‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 61 sur 154 · et 4° éd. : et c'est de même qu'il le reçoit · texte numérisé non relu

et 4° éd. : et c'est de même qu'il le reçoit

même où, exposés à mille fatigues , ils semblent abandonnés de toute la terre,] ils trouvent dans un être faible le conseil et Tespérance qu'ils chercheraient en vain chez leurs semblables. Ce commerce de bienfaits entre de petits oiseaux, et des hommes infortunés, est un de ces traits touchants qui abondent dans les œuvres de Dieu. Entre le rouge-gorge et le laboureur, entre la procellaria et le matelot, il y a une similitude de mœurs et de destinées tout-à-fait attendrissante. Oh! que la nature est belle, quand c'est un cœur simple qui n'en recherche les merveilles que pour glorifier le Créateur!...

Dans les premiers âges du monde, [quand l'homme était ignorant et heureux,] c'était sur la floraison des plantes, sur la chute des feuilles, sur le départ et l'arrivée des oiseaux, que

ou l'espérance, qu'ils chercheraient souvent en vain chez leurs semblables. Ce commerce de bienfaits entre de petits oiseaux et des hommes infortunés est un de ces traits touchants qui abondent dans les œuvres de Dieu. Entre le rougegorge et le laboureur, entre la procellaria et le matelot, il y a une ressemblance de mœurs et de destinées tout à fait attendrissante. Ohl que la nature est sèche ^, expliquée par des sophistes! mais combien elle parait pleine et fertile aux cœurs simples ^ qui n'en recherchent ^ les merveilles que pour glorifier le Créateur*!...

... Dans les premiers âges du monde*, c'était sur la floraison des plantes, sur la chute des feuilles, sur le départ et l'arrivée des oiseaux, que les laboureurs et les bergers réglaient leurs

1. 1", 2* et 4* éd. : qu'elle est sèche, [qu'elle est vide,] expliquée...

2. 1'% 2" et 4" éd. : mais qu'elle est productive, qu'elle est pleine quand c'est un cœur simple...

3. 1" éd. : qui n'en fait voir les merveilles...; — 2* et 4* éd. : qui n'en retrace les merveilles...

4. Il y a ici, dans toutes les éditions du Génie, deux pages qui manquent dans le texte du Mercure, mais dont la suppression, sans doute volontaire, est apparemment marquée par les points de suspension.

5. r", 2" et 4* éd. : du monde, [quand l'homme était ignorant et heureiu], c'était sur...

les laboureurs et les bergers réglaient leurs travaux. De là, l'art de la divination chez certains peuples. On supposa que des animaux, qui prédisaient les saisons et les tempêtes, ne pouvaient être que les interprètes de la Divinité.

Les anciens naturalistes et lespoèteSjàqui nous sommes redevables du peu de simplicité qui reste encore parmi nous, nous font voir combien celte manière de compter par les fastes de la nature était merveilleuse, et quel charme elle répandait sur la vie. Dieu est un profond secret; l'homme, créé à son image, est pareillement incompréhensible; c'était donc une ineffable harmonie [que] de voir les périodes de ses jours, réglées par des horloges aussi my stérieuses que lui-même. [Les vents sonnaient les heures de sa vie^ et les nuages portaient ses destinées. Ainsi l'on ne perdait jamais de vue la Providence, législatrice et véritable souveraine de ces peuples qui n'avaient point d'autre maître.

Alors la joie était dans les cabanes. Les vieillards n^étaient point troublés dans leurs derniers instants, et leurs paroles paisibles fai-

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