‹ Chasses dans l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 62 sur 79 · DRE LES · texte numérisé non relu

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grand diable qui m'avait joué le mauvais lour que je viens de raconter n'avait pas cru devoir manquer l’occasion de se faire valoir auprès de ses compatriotes. Il se crut même autorisé à les faire rire à mes dépens; mais , à travers mes lunettes, je le regardai d’une manière si furibonde qu'il s'arrêta et changea le texte de ses plaisanteries, me donnant la satisfaisante revanche d'avoir, moi « Visage-Pàle », fait rougtr.….. de sa conduite un trappeur sioux,

Le lendemain matin, après une nuit paisible dont le calme fut seulement interrompu par les hurlements des chiens du camp, qui d’un commun accord nous régalèrent de la plus affreuse musique par laquelle un homme harassé de fatigue puisse jamais être tenu éveillé, toute la tribu se mit en route, tandis que nous continuions à chasser, comme nous l'avions fait la veille, sur les ailes de la caravane.

Ce jour-là, nous tuâmes un grand nombre de prairiehens, sorte de faisan qui fourmillait dans les hautes herbes, et qui se levait devant nos chiens avec autant de nonchalance qu'une poule dans une basse-cour.

Le soir, lorsque nous revinmes au camp, nous trouvämes nos alliés abrités le long d’un bois de cotonniers et de chênes nains, à travers lequel un ruisseau se creusait un passage.

Au milieu de la nuit, le terrible cri : Au feu! se fit entendre. Nous fûmes tous réveillés par les hurlements horribles des Indiens, qui, dans la plus grande confusion, se hàâtaient de fuir vers le nord, dans la direction d'une haute montagne dont les pentes s’élevaient au milieu d'un lac. En effet, à trois milles derrière nous, la prairie avait pris feu, et les flammes s’avançaient avec la rapidité d’un cheval au grand galop, poussées par un vent qui menaçait de se changer en tempête. Rien ne peut être comparé à la sublime horreur de ce spectacle! Qu'on se figure un linceul de feu, une trainée de poudre s’élançant avec un crépitement inferral, des formes fantastiques, des animaux de toutes sortes qui fuient au galop pour échapper à la mort.

Lorsque nous arrivämes sur les sables qui bordaient le

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