‹ Chasses dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 47 sur 79 · RUE · texte numérisé non relu

RUE

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s’occupait ainsi, M. Howard et moi nous coupions du hois pour la provision, et des branches de cèdre qui, disposées sur le sol, allaient devenir les matelas sur lesquels nous devions passer la nuit. Sur cette lilière improvisée, nous étendimes nos couvertures de laine, et je puis assurer mes lecteurs que notre couche n'était point trop mauvaise.

Le crépuscule avait fait place aux ténèbres ; Monaï allumu une torche de résine, et la plaça dans un des angles de la cabane : notre souper fut dévoré en quelques instants, et bientôt après, les pieds devant le feu, et la tête enveloppée dans nos couvertures, nous ronflions tous les trois à qui mieux mieux.

Deux heures avant l'aube du matin, je fus réveillé par Monaï, qui s'occupait des préparatifs de notre chasse. La porte de la l/og-cabin était ouverte, et de mon lit de cèdres j'apercevais un ciel sans nuage et l'étoile du matin qui brillait à l'horizon. L'air était fort vif; mais comme aucun vent ne souftlait, le froid était très-supportable, D'un seul bond je me levai, et grâce à l’eau d'une source que j'avais vue sourdre au pied d’un pin gigantesque, à quelques pas de la hutte, je sortis bientôt de l’engourdissement qu'on éprouve toujours lorsqu'on couche tout habillé, Je me sentais si dispos, que, sans y songer, je me mis à chanter à pleine voix:

Amis, la matinée est belle!

Mais à peine avais-je terminé ce premier vers, que M. Howard, se précipilant hors de la hutte, me cria d’une voix terrible :

« Taisez-vous donc, malheureux! Silence ! ou vous allez faire fuir le gibier à deux lieues de distance. Les caribous ont l'oreille aussi fine que les lièvres de votre pays, et leur instinct est bien plus gran que celui d’un renard. »

Monaï, de son côté, murmurait dans sa langue une malédiction à mon endroit, que M. Howard put seul comprendre.

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