‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 56 sur 154 · r% 2'' et 4* éd. : contemplaient uji soleil · texte numérisé non relu

r% 2'' et 4* éd. : contemplaient uji soleil

soleil couchant sur les Ilots!

Comme elle allait ii Tàme, cette invocation du pauvre matelot à la Mère de douleur! [Celte humiliation devant celui qui envoie les orages et le calme], cette conscience de notre petitesse, à la vue de l'infini, nos chants s'étendant au loin sur les vagues, [les monstres marins, étonnés de ces accents inconnus se précipitant au fond de leurs gouffres;] la nuit s'approchant avec ses embûches, la merveille de notre vaisseau, au milieu de tant de merveilles; un équipage religieux, saisi d'admiration et de crainte; un prêtre auguste en prières; Dieu penché sur Tabîme, d'une main retenant le soleil aux portes de l'occident, de l'autre élevant la lune à l'horizon opposé, et prêtant, à travers l'immensité , une oreille attentive à la [faible] voix de sa créature. Voilà ce que Ton ne saurait peindre, et ce que tout le cœur de l'homme suffit à peine pour sentir.

sur les ilôts! Comme elle allait à l'âme, cette invocation du pauvre matelot à la mère de Douleur! La conscience de notre petitesse à la vue de l'infini, nos chante s'étendant au loin sur les vagues', la nuit s'approchant avec ses embûches, la merveille de notre vaisseau au milieu de tant de merveilles, un équipage religieux saisi d'admiration et de crainte, un prêtre auguste en prières, Dieu penché sur l'abîme, d'une main retenant le soleil aux portes de l'occident, de l'autre élevant la lune dans Vorient, et prêtant, à travers l'immensité, une oreille attentive à la * voix de sa créature : voilà ce qu'on ne saurait peindre, et ce que tout le cœur de l'homme suffit à peine pour sentir.

{Génie du Christianisme, i^^ partie, livre V, chap. XII ; édition Pourrat, t. I, p. 170-171.)

\. 1'% 2" et 4* éd. : sur les vagues [muettes], la nuit... 2. r% 2" et 4" éd. : à la [faible] voix....

« M. Necker, poursuit Fontanes dans ce même article du Mercure^ M. Necker parle souvent de Tamour de la patrie, des injustices qu'on avait commises envers une foule de proscrits, et que le gouvernement actuel vient de réparer avec tant d'éclat. L'auteur du Génie du Christianisme a deux chapitres aussi sur Ylnstincl de la patrie ; nous ne connaissons rien de plus touchant. Il parcourt les divers sentiments qui nous attachent au sol paternel : il les trouve surtout dans les souvenirs des tombeaux de nos aïeux. Il cite, à ce sujet, une coutume des sauvages américains. Il faut l'entendre lui-même. »

Le morceau que reproduit Fontanes et qu'on va lire ne figure dans aucune des éditions du Génie du Christianisme \ du moins, il n'y figure pas dans le chapitre, — car il n'y en a plus qu'un, — intitulé Instinct de la patrie {Première partie^ livre V, chap. xiv) : il forme la dernière page de l'épisode à^Atala.

L'épisode à'Atala^ on le sait, a d'abord été publié séparément, et du mois d'avril 1801 au mois d'avril 1802, Chateaubriand en a donné cinq éditions successives. J'ai pu retrouver quatre de ces éditions isolées, la 1", la 3% la 4® et la 5". Depuis 1802 jusqu'à l'édition définitive de 1828, Atala, ainsi que René^ a fait régulièrement partie de toutes les éditions du Génie du Christianisme^ sauf

l'édition abrégée. Mais en 1805, Chateaubriand donnait chez Le Normant, en un volume séparé, une édition définitive d'Atala et de René; et c'est ce texte définitif qui, à partir de 1809, a été constamment reproduit dans les éditions du Génie du Christianisme, « Pour Atala et René, disaient dans leur Avertissement Ballanche père et fils, les éditeurs de 1809, nous avons suivi l'édition in-12 de ces deux épisodes, publiée en 1805 chez M. Le Normant, et définitivement corrigée par l'auteur. » De 1802 à 1805, Atala avait subi de nombreuses retouches et corrections successives. « Atala a été imprimée onze fois, écrivait Chateaubriand dans la Préface de l'édition définitive de 1805; cinq fois séparément et six fois dans le Génie du Christianisme. Si l'on confrontait ces onze éditions, à peine en trouverait-on deux tout à fait semblables : la douzième, que je publie aujourd'hui, a été revue avec le plus grand soin... J'ai passé quatre ans à revoir cet épisode; mais aussi, il est tel qu'il doit rester : c'est la seule Atala que je reconnaisse à l'avenir. » — Ces six éditions du Génie du Chris-' tianisme auxquelles Chateaubriand fait ici allusion sont, je pense, les suivantes : l'édition princeps, en 5 volumes in-8°, de 1802; — la seconde édition en 2 gros volumes in-8°, de 1803; — l'édition en 4 volumes in-8°, sur papier vélin, avec 9 gravured avant la lettre, en 1803; — l'édition en 4 volumes in-4°, sur papier vélin également, avec 9 gravures avant la lettre, en 1803 (ces deux éditions portaient le titre de Nouvelle édition) ; — la troisième édition

en 4 volumes in-8°, imprimée sur papier fin, avec des caractères neufs, et sans gravures, en 1803; — enfin, la quatrième édition, en 9 volumes in-18, avec gravures, Lyon, Ballanche, 1804. Ces six éditions forment donc en fait les 6% 7% 8% 9% 10* et 11® éditions d'Atala : j'ai pu toutes les retrouver, sauf la 10® (troisième édition du Génie). Et en attendant l'édition critique d'-4<a/a que nous publierons prochainement, on trouvera ci-dessous, avec le texte tout primitif et le texte définitif de ce fragment, les variantes de toutes les éditions intermédiaires, sauf deux, la 2® et la 10°. Les crochets indiquent les passages ultérieurement retranchés.

« MERCURE DE FRANCE

(1"' frimaire an ix).

[Lorsqu'une j^^^P^^^ ^^ nouveau monde, par quelque événement imprévu, est obligée d'abandonner son pays, le premier objet de ses soins est d'emporter, avec ses enfants, les ossements de ses ancêtres].

Les jeunes guerriers ouvrent la marche, et les épouses la ferment. Les premiers sont chargés des saintes reliques ; les secondes portent leurs

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