XVI II
et pourquoi elle voulait mi Eloge de cet illustre écrivain. Quant à nous , si nous n'avons pu arriver à écrire un panégyrique , si nous avons rencontré sur notre chemin des idées et des faits que nous aurions voulu pouvoir effacer de l'histoire d'un homme à qui l'on doit le Génie du Christianisme , c'est que nous ne comprenons pas quelle utilité il peut y avoir à faire une œuvre d'exagération , et que jamais nous ne voudrions, même en vue de plaire à un aréopage académique , renoncer à dire ce qui nous semblerait la vérité.
On s'est récrié sur l'étendue de ce travail, et M. Bonnardet a déclaré qu'elle était excessive ; que ce n'était pas seulement l'éloge de Chateaubriand , que c'était celui encore de Mme de Staël , de J. de Maistre , de Bonald. Assurément , et cela de la môme manière que le rapport de M. Bonnardet pourrait être appelé un rapport sur les écrits de George Sand , de Sue , de Janin , de Sainte-Beuve , autant que sur ceux de Chateaubriand , dont il a bien moins parlé que de ces divers écrivains. Nous avons , dans cette étude , observé quatre remarquables débuts qui eurent lieu presque au même jour , et qui furent ceux des plus grands écrivains du siècle ; nous n'avons pas séparé Chateaubriand de son entourage. Nous persistons à croire que ce n'est point un hors-d'œuvre , pas plus que les détails dans lesquels nous entrons pour justifier, pour excuser , si l'on aime mieux , les attaques de Chateaubriand contre l'empereur déchu , et le laver d'un crime qui fut celui de tant de coryphées du vieux libéralisme , mais qu'on lui a sévèrement reproché , en faisant grâce à ses complices. Sans
doute, cette marche n'est plus celle d'un discours académique, nous le savons bien ; mais si nous avions simplement voulu écrire un hymne en l'honneur de Chateaubriand , c'eût été assez de cinquante pages. Nous avons pensé qu'il valait mieux faire paraître autour de son illustre nom un certain ordre de faits et d'idées , si petite qu'en soit la valeur ; nous avons, en un mot , voulu écrire un livre sur Chateaubriand, un livre qui pût aller aux mains de tous , de la jeunesse surtout , et faire connaître , dans une mesure suffisante , la vie et les œuvres de celui qui , au bout d'un demi-siècle , est encore le premier et le dernier.