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piration de la rue des Prouvaires, dont le but était d'enlever Louis-Philippe et sa famille. Il est arrivé aussi à point pour se trouver au milieu de l'épidémie de choléra (1832).
En avril, la duchesse de Berry débarque secrètement à Marle 20 juin, bien qu'il n'y soit pour rien, Chateaubriand est emprisonné, prévenu de complot contre la sûreté de l'Etat. Au bout de dx jours, une ordonnance de non-lieu le libère, et Mme de Chateaubriand, affolée, le décide à partir de nouveau pour la
seille dans l'espoir de soulever la France; et
Suisse, A Ja nouvelle de l'arrestation de la duchesse de Berry, il regagne Paris pour la défendre, publie le Mémoire sur la caplivilé de la duchesse de Berry, où tonne la phrase « Madame, votre fils est mon roi. » Il est traduit devant la cour d'assises (février 1833), et acquitté, ce qui lui vaut une ovation à la sortie.
Une lettre que lui fait parvenir en secret la duchesse, prisonnière à Blaye, l'envoie à Prague auprès de Charles X. Un mois lui suffit pour aller et revenir. I n’a pas retrouvé depuis deux mois ses habitudes de Paris, et la petite société dont s’entoure Mme Récamier, à l’Abbaye-aux-Bois, que la duchesse, libérée, l'appelle à Venise pour lui demander conseil; de là, elle l'envoie de nouveau à Prague.
De retour à Paris, en octobre 1833, il partage son temps entre la rédaction des derniers livres de ses mémoires et la lecture des premiers à l’Abbaye-aux-Bois, devant une douzaine de privilégiés, dont Sainte-Beuve. En 1834, il fait représenter sa tragédie de Moïse; elle n'a aucun succès. Sa vie se partage entre les réunions quotidiennes à l'Abbaye et les travaux littéraires auxquels il est astreint pour se procurer des ressources : la traduction du Paradis perdu, l'Essai sur la liltérature anglaise (1836). Ses amis forment une société par actions qui lui achète ses Mémoires, et lui assure ainsi de quoi vivre tranquille.
L'année 1838 est marquée par un voyage qu'il fait dans le Midi, la publication du Congrès de, Vérone, et son déména-
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gement : il s’installe rue du Bac, à dix minutes de Mme Récamier. Le 25 septembre 1841, il termine ses mémoires : « Il ne me reste plus qu'à m'asseoir au bord de ma fosse; après quoi, je descendrai hardiment, le crucifix à la main, dans l'éternité. » (8).
Malade, paralysé par la goutte, il va aux eaux à Néris (1842), à Bourbonne-les-Bains (1843), ce qui ne l'empêche pas de se rendre à Londres, où l'appelle le comte de Chambord, d'écrire — il à alors soixante-quinze ans — La Vie de Rancé, d'aller à Venise revoir son jeune roi.
En 1846, il fait une chute et se casse la clavicule; il peut de moins en moins marcher, et c'est porté dans un fauteuil à sa descente de voiture qu'il va rendre sa visite quotidienne à Mme Récamier, qui, elle, perd la vue. Mme de Chateaubriand meurt le 9 février 1847 : il est très frappé de la perte de cette vieille compagne de sa vie, si souvent malmenée, toujours fidèle et indispensable. Il propose néanmoins à Mme Récamier de l’épouser, mais elle refuse. Le 4 juillet 1848, après avoir vu la naissance de la deuxième République, il meurt en pleine connaissance, assisté jusqu'au bout par sa vieille amie aveugle. Et il est enterré dans la tombe qu'il s'était réservée depuis longtemps, à Saint-Malo, sur un rocher au milieu de la mer.
Mme Récamier ne devait pas lui survivre un an.
(S) Mémoires.
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