Bibl. française, p. 175 : le jour céruséen
2. Première ébauche sans doute de la célèbre phrase d'Atala sur « la cime indéterminée des forets ». L^épithète une fois trouvée, la phrase sera placée dans Atala, et disparaîtra même de la première édition officielle du Génie du Christianisme,
tions de la nuit, ressemblait à un ruban de moire et d'azur^ semé de crachats de diamants * , et coupé transversalement de bandes noires. De l'autre côté de la rivière, dans une vaste prairie naturelle, la clarté de la lune dormait sans mouvement 2 sur les gazons où elle était étendue comme des toiles.
Des bouleaux dispersés çà et là dans la savane , tantôt, selon le caprice des brises, se confondaient avec le sol en s" enveloppant de gazes pâles, tantôt se détachaient du fond de craie en se couvrant d'obscurité, et formant comme des îles d'ombres flottantes sur une mer immobile de lumière . Auprès, tout était silence et repos, hors la chute de quelques feuilles, le passage brusque d'un vent subit, les gémissements rares et interrompus de la hulotte; mais au loin, par intervalles, on entendait les roulements solennels ^ de la cataracte de Niagara, qui, dans le calme de la nuit, se prolongeaient de désert en désert et expiraient à travers les forêts solitaires.