‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 60 sur 154 · r*, 2° et 4" éd. : sur [toutes] les mers · texte numérisé non relu

r*, 2° et 4" éd. : sur [toutes] les mers

Une parfaite intelligence régnait dans la république du Colombier^. Aussitôt qu'un citoyen était né, sa mère le précipitait dans les vagues, comme ces peuples barbares qui plongeaient leurs enfants dans les fleuves, pour les endurcir contre les fatigues de la vie. Des courriers partaient sans cesse de cette Tyr avec des gardes nombreuses qui, par ordre de la Providence, se dispersaient sur les mers » pour secourir

FRAGMENTS PERDUS DU « GÉNIE » PRIMITIF. iSl

ordre de la Providence, se dispersent sur [toutes] les mers [et sur tous les rivages,] pour secourir les [hommes et /ei/rs] vaisseaux. Les uns se placent à quarante et cinquante lieues d'une terre inconnue; le pilote les découvre [de loin] comme des lièges flottants sur Tonde :

averti par ce signe, il espère le port, et se précautionne contre le danger. D'autres [,comme le lumme,] se cantonnent sur un récif, et sentinelles vigilantes, élèvent, pendant la nuit, une voix lugubre, pour écarter les navigateurs. D'autres encore, par la blancheur de leur plumage, sont de véritables phares sur la noirceur des rochers. Nous soupçonnons que c'est pour la même raison que la bonté de Dieu a rendu l'écume des flots phosphorique, et toujours plus éclatante en raison de la violence de la tempête. Que de vaisseaux périraient dans les ténèbres, sans ces fanaux miraculeux, allumés par la Providence sur les écueils! Tous les accidents des mers, [toutes les chances] du calme et [de]

les vaisseaux. Les uns se placent à quarante et cinquante lieues d'une terre inconnue, et deviennent un indice certain pour le pilote qui les découvre flottants sur l'onde comme les bouées d'une ancre * ; d'autres se canton* nent sur un récif, el, sentinelles vigilantes, élèvent pendant la nuit une voix lugubre, pour écarter les navigateurs ; d'autres encore , par la blancheur de leur plumage, sont de véritables phares sur la noirceur des rochers. Nous présumons que c'est pour la même raison que la bonté de Dieu a rendu l'écume des flots phosphorique, et toujours plus éclatante parmi les brisants, en raison de la violence de la tempête : beaucoup de vaisseaux ^ périraient dans les ténèbres sans ces fanaux miraculeux allumés par la Providence sur les écueils.

Tous les accidents des mers, le flux et le reflux, le calme et l'orage ^, sont pré-

1. r", 2' et 4" éd. : qui les découvre, comme des lièges flottants sur l'onde; d'autres...

'2. 1'", 2* et 4' éd. : que de vaisseaux périraient...

3. r% 2c el 4" éd. : Tous les accidents des mers, [toutes les chances du] calme et de l'orage sont prédits...

l'orage, sont prédits par les oiseaux. La mouette descend sur une plage déserte, retire son cou dans sa plume, cache une patte dans son duvet, et se tenant immobile sur Tautre, avertit le pêcheur de l'instant où les vagues se lèvent. L'alouette marine, en poussant un cri doux et triste, [/mi] annonce, aucon traire, le moment du reflux; enfin, les [petites] procellaria vont s'établir au milieu de l'Océan. [Fidèles] compagnes des mariniers, elles suivent la course des navires et prophétisent les tempêtes. Le matelot leur attribue quelque chose de sacré, et leur donne religieusement l'hospitalité, quand le vent les Jette à bord. C'est de même que le laboureur respecte le rouge-gorge, qui lui prédit les beaux jours, et c'est de même qu'il le reçoit sous son toit de chaume, pendant les rigueurs de l'hiver. [Ainsi] ces hommes malheureux, placés dans les deux conditions les plus dures de la vie, ont des amis que leur a préparés la Providence.

[// les rencontrent au moment

dits par les oiseaux. La mauve descend sur une grève *, retire son cou dans sa plume, cache une patte dans son duvet, et, se tenant immobile sur l'autre, avertit le pêcheur de Tinstant où les vagues se lèvent; l'alouette marine, qui court le long du flot en poussant un cri doux et triste, annonce * au contraire le moment du reflux; enfin, les procellarias s'établissent s au milieu de l'Océan. Compagnes ♦ des mariniers, elles suivent la course des navires et prophétisent la tempête^. Le matelot leur attribue quelque chose de sacré, et leur donne religieusement l'hospitalité quand le vent les jette à bord; c'est de même que le laboureur respecte le rouge-gorge, qui lui prédit les beaux jours, et c'est ainsi^ qu'il le reçoit sous son toit de chaume pendant les rigueurs de l'hiver. Ces hommes malheureux, placés dans les deux conditions les plus dures de la vie, ont des amis que leur a préparés la Providence ; ils trouvent dans un être faible le conseil

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