‹ Chateaubriand: Essai Médico-PsychologiqueChapitre 12 sur 27 · LOS RE · texte numérisé non relu

LOS RE

une affluence si rapide que ce vieil organe de mes plaisirs et de mes douleurs palpite comme prêt à se briser. » (0).

Sur ses vieux jours, il est tourmenté par le rhumatisme chronique et par la goutte. Vigny, en mai 1842, est frappé de son attitude infirme : «Il était juché sur un fauteuil de travail de hauteur ordinaire d’où ses pieds ne touchaïent pas da terre... en parlant, il prenait de la main gauche son bras droit paralysé, et se tordait douloureusement sur son fauteuil. » @D, Nous avons plus haut une phrase analogue, mais sous la plume de Chateaubriand parlant de son père. Un élément nerveux et douloureux s’y surajoute, puisqu'on l'envoie d’abord aux eaux de Néris (1842), puis à Bourbonneles-Bains l’année suivante. Il reste malgré tout longtemps alerte : ne déménage-t-il pas à soixante-dix ans pour se rapprocher de sa bien-aimée ? A soixante-quinze ans, il court encore les chemins pour aller voir son jeune roi.

La chute qu'il fait à soixante-dix-huit ans, et où 1l se fracture la clavicule, précipite la déchéance de cet organisme sénile. Louis de Loménie nous le montre : «le bras en écharpe, courbé plutôt qu'assis sur une chaise placée devant la fenêtre de son petit jardin. C’est dans cette situation qu'il passe la plus grande partie de sa journée... Il s'ennuie alfreusement..… rien ne le distrait, ik n'a de goût pour rien... » Désormais, la vie se retire peu à peu de lui il ne peut plus marcher, il n’y voit presque plus; c’est un agonisant qui va mettre deux ans à mourir, sans rien perdre de sa connaissance et de ses facultés intellectuelles, et qui s'éteindra de vieillesse le 4 juillet 1848

Que conclure de cette carrière morbide ? Il semble que 2 L L Q OO l’on y trouve réunis tous les signes du neuro-arthritisme,

(20) Madame Récamier et ses amis.

(21) Journal d'un poète.

Que

défini : « Palliance si fréquente et si étroite du nervosisme et de l’arthritisme » (Léopold-Lévy) (2).

Du côté arthritisme :

a) N'est-if pas frappant, tout d'abord, de voir Chateaubriand si actif, qui n’a rien de l’obèse ou du pléthorique, présenter des troubles de la série arthritique : douleurs rhumatoïdes, rhumatisme chronique, goutte ?

b) Que penser aussi de ces poussées vraisemblablement tubercaleüses qui restent bénignes ? N’est-il pas classique de dire que les arthritiques ne deviennent pas tuberculeux, où du moins que chez eux la tuberculose n’est jamais grave ?

Du côté nervosisme, ou plutôt instabilité thyroïdienne, car c'est elle qui le plus souvent est en cause (Léopold-Lévy), nous trouvons :

a) Les signes thyroïdiens tirés de son aspect extérieur : aspect longiligne, œil vif, chevelure abondante, canitie précoce, tempes dégarnies;

b) Les malaises dont il se plaignit toute sa vie : boulfées de chaleur, palpitations, émotivité, instabilité nerveuse;

e) La juvénilité persistante morale et physique;

d) Le pithiatisme : « l’hyperthyroïdie favorise la suggestibilité » (Léopold-Lévy) @). -

En résumé, on pourrait déceler chez lui une instabilité thyroïdienne que nous avons déjà relevée chez Lucile, et qui nous donnerait la clef de ce psychisme instable, dans l'étude duquel nous allons maintenant entrer.

(22) Nervosisme et glandes endocrines.

(23) Nervosisme et glandes endocrines.

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