i'% 30, 4% 5% G*" 7% 9% 10° et i 1* éd. : et tandis que
toujours unie à la magnificence dans les scènes de la nature, tandis que le courant du milieu entraîne [rapidement] vers la mer les cadavres des pins et des chênes, on voit sur les deux courants latéraux remonter [tranquillement j] le long des rivages, des îles de pistia et de nénuphar, dont les roses jaunes s'élèvent comme de petits pavillons [, à Vextrèmité d'un mât de quinze à seize pouces]. Des serpents verts, des hérons bleus, des flamants roses, de jeunes crocodiles s'embarquent passagers sur ces vaisseaux de fleurs, et la colonie, déployant aux vents ses voiles d'or, va aborder endormie dans quelque anse retirée du fleuve.
[Œuvres compL de Chateaubriand ^ éd. Furne, t. XII, p. 599.)
Ions * . Des serpents verts, des hérons bleus, des flamants roses, de jeunes crocodiles s'embarquent passagers sur ces vaisseaux de fleurs, et la colonie, déployant au vent ses voiles d'or, va aborder endormie dans quelque anse retirée du fleuve.
[Atala-René, parFr.-Aug.
de Chateaubriand. Paris, Le Normant, 1805, in-12, p. 2-5.)
Enfin, voici une page sur la Henriade de Voltaire, dont la substance se retrouve bien dans les diverses éditions du Génie, mais dont la forme, on le verra, a été singulièrement adoucie.
\. La 5" édition écrit: papillotis : faute évidente d'impression.
ÉDITION DE LONDRES (1799 ou 1800).
Il ne faut pas accuser la religion chrétienne si la Henriade, considérée comme poème épique, est la production la plus sèche qui soit jamais sortie du cerveau d'un auteur.
M. de Voltaire doit au christianisme le peu de beaux traits répandus dans son épopée; et c'est précisément pour n'avoir pas cru à Jésus- Christ qu'il ne nous a laissé que l'amplification d'un écolier qui se trouvait assez savant en sortant du collège pour faire l'Iliade et pour ne pas croire au Dieu de ses pères.
Lorsque prenant la Henriade nous venons à ce vers :
Descoads du haut des cieux, auguste Vérité,
Si un plan sage, une narration vive et pressée, de beaux vers, une diction élégante, un goût pur, un style correct, sont les seules qualités nécessaires à l'Épopée, la Henriade est un poème achevé ; mais cela ne suffit pas : il faut encore une action héroïque et surnaturelle * . Et comment Voltaire eut-il fait un usage heureux du merveilleux du christianisme, lui dont les efforts tendaient sans cesse à détruire ce merveilleux? Telle est néanmoins la puissance des idées religieuses, que l'auteur de la Henriade doit au culte même qu'il a persécuté ^, les morceaux les plus frappants de son poème épique ^ , comme il lui doit les plus belles scènes de ses tragédies^.
Une philosophie modérée ",
1 . r" éd. : Si la Henriade, malgré la perfection de la narration, et la beauté des vers, dans quelques chants, n^est pas une excellente épopée, ce n'est pas parce que la machine est puisée dans le christianisme; mais au contraire parce que Vauteur n'était pas chrétien,... — 2* et 4" éd. : Si un plan sage, une narration parfaite, de [très] beaux vers, une diction élégante, un goût pur, un style correct [et limpide] sont les seules qualités...
2. 1'® éd. : n'était pas chrétien. M. de Voltaire doit 7né?ne à la religion qu'il a persécutée les morceaux épiques... ; — 2" et i" éd. : Et comment [M. de Voltaire ciU-il fait un usage heureux du christianisme, lui dont [tous] les cIVorts...
3. 1'* éd. : de son poème épique et les plus belles scènes...
4. 1" éd. : de ses tragédies. [Il faut que chaque chose soit mise en so?î lieu.] Une philosophie...