huttes à moitié
creusées dans la pierre et recouvertes de toits en terre, dont
pe *
l'existence ne pouvait être soupçonnée que par ceux mêmes qui les avaient bâties. Ces cabanes étaient dispersées de manière à entourer le troupeau et à le défendre, en cas d'attaque, contre les coyotes, très-nombreux dans ces parages. Un fagot d’épines de whortleberries fermait l’entrée basse et étroite de ces abris primitifs.
Ce qui me fit découvrir ces huttes, ce fut l’épaisse fumée qui s’échappait de l’une d'elles. En nous approchant du seuil, nous fûmes reçus par un des bergers, qui nous attendait depuis la veille, prévenu de notre arrivée par un des nègres que M. Simonds avait envoyés en avant avec des vivres et des munitions. Le pâtre de Masserne était un homme dans toute la force de l’âge; il paraissait avoir une quarantaine d'années; son visage hâlé, ses cheveux longs et frisés retombant sur le cou, lui donnaient un air presque farouche, sans compter que ses vêtements, faits de fourrure et l’enveloppant de la tête aux pieds, l’auraient fait prendre pour un ours de la plus belle venue. Il avait été laissé dans les huttes pour préparer la nourriture de ses compagnons, et nous étions à peine assis sur le devant de la porte de la résidence principale de ces montagnards, que les autres bergers débouchèrent par un des « cols » de la «table », escortant et poussant devant eux un troupeau de dix mille moutons, chèvres, alpagas, vaches et taureaux. C'était vraiment un spectacle remarquable que celui de tous ces animaux domestiques, s’acheminant à pas lents, faisant « sonner leurs sonnettes », maintenus dans un ordre parfait par une douzaine de chiens énormes, aux queues panachées, au pelage noir comme du jais. En peu de temps le troupeau fut parqué pour la nuit, et alors chaque berger songea à son souper. C'était le moment au « rapport », et il se fit pendant que chacun d’eux mangeait une bonne soupe d'oisnons et un morceau de viande bouillie, que le maitre arrosa d’une rasade de brandy.
Un troupeau de dix-neuf bouquetins avait été « revu » à cinq milles de la bergerie, paissant tranquillement sur une
nêômes e ma- -dl'ats rages.
isse et
fumée nt du us atan des ec des ait un ir une ngs et resque urrure rendre i dans nons,
de la autres ble » , mille C'était 1S ces aisant Jarfait chées, upeau \L'ea à se fil » d’oi-
re ar-
ir une
«table » escarpée , bordée d'un côté par un ravin, au fond duquel coulait un torrent alimenté par les sources et les neiges de la chaîne Masserne. Depuis cinq jours ils n'avaient pas quitté ce pacage, et le matin mème, avant midi, un des bergers les avait aperçus, paisiblement couchés dans l'herbe, protégés par une sentinelle qui veillait sur le sommet du roc.
On décida à l’instant même qu'on partirait avant le jour pour se rendre directement au Pic-du-Diable {Devil’s peak): car c’est ainsi que les bergers avaient appelé le plateau sur lequel nous devions le lendemain tenter la chasse aux bouquetins.
Le soleil se leva radieux, la journée était magnifique, et quand les premiers rayons dardèrent au sommet «les pics neiseux des Masserne, nous étions tous postés, M. Simonds, un des bergers, le nègre de mon hôte et moi, aux différents passages de la « table ». Le pâtre qui devait conduire la chasse m'avait placé près d’une crevasse large d'environ huit mètres, de laquelle mes veux, de peur de vertige, se refusaient à mesurer la profondeur. Après m'avoir recommandé d'observer le plus profond silence, et de garder une immobilité parfaite, tout en me tenant prêt à tirer, il me quitta pour aller rabattre le gibier.
Une demi-heure se passa dans cette attente. Je m'étais muni d’une lunette d'approche, et je regardais en vain, pour tuer le temps, sur les rebords, au sommet des précipices. Enfin j'aperçus bondir un bouquetin à près d’un quart de lieue, et ce premier animal fut bientôt suivi de cinq ou six autres, qui s’arrètérent l'oreille au guet, leril crand ouvert, le nez au vent, piétinant de temps à autre et prêts à s’élancer. Le moment était solennel : ma joie ne se contenait plus.
Par un phénomène très-ordinaire dans les chaînes des Masserne, un brouillard assez épais nous enveloppa tout à coup; la chaleur était accablante, tout présageait un orage qui ne tarda pas à éclater. Le tonnerre gronda sourdement sur
nos têtes, à nos côtés, sous nos pieds : j'étais abrité sous un cèdre aux branches touffues, persuadé que la foudre n’atteindrait pas un arbre résineux. Hélas! je l'échappai belle! le feu du ciel tomba à trente pas de moi et fendit une roche énorme. L’obscurité profonde qui régnait autour de moi, les volées de corneilles qui tourbillonnaient sans savoir où trouver un abri, tout semblait se liguer pour rendre la scène que je cherche à décrire horrible et sublime à la fois.
Bientôt de larges gouttes commencèrent à tomber, les ravins se changèrent en d'innombrables torrents , en cascades mugissantes, entraînant tout ce qui se trouvait sur leur passage. On eût dit que le cèdre qui me protégeait contre le déchaînement de la tempête, fouetté par la pluie et agité par le vent, poussait des cris plaintifs. L'eau ruisselait de toutes parts à travers ses branches feuillues.
