‹ Chateaubriand: études littérairesChapitre 79 sur 154 · Bibl. française, p. 174 : des hautes montagnes · texte numérisé non relu

Bibl. française, p. 174 : des hautes montagnes

en légers llocons d'écume, en innombrables troupeaux, errant dans les plaines bleues du firmament. Une autre fois, la voûte aérienne paraissait changée en une grève où l'on distinguait les couches horizontales, les rides parallèles tracées comme par le flux et le reflux régulier de la mer :

une bouffée de vent venait encore déchirer le voile, et partout se formaient dans les cieux de grands bancs d'une ouate éblouissante de blancheur, si doux à l'œil, qu'on croyait ressentir leur mollesse et leur élasticité.

La scène sur la terre n'était pas moins ravissante : le jour céruléen * et velouté de la lune flottait silencieusement sur la cime des forêts '^, et descendant dans les intervalles des arbres, poussait des gerbes de lumières jusque dans répaisseur des plus profondes ténèbres.

V étroit ruisseau qui coulait à mes pieds, s' enfonçant tour à tour sous des fourrés de chênes-saules et d'arbres-àsucre, et reparaissant un peu plus loin dans des clairières tout brillant des constella-

voûte azurée; mais soudain une bouffée de vent déchirant ce réseau, on voyait se former dans les cieux des bancs d'une ouate éblouissante de blancheur, si doux à l'œil, qu'on croyait ressentir leur mollesse et leur élasticité.

La scène sur la terre n'était pas moins ravissante :

le jour bleuâtre et velouté de la lune flottait silencieusement sur la cime des forêts, descendait dans les intervalles des arbres, et poussait des gerbes de lumière jusque dans l'épaisseur des plus profondes ténèbres ; une rivière qui coulait devant nos huttes tantôt se perdait dans les bois, tantôt reparaissait brillante des constellations de la nuit qu'elle répétait dans son sein. De l'autre côté de cette rivière, dans

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