‹ ChateaubriandChapitre 12 sur 24 · SON STYLE · texte numérisé non relu

SON STYLE

grands. Ce n'est pas un penseur dans le sens philosophique du mot ; mais comme on se tromperait fort, si l'on croyait que son esprit n'est pas solide et juste, et fin et plein de bon sens ! Quelques-uns de ses récits, dans les Natchez, dans ÏIti?iéraire et surtout dans ses admirables Mémoires d'outre- tombe rappellent Zadig et la Princesse de Babylone. Nous voulons dire : que si son nom est immortel, ce n'est pas qu'il réveille chez les lellrés, uniquement la marque de ces idées sur lesquelles vivent, de siècle en siècle, les sociétés humaines ; mais aussi qu'on rencontre les qualités les plus opposées. Comme il sait conter! comme il décoche le trait! Et comme, dans sa polémique et ses écrits politiques, il est sobre > vif et mordant ! Il sera un pamphlétaire et un journaliste de premier rang, de telle sorte que la presse doctrinaire trouvera en lui le meilleur des maîtres. « Son intelligence n'avait d'autres bornes que ses répugnances » ; et il en avait.

Dans toutes les parties du domaine de la littérature, aussi étendu qu'il soit, Chateaubriand va donc labourer puissamment le sol ; il le retournera et lui fera porter les moissons les plus magnifiques et les plus inattendues.

On n'a point exagéré en affirmant qu'il avait été un révolutionnaire, en littérature, aussi hardi que l'avait été Ronsard.

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