‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 145 sur 154 · Le second « vous » est écrit dans Tinterligne · texte numérisé non relu

Le second « vous » est écrit dans Tinterligne

4. Mss. : respect [et le plus humble dévouement^. — Les mots entre crochets ont été barrés.

5. • Le plus obéissant • a été écrit après coup dans Tinterligne.

LETTRES INÉDITES OU PERDUES. â93

trois lettres ou fragments de lettres dont M. René Kerviler, dans son très utile Essai d'une bio-bibliographie de Chateaubriand et de sa famille^ extrait de son Répertoire général de bio-bibliographie bretonne^ a soigneusement dressé la liste. Mais M. Kerviler n'a pas tout relevé; et je trouve dans les Catalogues de vente d'autographes de M. E. Charavay des analyses et extraits de diverses lettres, quelques-unes se rapportant à la période étudiée par M. Biré, et dont celui-ci a probablement ignoré l'existence. Il ne me semble pas, et Ton va en juger, que ces pièces soient dénuées de tout intérêt.

Dans une lettre autographe signée, de 3 pages et demie, in4°, à M. de Vauxelles, et qui doit dater de 1801, Chateaubriand, nous dit-on, « se plaint du mauvais vouloir de son correspondant à l'égard à'Atala ». « La Gazette de France, écrit-il, attend votre extrait; demain Font[anes] parle dans le Mercure. Et qui combattra pour J.-C. si ses soldats reculent devant l'ennemi? Armez-vous donc. Monsieur, mais, de grâce, ne me comparez pas à un petit singe noir, »

Une autre lettre, datée du 28 septembre 1827, d'une page in-4°, est adressée à Frayssinous. « Chateaubriand l'informe, dit trop laconiquement le Catalogue, qu'il accepte les modifications proposées ». De quel ouvrage s'agit-il ici? Serait-ce du Génie du Christianisme?

Une autre lettre, datée de Rome, 9 avril 1829, d'une page un tiers in-8°, est destinée au fils de

Canaris. « Chateaubriand s'excuse, nous dît-on, d'avoir tardé à lui répondre et lui fait ses recommandations » : t( Aimez bien Mme Récamier, écrit-il ; n'oubliez pas que vous êtes né en Grèce, (jue ma patrie, devenue libre, a versé son sang pour la liberté de la votre; soyez surtout bon chrétien, c'est-à-dire honnête homme et soumis à là volonté de Dieu. »

Dans une lettre qui n'est pas datée complètement, mais qui est probablement postérieure à 1830 (« Paris, ce lundi "> février », dit simplement le Catalofjue), Chateaubriand, écrivant à M. de Féletz, le remercie d'un article qui lui a été consacré : « ... Vous avez bien raison, lui dit-il; et je serais bien fâché (ju'on imitAt les Nfftrhez; il y a quelque chose de funeste dans cet ouvrage. »

Une cinquième lettre, la plus curieuse de toutes, d'une page in-8", est datée de Paris, 28 mai 1844. KUe est adressée à Lamennais. Chateaubriand y témoigne la plus vive admiration à son illustre compatriote : « Je voudrais vous voir pape, lui dit-il; si vous me le permettez, je travaillerai à vous faire cardinal. Dites-moi un mot, je pars pour Home et je ne reviens qu'avec votre chapeau. » — On aimerait savoir ce que Lamennais a répondu à cette lettre, qui me paraît si extraordinaire à cette date, que je me demande si elle est bien datée, et s'il ne faut pas lire 1824.

jf jf

Dans les Œuvres choisies de Juste Olivier^ publiées par ses amis (Lausanne, Bridel, 1878, in-18, tome I, p. lxxxvi-lxxxvii), je vois mentionné un billet de Chateaubriand à Juste Olivier : la lettre, j'imagine, doit dater de 1838, 1839 ou 1840^, elle n'est pas autographe, nous dit-on, et elle a dû être dictée à un secrétaire. Sainte-Beuve avait parlé à Chateaubriand du livre d'Olivier sur le Canton de Vaud, et Chateaubriand avait témoigné le désir de le lire. Ce fut sans doute en réponse à l'envoi du poète vaudois que le grand écrivain lui adressa ce billet, dont on nous cite cette unique phrase : « Au moins il résultera de vos travaux qu'il a existé de nos temps un homme de religion, de conviction et de courage : vous aurez empêché la prescription contre la vertu. »

