l'* éd. : c'est quand on vient
4. Ici, dans la l'* éd. et suiv. la note que voici : « Les anciens auraient cru un État renversé, si l'on eût violé l'asile des morts. On connaît les belles lois de l'Egypte sur les sépultures. Les lois de Solon séparaient le violateur des tombeaux de la communion du temple, et l'abandonnaient aux Furies. Les Instituies de Justinien règlent jusqu'aux legs, l'héritage, la vente et le rachat d'un sépulcre, etc. »
de mon cadavre ce que Von voudra! — Eh! malheureux!
n'as-tu donc ni Dieu, ni patrie , ni parents, ni amis! Que je te plains d'être insensible aux charmes d'un tombeau sous les arbres qui l'ont vu naître!] Cela fut [un spectacle] réservé à nos jours que de voir ce qui était regardé comme le plus grand malheur chez les Anciens, ce qui devenait le dernier supplice dont on punissait les scélérats (nous entendons la dispersion des cendres) applaudie comme le chef-d'œuvre de la philosophie. Et où était donc le crime de nos aïeux pour traiter ainsi leurs restes, sinon d'avoir mis au jour des fils tels que nous? Mais écoutez la fin de tout ceci, et voyez l'énormité de la sagesse humaine : dans plusieurs villes de la France on bâtit des cachots sur l'emplacement des cimetières :
on éleva les prisons des hommes sur le champ où Dieu avait décrété la fin de tout esclavage ; on édifia des lieux de douleurs pour remplacer les demeures où toutes les peines venaient finir; [/a couche de l'insomnie et des larmes ^ fut étendue à
changer simplement le lieu des sépultures ! Mais non satisfait de cette première atteinte portée aux mœurs, on fouilla les cendres de nos pères ^ on enleva leurs restes^ comme le manant enlève dans son tombereau les boues et les ordures de nos cités.
Il fut réservé à notre siècle de voir ce qu'on regardait comme le plus grand malheur chez les anciens, ce qui était le dernier supplicq dont on punissait les scélérats, nous entendons la dispersion des cendres; de voir,, disons-nous, cette dispersion applaudie comme le chefd'œuvre de la philosophie.
Et où était donc le crime de nos aïeux, pour traiter ainsi leurs restes, sinon d'avoir mis au jour des fils tels que nous! Mais écoutez la fin de tout ceci, et voyez l'énormité de la sagesse humaine : dans quelques villes de France *, on bâtit des cachots sur l'emplacement des cimetières; on éleva les prisons des hommes sur le champ où Dieu avait décrété la fin de tout esclavage : on édifia des lieux de douleurs, pour remplacer les demeures où toutes les peines viennent
1. Dans toutes les éditions antérieures à 1828 : de la France....
2. Sajnte-Beuve met ici en note : « Ces membres de phrases, où l'excès de redoublement trahit trop la pure rhétorique, ont disparu dans le texte imprimé. »
la place du lit où jamais le chagrin ne se réveille; de V asile de l'espérance on fit du désespoir;] enfin il ne resta qu'une ressemblance effroyable entre ces prisons et ces cimetières : c'est là que s'exercèrent [souvent] les jugements iniques des hommes^ là où Dieu avait prononcé les arrêts de son inviolable justice.
(Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire j éditions actuelles, 1. 1, p. 179-180.)
finir; enfin, il ne resta qu'une ressemblance, à la vérité effroyable, entre ces prisons et ces cimetières, c'est là que * s'exercèrent les jugements iniques des hommes, là où Dieu avait prononcé les arrêts de son inviolable justice 2,
{Génie du Christianisme y 4® partie, livre II, chap, V ; édition Pourrat, t. III, p. 10-12.)
1. Dans toutes les éditions antérieures à 1828 : c'est que là...
2. Ici, à partir de la 1" éd., une note qui a été corrigée d'ailleurs dans les éditions successives, et que voici sous sa première forme : « Nous passons sous silence les abominations commises pendant les jours révolutionnaires. Il n'y a point d'animal domestique, qui, chez une nation étrangère un peu civilisée, ne fût inhumé avec plus de décence que le corps d'un citoyen français. On sait comment les enterrements s'exécutaient, et, comment, pour quelques deniers, on faisait jeter un père, une mère ou une épouse à la voirie. Encore ces morts sacrés n'y étaient-ils pas en sûreté, car il y avait des hommes qui faisaient métier de dérober [ou] le linceul, [ou] le cercueil, ou les cheveux du cadavre. Il ne faut rapporter toutes ces choses qu'à un conseil de Dieu; c'était une suite de la première violation sous la monarchie. [Le Gouvernement actuel qui répare, autant qu^il le peut, les maux innombrables de la France^ a ordonné des funérailles décentes;] mais il esta désirer qu'on rende au cercueil les signes de religion dont on l'a privé, et surtout qu'on ne fasse plus garder les cimetières par des chiens. Tel est l'excès de la misère où l'homme tombe, quand il perd la vue de Dieu, que n'osant plus se confier à l'homme, dont rien ne [lui] garantit la foi, il se voit réduit à placer ses cendres sous la protection des animaux. » — A partir de la 2* éd.. Chateaubriand a supprimé les deux « ou » entre crochels. Dans toutes les éditions antérieures à 1828, il a conserve le « lui » entre crochets, qui ne figure plus dans l'édition définitive. Et
a Dans un autre endroit, continue Chateaubriand, je peins ainsi les Tombeaux de Saint-Denis avant leur destruction :
LETTRE A FONTANES (25 octobre 1799).
On frissonne en voyant ces vastes ruines où sont mêlées également la grandeur et la petitessey les mémoires fameuses et les mémoires ignorées; où, lorsqu'on cherche une expression assez magnifique pour peindre ce qu'il y a de plus exalté [dans les temps], Tobjet [ou la réflexion subséquente^] sollicite le mot le plus bas, pour exprimer ce qu'il y a de plus vil [et de moindre valeur sur la terre].
[0 Trépas! on ne peut méconnaître ici tes sombres royaumes!] Les ombresde ces vieilles voûtes, [qui] s'abaissent pour se confondre avec les ombres de ces vieux tombeaux; ces inutiles grilles de fer, rangées autour de ces cercueils, et [qui] ne peuvent défendre
En présence des âges, dont les flots écoulés semblent gronder * encore dans ces profondeurs, les esprits sont abatttis par le poids des pensées qui les oppressent. Lame entière frémit en contemplant tant de néant et tant de grandeur.
Lorsqu'on cherche une expression assez magnifique, pour peindre ce qu'il y a de plus élevé. Vautre moitié de l'objet sollicite le terme le plus bas pour exprimer ce qu'il y a de plus vil s. Ici, les ombres des vieilles voûtes s'abaissent, pour se confondre avec les ombres des vieux tombeaux; là, des grilles de fer entourent inutilement ces bières, et ne peuvent défendre la mort des empressements des
enfin, à partir de la 4* éd., n'ayant plus à faire sa cour à Bonaparte, il a supprimé la phrase entre crochets, et le texte définitif est dès lors le suivant : « ... sous la monarchie. II est bien à désirer... >»