M TUE
‘les voyageurs sur la terre, plus promptement que le vent ne les. emporte et ne les sépare sur locéan... le port commun est l'Eternité. » (2), Nous voyons se dessiner celle hantise de la Mort, qui transparaît dans toutes les pages de son œuvre, e& qui paraît l'avoir littéralement obsédé : «Il meurt un homme par seconde : ainsi, à chaque minute de notre ‘existence, de nos sourires, de nos joies, soixante hommes expirent... » (#3), Les réflexions macabres abondent, nous n'avons que le choix: « Au cimetière de l’Est, à Paris, vingt-sept mille tombeaux, deux cent trente mille corps vous apprendront quelle bataille la mort livre jour et nuit à votre porte. » (4. On dirait même qu'il recherche les cimetières, les cadavres : «J'ai étudié les lieux où je dois passer. Souvent, au bord d’une fosse dans laquelle on descendait une bière avec des cordes, j'ai entendu le râclement de ces cordes; ensuite, j'ai oui le bruit de la première pelletée de terre tombant sur la bière. » G5).
Cette peur, ce goût de la mort, procèdent, suivant le docteur Hesnard 46), d’un inassouvissement des tendances sexuelles; il dépeint chez le poète «l'angoisse de son inassouvissement par l’autre sexe... son orgueil affreux de rester au-dessus de l'humanité, et, au fond de lui-même, plus ou moins solitaire ou vierge » (1). Souvent reviennent sous la plume de Chateaubriand des expressions comme : «le désespoir sans cause que je portais au fond du cœur... toujours affolé de mes illusions... », Contre cet inassouvissement el celte peur de la mort, Chateaubriand cherche un reluge dans la religion : « Fermons les yeux; remplissons
l’abîme désespéré de la vie par ces grandes et mystérieuses
(42) Mémoires.
(43) Mémoires.
(4%) Mémoires.
(45) Mémoires.
(46) L'individu et le see.
(47) L'individu et le sexe.