« Je lisais naguère, écrit M. de Vogiié, je lisais naguère dans une lettre inédite de Chateaubriand cette belle parole, qui eût pu lui servir de devise : (( Je n'ai pas placé mes champs de bataille dans l'ombre. » J'emprunte cette indication au beau discours prononcé pour le cinquantenaire des funérailles de Chateaubriand, et recueilli dans le Rappel des ombres (p. 154). Voilà une lettre encore qu'il ne faudra pas laisser perdre.

jf *

Et voici enfin, pour terminer, quelques lettres ou fragments de lettres que j'extrais du Catalogue

290 CHATEArfmiAND.

(Vautof/rdp/ifs de In collection Morrison, Les passag(»s entre j;uill«Muels sont cités en français dans le Catalof/uc Le reste, indications, références ou analyses, a été littéralement traduit de Tanglaîs.

l. — Lr.Uni autographe signée à M. AbeL Datée de Paris, 29 septembre i SI ô^l pages in'4^yavec redresse sur l^ enveloppe

Il remercie son correspondant de lui avoir communiqué le manuscrit d'une ivlalion de ce qui avait eu lieu lors de sa réception à l'Académie; il rend compte lui-même de ce qui s'est passé : « La i»lirase citée se trouvait dans mon discours même;, et venait à la suite d'un morceau très vif contre les Rct/icides. (le fut ce morceau et un autre où je réclamais la liberté de la i)enséo, qui amenèrent les fureurs de Huonaparte et ses nouvelhîs menaces de me faire fusiller si Jamais mon discours était prononcé en public. J'avais reru l'ordre du duc de llovigo de me présenter pour candidat à l'Institut, sous peine d'être enfermé pour le reste de mes jours à Vincennes. Ne voulant occuper aucune place sous l'assassin du duc irEnt,dnen, et forcé de me présenter pour demander celle de Chénier, Je fis mon discours de manière (ju'on serait obligé de me défendre de le prononcer, malgré l'éloge de droit dont chaque récipiendaire était obligé de couronner son discours. Je réussis dans ce dessein, mais Je pensais y perdre la vie. »

(De la colleclion Filloii^).

IL — Lettre autographe signée à une dame. Datée de Paris, 1 2 septembre 1820, Une j^age et demie in'4^,

« Si nos ennemis n'étaient pas aussi dépourvus d'âme et de goût qu'ils le sont d'esprit et de raison, nous vous prierions de chanter pour les séduire et nous serions sûrs do la victoire. »

1. M. Kervilcr {Bio-bibliograpliie, etc., p. 32) a déjà cité cette lettre, mais d'après un autre Catalogue, qui lui a fourni un texte sensiblement moins complet.

III. — Sept lettres autographes signées au maréchal duc de Bellune [maréchal Victor) et à la duchesse de Bellune. Datées de Paris, du 23 octobre i 823 au 1 6 mars i 824, 2 1 j)(iges in'4°.

Chateaubriand, alors ministre des Affaires étrangères dans le cabinet Villèle, presse le maréchal qui venait de résigner le portefeuille de la Guerre à cause de certains malentendus avec le duc d'Angoulème, d'accepter l'ambassade de Vienne. Il finit par triompher des scrupules du maréchal; mais, en fin de compte, le projet fut abandonné à cause des difficultés que soulevait le gouvernement impérial pour son titre de duc de Bellune.

IV. — Lettre autographe signée à urï inconnu, datée de Paris 30 septembre 1824. i page in-4^.

Il s'excuse de n'avoir pas répondu plus tôt et parle de ses nombreuses occupations. Il se peut qu'il ait à aller une seconde fois à Neuchâtel, mais il reviendra pour les funérailles du roi. « Les rois ont besoin de moi à leur couronnement et à leur mort, et de leurs valets pendant leur règne. »

{Collection of autograph letters and historical documents formed hy Alph. Morrison, t. I, p. 197-198.)

Je ne sais jusqu'à quel point Chateaubriand comptait sur sa Correspondance pour recommander son nom à la postérité. Je le soupçonne d'avoir bien un peu prévu tout ce qu'elle pourrait en dire. — Nous avons, non sans quelque peine, recueilli ces pierres éparses du monument qu'il s'élevait au jour le jour. Et, pieusement, nous les rapportons au poète.

Page 1