Peu à peu cependant un vent du nord se leva, qui chassa les nuages : le soleil reparut, et la nature rentra dans sor calme primiuf J’aperçus bientôt le berger au sommet d’un des mamelons qui surplombaient la « table », et quelques secondes après cinq coups de fusil furent répercutés par tous les échos des montagnes. Le pâtre, pareil à une statue, se tenait debout sur une roche : je le vis me faire signe de la main, mon cœur battait à tout rompre, mes veux s’ouvraient larges et immobiles. Je tenais mon fusil à deux coups prêt à faire feu. Enfin cinq bouquetins bondissent à vingt pas de moi; j'en choisis un; je le vise : mon fusil ne part pas. Je tire alors la détente du second coup, et l’animal tombe foudroyé à quelques lignes de l’abîme, au-dessus duquel les quatre autres s’élancent et disparaissent le long d'un sentier taillé dans le roc, sur l’autre bord.
J'aurais dû me trouver très-satisfait du coup heureux qui me mettait ainsi à même de me giorifier de la mort d’un bouquetin : eh bien! je le confesse , je regrettais ma mauvaise chance, je maudissais l'humidité qui avait pénétré sous ma capsule et avait annihilé le pouvoir de la poudre
SOUS Judre appai endit utour
sans
pour blime
> r'acades F pastre le agité ait de
hassa S SO) d'un ques s par tatue, signe veux deux ent à sil ne l’aniessus long
X qui d’ur nmauinétré budre
fulminante. Au lieu d’un bouquetin, j'aurais voulu en tenir deux.
Je hélai les autres chasseurs, qui arrivèrent bientôt près de moi. M. Simonds avait fait un coup double, son nègre avait aussi tué un bouquetin ; mais l’animal, frappé au défaut de l'épaule, bondissant de rochers en rochers, était allé se perdre dans les eaux d’un torrent. Quant au berger, il avait vu trois bêtes de la harde, mais sans pouvoir les ajuster à portée.
Bref, nous revinmes aux huttes de la bergerie avec trois énormes quadrupèdes , dont les cornes brillaient au feu du soleil couchant comme si elles eussent été déjà polies par les mains de Verdier.
Tous les animaux, en général, se trouvent saisis d’une terreur panique à la décharge d’un coup de fusil, et s'ils ont échappé au plomb meurtrier, ils fuient comme ils peuvent, avec toute la rapidité que leurs pids ou leurs ailes donnent à leur frayeur. Le peccari est le seul peut-être dans la nature qui ne peut être accusé de cette pusillanimité. Je dirai même plus, il m'a été prouvé que si le bruit d’un coup de fusil ressemblait à celui des détonations volcaniques de l’Hécla ou du Chimborazo, au lieu d'être tout simplement une explosion très-ordinaire , te peccari sentirait redoubler sa rage, et deviendrait plus irrité à mesure que le danger augmenterait. Cet animal semble être tout à fait insensible à ces influences nerveuses, à ces soubresauts inévitables que le bruit, sous quelque forme qu'il se produise, fait éprouver à l’homme et à le bête. Quoique la taille du peccari ne dépasse pas ordimairement soixante centimêtres de hauteur
et un mètre de longueur du gsoin à la naissance de la queue.
s d’une et s'ils ls peurs ailes re dans nité. Je An coup ues de blement oubler danger sensible bles que Jrouver
ne dé-
auteur
queue.
il n’en est pas moins un des animaux les plus dangereux de l'Amérique du Nord.
Les peccaris vivent en troupeaux dont le nombre varie de dix à cinquante. Leurs mâchoires sont ornées de boutoirs pareils à ceux du sanglier, mais droits au lieu d'être recourbés comme ceux de leurs congénères, et ils sont, peutêtre à cause de cette forme, plus terribles et plus meurtriers. Ces défenses redoutables, aussi tranchantes que la lame d’un rasoir, ont une longueur qui varie de dix à douze centimètres. Les mouvements des peccaris sont rapides comme ceux d’un écureuil ; la force de leurs épaules, de leur cou et de leur tête est telle, que rien ne peut résister à leur impétueuse attaque. L'expérience a prouvé aux chasseurs que, les peccaris n’hésitant jamais à s’élancer sur ce qui s’oppose à leur passage, être animé ou objet sans vie, avec ou sans provocation, le plus sûr moyen est de fuir lorsqu'on les rencontre. Comme ils se ruent habituellement en masse sur ce qui gène leur marche, et qu'ils se battent jusqu’à ce que le dernier d’entre eux soit tué, il est absolument inutile de leur faire tête; car ils couvriraient de blessures l'homme ou l'animal, quelles que fussent sa force et sa taille, et la victoire coûtcrait plus qu'elle ne vaudrait.
Tout fuit donc à la rencontre de ces animaux, hommes, chiens et chevaux ; c’est un sauve-qui-peut général, et le peccari américain est la terreur des Nemrods du nouveau monde,
Cet animal bizarre est sans contredit l'intermédiaire du genre cochon domestique et du sanglier des bois. La forme de son corps se rapproche plus de celle du porc; mais ses soies, clair-semées sur une peau rugueuse, ont la facullé de se hérisser comme les piquants du porc-épic aussitôt que la colère se manifeste chez lui; et en cela il ressemble plus au sanglier qu'à tout autre de la race, Les soies du peccari sont colorées par zones, la partie la plés rapprochée de la peau étant blanche, et la pointe d’une teinte chocclat. Les peccaris n’ont pas de queue. Cet appendice est remplacé