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| RU robde hesiieur: ae couronné par un buisson au milieu duquel s'élevait beau chène vert. 4 queurs, en approchant de ce repaire, ne dou- | isiont pas que la bête qu'ils suivaient n'y fût réfugiés. Ils redoublérent donc de précautions; mais, après avoir fouillé le buisson, ils reconnurent qu'il était vide. Is à s'en étonnérent beaucoup, parce que les traces y péné- traient et ne reparaissaient plus dans aucune direction. ee = Us allaient revenir sur leurs pas, Jorsque Kaddour __ s'avisa de lever la tête et de regarder dans l'arbre.
È Fa Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant, tapie et allongée le long d'une grosse branche, la panthère qu'ils > poursuivaient! Pour se soustraire à une rencontre que sans doute elle redoutait , elle avait grimpé comme un chat et cherché un refuge dans les branches du chêne. Kaddour, par une exclamation involontaire, eut bien vite attiré l'attention de ses compagnons sur leur ennemie, et celle de celle-ci sur lui-même en la fixant du regard et en l'ajustant de son fusil. Quatre ou cinq coups de feu qui partirent presque en même temps atteignirent la panthére en plein corps. Elle tomba lourdement au pied de l'arbre.
__ Kaddour, la croyant morte, s'avança pour la voir de près, mais mal lui en prit. La panthère avait encore une | grande vitalité; en voyant son principal agresseur s'abe vancer, elle s'élancça vers lui.
Kaddour, assez surpris, mais imaginant qu'elle était trop blessée pour être redoutable, pes son fusil qui était déchargé, tira la lame de sa chir'a (*) et voulut se dé- fendre. Mais il avait à peine fait ces mouvements que la
4 — (‘) Sorte de couteau de chasse, très aflilé et très pointu,
panthère était sur lui, la gueule béante et la griffe haute !…
D'un mouvement instinctif et comme pour se préserver des morsures, Kaddour enfonca résolument son bras gauche dans cette énorme gueule en essayant d'en saisir la langue; en même temps, de sa main droite, il portait des coups de son arme sur les pattes et sur le flanc de la panthère.
C'était, comme on le voit, une véritable lutte corps à corps, dans laquelle n’osaient même pas intervenir les frères du malheureux, qui appelait à l’aide.
En quelques secondes, il fut renversé par la panthère, qui s’accroupit sur lui et se mit à le labourer de ses griffes et de ses crocs.
A cet instant seulement, ceux qui n'avaient pas tiré saisirent un peu d'immobilité dans le groupe, appuyèrent le bout de leurs fusils sur les reins de la bête, firent feu et la foudroyèrent sur le corps de leur infortuné compagnon.
Kaddour ne donnait plus signe de vie; il avait le bras gauche broyé jusqu'au coude, la peau du crâne et de la figure était lacérée, l'œil gauche arraché; sa poitrine, enfin, sur laquelle s'étaient exercées les pattes de la panthère, n’était qu’une plaie.
C'est dans cet état que Kaddour fut rapporté dans sa tente, où l’attendaient les lamentations de ses femmes et de ses enfants. :
Cependant on s’apercut qu'il respirait encore. On lui prodigua tous les soins imaginables, et, contre toute espérance, il guérit de ses graves et nombreuses blessures. Mais le pauvre homme resta défiguré, et, pour ne pas être un objet d'horreur, il était obligé de se voiler la moitié de la face avec son haïck.
| 4 de ses ie les détails qui précèdent. :
« Eh bien, lui dis-je, quand il vint me toucher la
main , les panthères ne veulent donc te laisser aucun
répit? Est-il vrai qu'elles s'attaquent encore à tes bes-
F taux?
»— C'est vrai, me répondit - -il, c'est la volonté de Dieu ; que puis-je y faire, du reste? tu vois comment j'ai été traité. » Et il me montrait son bras mutilé, sa
pi, qui ne conservait plus rien d'humain. —«Jene 41 puis même plus essayer de me venger », pe -t-il 10
avec tristesse et résignation. “0 Je n'avais certes pas besoin d'être stimulé, mais l'é motion que je ressentis en considérant Kaddour - ben- Moussa augmenta encore mon désir de tenir une pan- thère au bout de mon fusil. Je lui dis alors mon projet,
et lui demandai les renseignements nécessaires pour
le mettre à exécution.
Nous convinmes que, pour avoir plus de chance de
tirer la bête, qui venait chaque soir s'attaquer à ses bœufs, il fallait s'embusquer près du douar, attacher, . pour mieux l'attirer, un appât près de l'affût, et cela le oir même.
A n'y avait donc pas de temps à perdre. Je partis + immédiatement avec Kaddour et son khodja (!}, Si- | | Abmed-Merzouga, qui me supplia de le laisser se mettre ai … près de moi, non pour tirer, il n'y entendait rien, mais pour voir ce qui adviendrait de la panthère, qu'il cou vrait à l'avance de toutes ses malédictions.
Quand nous arrivämes au douar de Kaddour, le
soleil allait bientôt se coucher. Nous fimes aussitôt,
nat. LCR ait
€} Ahodja, seritaire.
5 St Rte.
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avec l'aide des gens de bonne volonté, un trou dans lequel je devais me placer avec Si-Ahmed, qui y tenait plus que jamais, depuis qu’il avait entendu les récits lamentables des femmes et des vieillards.
Le trou creusé, je le fis entourer de petites branches d'arbre de facon à simuler un buisson naturel; puis je fis attacher, à la distance de cinq pas, sur une petite élévation (‘), les restes d'une génisse tuée la veille par la panthère, presque à l'endroit même où nous étions.
