‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 31 sur 154 · Var. Id., ibid. : « de la ville, à la chapelle de Saint · texte numérisé non relu

Var. Id., ibid. : « de la ville, à la chapelle de Saint

la [vieille] Basilique dans rhyver à l'heure du salut [le sombre édifice] [dont l'enceinte.,. (^)]

était remplie d'une foule immense; que les autels

illuminés

étoient [éclairés] de toutes parts; qu'on voyoit de vieux matelots à genoux, de jeunes femmes et des enfants tenant de petites bougies pour éclairer leurs livres ^"^ de prières; que la multitude au moment de la bédédiction chantoit en chœur le Tantum ergo\ que dans l'intervalle de ces chants on entendoit le vent de la mer et des tempêtes de Noël qui ébranloient^^^ les vitraux ^®^ de l'église, j'éprouvois tout enfant que j'étois, un ^^^ sentiment extraordinaire de religion*. Je n'avois pas besoin que la Villeneuve me dît de joindre mes deux

(Â). Ici, deux mots barrés que jo n'ai pu lire. (B). Ici, un mot effacé et indéchiffrable.

(C). « Un » semble écrit en surcharge : je n'ai pu lire le mot ou le commencement du mot qui avait été écrit tout d'abord.

{a). Var. Manuscrit de 1826, p. 33 : « ... leur livre... »

{b). Var. /rf., p. 34 : « ... et les tempêtes de Noël ébranlant.,, •

Aaron, au couvent de la Victoire ; mon oreille était frappée de la douce voix de quelques femmes invisibles : Vharmonie de leurs cantiques se mêlait aux mugissements des flots.., » 1. Var. Texte de 4850, id., p. 51 : « Lorsque, dans l'hiver, à l'heure du salut, la cathédrale se remplissait de la foule; que de vieux matelots à genoux, de jeunes femmes et des enfants lisaient, avec de petites bougies, dans leurs Heures, que la multitude, au moment de la bénédiction, répétait en chœur le Tantum ergo\ que dans l'intervalle de ces chants, les rafales de Noël frôlaient les vitraux de la basilique, ébranlaient les voûtes' de cette nef que fit résonner la mâle poitrine de Jacques Cartier et de Duguay-Trouin^ j'éprouvais un sentiment extraordinaire de religion... »

mains ^""^ pour prier ^^^ Dieu par^®^ tous les noms que ma mère m'avoit appris. Ce que je ne vois aujourd'hui que parles yeux de la foi, je le voyois comme en réalité ^^^ ; Dieu descendant sur l'autel au son de la cloche sacrée, les deux ouverts, les anges ^^^ offrant notre encens et nos vœux à l'Eternel.

Je courbois [Je courbois] mon front : hélas! il n'étoit point

encore chargé de ces soucis pour lesquels nous

implorons la miséricorde divine ^''^i de ces ennuis

horriblement qui pèsent quelquefois ^^^ si [horriblement] sur nous,

qu'on est tenté de ne plus relever ^"^ la tête lorsqu'on

l'a inclinée au pied ^'^ des autels * .

(A). Même observation pour « prier ».

(Bj. Même observation pour « par ».

(C). Chateaubriand avait d*abord écrit « parfois » : « quelquefois » est en surcharge.

(D). « Relever » semble écrit en surcharge : je n'ai pu lire le mot ou le commencement de mot que Chateaubriand avait écrit primitivement.

(a), Y dir. Manuscrit de 1826, p. 34 : « ... de joindre mes mains... »

(b). Var. /rf., ibid, : « ... comme une réalité... » — Je serais tenté de croire que la « leçon » du Manuscrit de 1826 est une faute de lecture.

(c). Le Manuscrit de 1826 porte « les anges >». J'avais cru lire d'abord « les orgues » sur l'autographe. Mais évidemment je m'étais trompé, et j'ai rétabli dans le texte la leçon la plus vraisemblable.

