PRÉSAGES
Les Arabes, quoique musulmans, ont conservé des anciennes habitudes païennes et idolâtres de leurs ancêtres, des coutumes, des croyances et des superstitions que la religion de Mahomet n'a pu complétement détruire. ;
Ainsi, ils sont très accessibles aux présages. Il y en a d’une infinité de sortes et pour tous les actes de la vie. Je veux en citer quelques-uns.
Le présage par les corbeaux est généralement admis quand il s’agit de départ pour voyages, chasses, combats, etc.
Voir deux corbeaux à sa droite est un bon présage; — n'en voir qu'un, et à gauche, en est un mauvais.
S'entendre rappeler quand on a commencé la marche pour un départ — est un mauvais signe. C'est la n'echa (1).
Entendre, dans les mêmes circonstances, des mots
signifiant joie, bonheur, bien en général, — bon pré-
sage.
Rencontrer de jeunes et jolies filles, — bon présage.
Rencontrer une vieille femme, un borgne, un aveugle, un lièvre, — mauvais présage.
Voir, au moment du départ pour la chasse, une haouma, réunion de corbeaux qui décrivent en l'air des cercles concentriques, — excellent présage, signe infaillible de succès.
On pourrait multiplier ces citations à l'infini. Je n'ai fait mention de celles qui précèdent que pour donner une idée de cette croyance aux présages chez les Arabes sahariens.
(‘) De n’echa, retenir, retirer, empêcher.
= La divination joue aussi un assez grand rôle sur l'es- prit crédule des Arabes. La plus connue et la plus ac- créditée est la divination par le ketef (*) des moutons dépouillé de sa chair.
__ Les devins ou prétendus tels y lisent l'avenir et aflirment qu'un tel sera tué dans telle rencontre, — mourra de telle mort; — — que d'autres seront riches, glorieux, u vbtiendront du pouvoir, — se marieront avec les femmes à Parts aiment, etc., etc.