SUR UNE ÉDITION DU « GÉNIE
idée, et M. l'abbé Frayssinous et moi, nous en parlâmes ensemble à M. Emery. Non seulement cet homme si zélé voulut prendre part à ce projet qui devait être si utile à l'éducation chrétienne, mais encore il nous dit que si M. de Ghateaubriant voulait permettre qu'il parût une telle édition, il se chargeait d'en relire les épreuves ligne par ligne. M. de Ghateaubriant, qui était alors à Paris (1802), sur le nom de M. Emery, adopta cette proposition et il y mit un tel intérêt qu'étant allé à Rome en 1803, il m'écrivit de cette capitale du monde chrétien et me demanda si M. Emery n'avait pas encore terminé l'édion abrégée du Génie du Christianisme, Je ferai remarquer à ce sujet que M. de Ghateaubriant qui, né avec un riche patrimoine, l'avait perdu par suite de l'émigration, ne demanda aucune indemnité pour cette nouvelle édition, quoiqu'elle dût évidemment diminuer le débit de la grande édition. M. de Ghateaubriant fut de retour à Paris avant que ce travail fut terminé. M. l'abbé Frayssinous fît le choix de ce qui devait être conservé; j'y ajoutai des notes qui devaient rendre ce travail encore plus utile. M. Emery revit le tout à la grande satisfaction de M. de Ghateaubriant. Depuis ce temps, cette édition abrégée a été stéréotypée et n'a cessé
dames surtout. Mgr. Frayssinous, futur grand-maître de l'Université, pouvait le réciter tout entier, assure M. de Pontmarlin. » (G. Pailhès, Chateaubriand^ sa femme et sesamis^ p. 410- 411). — « M. de Frayssinous me disait à Rome en 1832 : Je ne me figure jamais sans émotion que j'aurais pu rencontrer encore une fois ici M. de Chateaubriand; car sa place est toujours auprès de la croix de Saint-Pierre. Je le mets en tête des grands champions de Dieu qui vinrent prêcher à notre siècle naissant l'Évangile, les gloires antiques de la patrie et l'honneur : Chateaubriand, Bonald, de Maistre! c'est à eux que je dois une partie du bien que j'ai pu faire, puisque Dieu n'a pas permis tout le bien que j'ai voulu. Chateaubriand surtout m'est apparu comme une grande lumière qui s'est faite soudain dans un ciel assombri par un long orage. » (De Marcellus, Chateaubriand et son temps-, p. 300.) — M. Kerviler, dans sa Bio-bibtiographie de Chateaubriand et de sa famille. Vannes, Lafolye, 1895, in-8" (p. 22), signale aussi un abrégé du Génie du Christianisme à l'usage de la jeunesse, par l'abbé de Frayssinous, Paris, 1819, 2 vol. in-12. Je crois cette indication inexacte; à ma connaissance aucune édition de V Abrégé n'a porté nommément le nom de Frayssinous.
depuis quarante ans de se répandre dans les maisons d'éducation et les familles chrétiennes. »
Il ne nous est pas indifférent, ce me semble, de savoir que Frayssinous et M. Emery ont mis la main à cette édition du Génie du Christianisme,