Ces dispositions à peine achevées, le soleil slétait couché; les bestiaux avaient été rentrés dans l'enceinte du douar, le moment était venu de nous glisser dans notre trou; ce que nous fimes.
Les habitants du douar nous souhaïtèrent l’aide de Dieu, puis rentrèrent dans leurs tentes, en fermant avec de grosses branches le passage de la haute haie qui les entourait.
Une fois dans notre affût, nous primes chacun la position qui nous parut la plus commode pour passer la nuit.
Je me préoccupai surtout de bien découvrir l'endroit où viendrait se placer la panthère pour achever les restes de la génisse; je dirigeai le canon de mon fusil dans cette direction. Cela fait, je me mis au repos et l'attente commenca !
On a déjà écrit les Æéflexions d’un chasseur à l’affut.
(*)}-Sur une petite élévation, c’est-à-dire de facon à ce que la bête qui viendrait pour manger se détachât bien nettement dans le ciel. J'ai tou= jours eu soin d'établir ainsi mes affüts, ce qui m'a permis, même par les nuits les plus obscures, de bien voir les bêtes qui venaient rôder autour de l'appât ou y mordre, et de placer ma balle à peu près où je voulais; tous les autres procédés, tels que mettre du phosphore ou un brillant au guidon, etc., ne valent pas la manière que j'indique.
fñte un renard, un lièvre, un lapin, avait l'imagination ssez libre pour la lancer à travers les souvenirs du
losophiques.
Il en est, je pense, autrement quand on attend un ion ou une panthère ; l'importance de la bête est alors assez grande pour fixer la folle du logis elle-même sur cet unique sujet. Il est vrai qu'elle n’y perd rien; il aut voir, la vagabonde, à quel travail elle se livre!
Je vais essayer de donner une idée des évolutions u’elle accomplit en pareil cas.
4 D'abord elle pose cette question : « La bête viendrat-elle? »
Pour y répondre, elle se livre à de nombreuses con- | sidérations hypothétiques.
Première considération : sur le temps qu'il fait. À ILest froid, sec et clair, quoiqu'il n'y ait pas de lune. - Les étoiles scintillent au firmament... Comme elles sont nombreuses et qu'on aimerait à les regarder, si on n'avait que cela à faire! En résumé, temps favorable, pas de vent, — c'est parfait.
Deuxième considération : — La panthère, à en juger après la quantité de chair absorbée la veille, n'aura pas faim avant minuit. À la rigueur même, elle pourrait se passer de manger pendant deux jours ! Triste perspective !.… Si elle allait ne pas venir ! Si elle allait chercher fortune ailleurs! — Trop triste vraiment, — Vite, examinons des chances plus favorables. __—1ly a peut-être deux panthères? C'est probable;
passé, ou dans la conception d'idées abstraites et phi-
plusieurs vaches mangées en peu de jours! — Il doit même y avoir des petits? Certainement il y en a. Voilà qui explique la grande consommation.
— Alors, une panthère au moins viendra achever le repas commencé la veille, ou il ne faudrait pas avoir la moindre chance. — Bon! c'est très rassurant cela !
Troisième considération : — Mais si elle vient, ne flairera-t-elle pas l'embñche? Ce buisson n'était pas là nier...etilestassez eu réussi. — Cette odeur de terre fraichement remuée… voilà bien de quoi lui donner de légitimes soupcons. — Mais quelle apparence ?... — Il n’est:
pas probable que les panthères aient
Ca pinles., des notions exactes
sur le temps que
mettent les arbustes à pousser. Et puis il est bien connu
qu'elles n'ont pas une très grande finesse d'odorat ! — Très bien encore.
Quatrième considération : — Comment se présentera la panthère quand elle viendra mordre à la génisse, — de flanc ou de face?
— Il vaudrait mieux de flanc, la surface est plus grande et le cœur plus à découvert. — Comment est chargé le fusil? Bien, j'imagine; bonne mesure de poudre, deux balles mariées dans chaque canon, capsules à bombes mises sur les cheminées pleines de poudre. Pas de ratés possibles ! — Très bien cela.
4 panthère une fois tirée?
—Ilest que cet animal soit tué raide ; elle foncera probe ent sur le coup, à moins que la lueur de la détonation ne ones et la jette de côté. — On verra bien!
Jei la folle du logis, qui a fait beaucoup de chemin sur ces thèmes qui ne sont indiqués que très sommai- rement, donne une attention toute particulière à des ‘4 aboiements d'ensemble, qui indiquent que tous les chiens qui y prennent part ont une même manière d'apprécier # ce qu'i ‘ils flairent.
— Est-ce la panthère?.… Ce doit être elle!
Oh! alors. le cœur s'en mêle, il bat plus fort. La respiration devient bruyante. Il faut ouvrir la bouche . pour lui donner plus de jeu et ne faire aucun bruit révélateur.
Deux minutes, trois minutes se passent, les chiens » se calment. — Ce n'est pas encore elle!
. avec variantes et considérations nouvelles.
. {il doit être onze heures. Il gèle.…. J'ai très froid aux - pieds et aux mains. Je me décide à me couvrir de mes > burnous, la chaleur provoque un peu dé somnolence.
Dans la crainte de céder au sommeil, j'éveille mon compagnon qui dort depuis près de deux heures. Je | Jui recommande de veiller à son tour et de me prévenir || s'il entend quelque chose.
= La précaution était bonne. Je m'endors, pendant que la folle révasse et fait défiler devant elle une légion | de hôtes de toutes dimensions et de tous poils. Elle se complait en cette compagnie.
Dieu, qu'en voilà de grandes! Comme elles parais- | sent féroces ! Elles passent à regret en jetant de ce côté
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