‹ Chasses de l'Algérie et notes sur les Arabes du SudChapitre 17 sur 31 · SON PACTE AVEC UN LION · texte numérisé non relu

SON PACTE AVEC UN LION

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Fe à jaivei, en 1844, à Téniet-el-Hàäd, comme chef du bureau arabe, je connaissais déjà El-Arbi-el- Hayäni, alors khalifa (‘) du bach-aga Ameur-ben-Ferhat, et caïd des Beni-Hayäne.

Depuis une quarantaine d'années, cet homme était

possession d'une réputation d'audace et de bravoure

ses exploits avaient entretenue et augmentée

termes de comparaison dans le pays. On disait s plus réussis : « C'est comme El-Arbi-el-Hayäni à le époque, dans telle circonstance. »

Sa réputation avait encore acquis un nouveau relief les dernières années, par les services qu'il avait

Il s'était trouvé à toutes les affaires sérieuses qui eurent pour théâtre le massif montagneux du Ouarsenis et les hauts plateaux du Sersou.

Il connaissait nos généraux et était connu d'eux.

Il les appelait familièrement Bugeaud, Changarnier, Saint-Arnaud, etc.

Quand il racontait le rôle qu'il avait joué près d'eux

dans les grandes occasions, il assumait de très bonne foi la responsabilité ou le mérite de certains actes et s’exprimait ainsi : « Bugeaud, le jour de sa bataille avec les Beni-Boukhennous et leurs alliés, allait faire

tel mouvement, lorsque je lui dis : « Bugeaud, crois- » moi, je connais ces chiens-là et toutes leurs ruses.

» Voici ce qu'il faut faire. » Il accueillit ma parole. et nous avons gagné! » Ou bien : « Voussavez, mes enfants, la bataille de l'Oued-Fodda ! elle a été rude ! Heureusement j'étais avec Changarnier, je ne l'ai pas quitté; quatorze fois nous avons chargé ensemble, et ‘ à chaque fois Changarnier me disait : — « El-Arbi, les » Arabes fatmas ! » — C'était vrai, nous les renversions comme des femmes! ma balle ne tombait pas à terre. — Et avec Saint-Arnaud donc ! Vous rappelez-

vous la grande razia que je lui fis faire sur les Beni- .

Maïda ? — J'eus assez de peine, c'était la première fois

que le Roumiallait si loin. Il y avait une longue marche. de nuit à faire, de mauvais chemins; mais je dis à - Saint-Arnaud : « Ecoute, je vais aller moi-même à la

» découverte; je guiderai ta cavalerie, mon fils con- » duira ton infanterie, et nous prendrons cette tribu » qui ne veut pas se soumettre. » Quel succès nous avons eu là ! — Aussi Saint-Arnaud me donne toujours la main quand il me voit et me dit : « Bono Larbi!»

En dehors de ce qui était guerre, combats, aven-

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