‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 57 sur 154 · ATALA · texte numérisé non relu

ATALA

(Édition définitive, 1805).

Ces réfleâ^ions m'occupèrent toute la nuit *. Le lendemain, au point du jour, mes hôtes me quittèrent^. Les jeunes guerriers ouvraient la marche, et les épouses la fermaient; les premiers étaient chargés des saintes reliques ; les secondes portaient leurs nouveaux-nés : les vieillards cheminaient lentement au milieu, placés entre leurs

1. Atala, T", 3*, 4" et 5" éd. : toute la nuit [au bord de la cataracte, que je contemplais à la lumière de la lune]....

— Atala, G% 7% 8", 9" et 11" éd. : toute la nuit [au bord de la cataracte.]...

2. 1" éd. : mes hôtes levèrent leur camp [pour continuer leur route dans la solitude]....

— 3% 4", 5% 6% r, S% 9" et 11* éd. : mes hôtes me quittèrent [pour continuer leur route dans la solitude]...,

nouveaux, nés. Les vieillards cheminent lentement au milieu, placés entre leurs aïeux et leur postérité, [entre ceux qui ne sonlplus et ceux qui ne sont pas encore], entre les souvenirs et l'espérance, entre la patrie perdue et la patrie à venir. Oh !

que de larmes coulent alors dans les forêts, quand, du haut de la colline de l'exil, on découvre, pour la der-nière fois, le toit où l'on fut nourri, et le fleuve de sa cabane, qui continue de couler tristement à travers les champs solitaires de la patrie! [Mes yeux ont été témoins d'une pareille scène..,] Indiens infortunés, que j'ai vus errer dans les forêts du Nouveau Monde, avec les cendres de vos aïeux! Vous, qui m'aviez donné l'hospitalité, malgré votre misère !

Je ne pourrais vous la rendre aujourd'hui : car, j'erre, ainsi que vous, à la merci des hommes; et, moins heureux dans mon exil, je n'ai

aïeux et leur postérité*, entre les souvenirs et l'espérance, entre la patrie perdue et la patrie à venir.

Oh ! que de larmes sont répandues, lorsqu'on abandonne ainsi la terre natale, lorsque ^ du haut de la colline de l'exil, on découvre pour la dernière fois le toit où l'on fut nourri et le fleuve de la cabane qui continue de couler tristement ^ à travers les champs solitaires de la patrie !

Indiens infortunés que j'ai vus errer dans les déserts du Nouveau -Monde, avec les cendres de vos aïeux, vous qui m'aviez donné Thospitalité malgré votre misère, je ne pourrais vous la rendre aujourd'hui, car j'erre, ainsi que vous, à la merci des hommes; et moins heureux dans mon exil, je n'ai point

1. V% 3% 4% 5% 6% 7", 8% 9« et ir éd. : leur postérité [entre ceux qui n^étaient plus et ceux qui n'étaient pas encore], entre les souvenirs...

2. V% 3% 4% 5% 6% V, 8% 9» et 11» éd. : Oh! que de larmes trouhlent la solitude, lorsqu'on abandonne ainsi la terre natale, et que du haut...

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