Recueilli clans Lectures des Mémoires^ p. 2'76-30i
2. Recueilli dans Lectures des Mémoires, p. 107-143, et dans les Portraits Contemporains de Sainte-Beuve (édition définitive, t. I, p. 7-45).
3. Revue d'histoire littéraire de la France, 15 juillet 1900.
4. Lectures des Mémoires, p. i. — Que d'ailleurs le texte du « manuscrit de 1834 » fût déjà différent du texte du « manuscrit de 1826 », c'est ce dont on peut se convaincre en comparant certains fragments qu'on trouve à la fois dans les Lectures des Mémoires et dans le volume de 1874, par exemple, le célèbre passage sur le Printemps en Bretagne,
ces quatre versions deux à deux, afin qu'on puisse bien suivre, sur un échantillon malheureusement trop court, toute la série — peut-être encore incomplète — des incertitudes, des tâtonnements et des scrupules de Chateaubriand écrivain. Il est assez rare qu'avec lui on puisse, de proche en proche, remonter du texte imprimé jusqu'à l'original autographe pour que, l'occasion s'en présentant, on ne s'interdise pas ces curieux rapprochements. Après quoi, nous rassemblerons en un même tableau, purement fictif d'ailleurs, toute la suite des retouches que Chateaubriand a fait subira sa rédaction primitive.
MANUSCRIT AUTOGRAPHE (1803, 1809, ou 1811).
Ce que je ne vois aujourd'hui que par les yeux de la foi, je le voyois comme en réalité :
Dieu descendant sur l'autel au son de la cloche sacrée, les cieux ouverts, les anges offrant notre encens et nos vœux à
Je courbois rÉternel. [Je courbois]
mon front : hélas ! il n'étoit point encore chargé de ces soucis pour lesquels nous implorons la miséricorde divine ; de ces
MANUSCRIT DE 1826 (p. 34).
Ce que je ne vois aujourd'hui que par les yeux de la foi, je le voyais comme U7ie (?) réalité, Dieu descendant sur l'autel au son de la cloche sacrée, les cieux ouverts, les anges offrant notre encens et nos vœux à l'Eternel. Je courbais mon front. — Hélas ! il n'était point encore chargé de ces ennuis qui pèsent quelquefois si horriblement sur nous, qu'on est tenté de ne
quelennuis qui pèsent [par-
quefois horriblement fois] si [horriblement] sur
nous qu'on est tenté de
ne plus relever la tète
lorsqu'on l'a inclinée au
pied des autels.
plus relever la tête lorsqu'on Ta inclinée aux pieds des autels.
MANUSCRIT DE 1826 (p. 34).
Ce que je ne vois aujourd'hui que j)Cli'* l^s yeux de la foi, je le voyais comme une réalité, Dieu descendant sur r autel au son de la cloche sacrée, les cieux ouverts, les anges offrant notre encens et nos vœux à l'Eternel . Je courbais mon front. — Hélas! il n'était point encore chargé de ces ennuis qui pèsent quelquefois si horriblement sur nous, qu'on esttenté de neplus relever la tête lors qu'on l'a inclinée aux pieds des autels.