(d). Var. Id.y ibid. : * ... chargé de ces ennuis qui pèsent... «•

{e). Var. /rf., ibid : ... « aux pieds.., •

1. Var. Texte de 48oOy id., p. 51 : « Je n'avais pas besoin que la Villeneuve me dît de joindre les mains pour invoquer Dieu par tous les noms que ma mère m'avait appris; je voyais les cieux ouverts, les anges offrant notre encens et nos vœux; je courbais mon front : il n'était point encore

Tel marin au sortir de ^^^ ces pompes, s'embarquoit tout fortifié ^""^ contre la nuit et les orages, tandis * que tel ^®^ autre rentroit au port en se dirigeant sur le dôme de l'église*. Car le clocher de la cathédrale de S'-Malo est placé de manière qu'il sert de relèvement aux pilotes... ^*^

Nous avons donc trois versions dififérentes et successives (1803, 1809 ou 1811, — 1826, — 1848) de cet intéressant fragment. Est-ce là tout? et n'y at-il pas eu des rédactions ou versions intermédiaires?

Nous en pouvons au moins soupçonner une. Par un très heureux hasard, quelques lignes — trop courtes, hélas! — de ce passage avaient dû frapper les critiques qui, en 1834, après les séances de rAbbaye-au-Bois. eurent communication du manuscrit des Mémoires

(A), u Do » ost en surcharge : il me semble que Chateaubriand avait d'abord écrit « du ».

(B). « Tel » est en surcharge: Chateaubriand avait d'abord écrit « tout »

(a). Var. /c?., ibid. : « ... s'embarquait fortifié... » (6). Voici la fin de la phrase d'après le Manuscrit de i826 : « ... aux pilotes pour se diriger à travers les passes dangereuses de la rade. » — On noiera que cette phrase qui manque dans le texte courant des Mémoires d"* Outre-Tombe (par suite, peut-être, d'une omission commise par les typographes de la Presse, et non réparée par les éditeurs de 1850), n'est pas inutile à l'intelligence entière du texte.

chargé de ces ennuis qui pèsent si horriblement sur nous, qu'on est tenté de ne plus relever la tête lorsqu'on Ta inclinée au pied des autels... »

1. Var. Texte de 1850, id., p. 51 : « ... tout fortifié contre la nuit, tandis que tel autre.... »

2. Var. Id., ibid. : «... sur le dôme éclairé de l'église : ainsi la religion et les périls... ». — Toute la phrase : « Car le clocher... les passes dangereuses de la rade » est supprimée.

d*Oulre-Tombe et furent autorisés à en citer quelques fragments dans leurs articles : car deux d'entre eux, Nettement, dans VEcho de la Jeune France du 5 mai 1834 *, et Sainte-Beuve, dans la Revue des Deux-Mondes ^ du 15 avril 1834, les ont enchâssées parmi leurs propres commentaires. Le texte est identique dans les deux articles; il figure, d'autre part, identique aussi, et naturellement encadré de guillemets, dans les Noies prises par Sainte-Beuve^ en 1834^ sur le Manuscrit des (( Mémoires d' Outre-Tombe :&, et qui ont été publiées par M. J. Troubat^ Mais ce texte de 1834 diffère un peu de celui que nous donne le Manuscrit de 1826 et de celui aussi qui nous est fourni par l'édition courante et définitive des Mémoires d' Outre-Tombe , Il y a donc tout lieu de croire que Chateaubriand, entre 1826 et 1834, avait encore retouché son texte; et le manuscrit, — probablement la copie, — que Nettement, Nisard et Sainte-Beuve ont eu entre les mains, et dont il y a plusieurs fragments dispersés dans le Recueil de 1834, peut être considéré par nous comme étant au moins la troisième version partielle des Mémoires, Je dis : partielle, parce qu'en 1834, nous le savons, il n'y avait que six volumes sur douze qui fussent entièrement terminés*.

Puisque nous avons de ces quelques lignes quatre versions différentes et successives, nous allons opposer

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