CHAPITRE PREMIER
Le plus noble et le plus glorieux empire qu'il soit donné à un homme d'exercer sur les autres hommes , après l'empire de la vertu , c'est celui du génie des lettres.
Sa prééminence lui vient de ce qu'il remplit un ministère qui s'adresse aux esprits , de ce qu'il a de merveilleuses conditions d'universalité et de durée. Survivant aux quelques jours d'existence de celui qui la laissa sur la terre , avant de retourner vers l'auteur de tout don parfait , la pensée traverse fièrement les âges et échappe aux révolutions des empires. Elle avance toujours la même , à travers les siècles , avec le secret de remuer les imaginations, d'émouvoir les cœurs ; elle se transmet, comme de main en main.
écrite sur J'écorce d'un arbuste, sur la peau de quelque bête, ou l'industrieux produit ;de vils et misérables chiffons.
Elle arrive ainsi plus sûrement aux âges éloignés que les souvenirs mômes ou les sentiments reproduits par le marbre et le bronze, ou jetés sur la toile par la main du peintre ; elle a une éternité plus certaine que tant de monuments splendides et miraculeux , que les chefs-d'œuvre élevés par le compas des Ictinus et des Apollodores.
Le marbre et l'airain n'ont pas d'asile assuré contre l'aveugle fureur des révolutions ; ils s'altèrent inévitablement sous le poids des années ; ils volent en éclats sous le marteau des barbares ; et chaque nation , chaque siècle peut amener son genre fatal de barbarie. L'œuvre du peintre résiste moins encore à l'action secrète des éléments et aux ravages des années; d'ailleurs, ces diverses merveilles de l'art sont comme condamnées à rester aux lieux qui les virent naître ; elles ne parlent qu'au petit nombre , à quelques privilégiés, tandis que les créations littéraires, les sublimes conceptions du poêle , de l'historien , du philosophe , de l'orateur , du moraliste, se multipliant sous la main qui en reproduit la copie et qui les propage, s'étcndant à tous les temps et à tous les lieux , peuvent bien plus aisément échapper à cet océan muet qui s'avance inccs-
samment pour engloutir les œuvres de l'homme. Mais en élevant ainsi la gloire du génie littéraire, nous ne voulons pas que nos louanges s'étendent également à l'écrivain qui n'aurait usé des dons sacrés de l'intelligence que pour fouler aux pieds les préceptes de la morale et de la vertu, et livrer aux railleries de la foule les mystères de l'autel, la robe blanche du lévite. Quand il se consume à semer dans les cœurs de désolantes doctrines , quand il porte le trouble dans les jeunes aines par la dégradante et licencieuse immoralité de ses inventions , le génie perd aux yeux de l'homme raisonnable sa splendeur et sa dignité ; au lieu de répandre autour de lui cette pénétrante chaleur qui féconde et qui vivifie , il ne promène plus qu'une flamme criminelle qui brûle et dévore tout. Alors , ce qui pouvait être un saint et salutaire présent, n'est plus qu'un don funeste, un horrible venin. Que tous les hommes ne pensent pas ainsi , du moins dans leurs jugements publics, nous ne le savons que trop ; mais de vains jugements ne sauraient changer la nature de la vérité , ni en tuer les droits imprescriptibles. C'est pourquoi nous ne reculons pas devant les contradictions auxquelles nous pourrions nous heurter sur ce grand point. Au reste , quand on n'embrasse pas avec nous ces principes , on leur rend hommage forcément.
h CHATEAUBRIAND.
dès qu'il s'agit des conséquences ; et celui-là même qui sourira à la liberté de tout écrire , ne voudra pas que des livres obscènes aillent corrompre son fils ou sa fille.
C'est ainsi que, suivant la remarque d'un illustre publiciste , « nos idées sur le bien et le mal , sur l'innocent et le coupable, sont trop souvent altérées par les préjugés Nous flétrissons celui qui vole un centime dans la poche de son ami ; s'il ne lui prend que sa femme , ce n'est rien. Tous les crimes brillants qui supposent un développement de qualités grandes ou aimables , tous ceux surtout qui sont honorés par le succès , nous les pardonnons , si môme nous n'en faisons pas des vertus, tandis que les qualités brillantes qui environnent le coupable , le noircissent aux yeux de la véritable justice, pour qui le plus grand crime est l'abus des dons (1). »
A ce point de vue, l'écrivain qui a la témérité de toucher aux bases de la morale, qui ose énerver les saintes lois de la pudeur, qui enseigne à se défaire delà crainte de Dieu et de ses jugements., qui écarte de la conscience des hommes les terreurs de l'autre vie, celui-là, certes, est un grand criminel. Avons-nous besoin de dire pourquoi?
(1) De Maistre, Considérât, sur la France, cliap. n.
c'est qu'il consacre toutes les facultés de son esprit à introduire le mal dans le inonde , à éterniser le trouble et le désordre dans les âmes. Plus il fait éclater son éloquence et briller les séductions de son génie , plus encore il sait émouvoir et passionner les esprits, plus aussi il exerce de ravages et contracte devant Dieu une dette terrible. Ce n'est pas tout : il se nuit à luimême ; il enlève à la dignité , à la pureté de son talent tout ce qu'il refuse aux exigences de la morale et de la religion ; il élève un nuage entre lui et le vrai , il coupe les ailes qui l'auraient soutenu dans les hauteurs. Yoilà pourquoi un éminent penseur a été amené à dire : « C'est une belle remarque du Quintilien de notre siècle que, de tous les ouvrages de notre littérature, les plus distingués par un grand caractère d'invention sont, dans tous les genres , ceux que la Religion a marqués de son empreinte : parce que la parole étant l'expression et Timage de la pensée , la plus grande vérité dans les idées produit naturellement la plus haute perfection dans le discours (1). »
Nous ne savons si l'on pourrait trouver dans l'histoire entière du genre humain un siècle qui ait moins songé à ces vérités, et qui doive autant
(1) Bonald, du Divorce, p. 53, 3e édition.
à la justice éternelle pour les méfaits de l'intelligence , que le XVIIIe siècle. Les premières années de ce siècle fameux s'annoncèrent par une lutte ouverte contre les plus respectables institutions du passé, et par une guerre acharnée contre la Religion chrétienne.
Dès l'an 1718, un jeune et brillant poète, à qui son maître avait dénoncé qu'il serait le coryphée de l'impiété, proclamait sur la principale scène théâtrale du monde que « les prêtres ne sont pas ce que pense un vain peuple , et que c'est notre crédulité qui fait toute leur science. » Ces témérités et tout ce qu'il y avait de coupables hardiesses de ce genre , obtenaient les applaudissements d'un peuple appelé à en devenir la victime. Un magistrat , un président à mortier au Parlement de Bordeaux , représentait le chef suprême du catholicisme comme « un magicien qui fait croire que trois ne font qu'un , ou que le vin qu'on boit, n'est pas du vin , et mille autres choses de cette espèce. (1)» C'est ainsi que le sacerdoce, dans les deux extrémités de la hiérarchie , que le dogme profond de la Trinité et l'auguste mystère de l'Eucharistie étaient bafoués par une philosophie mille fois digne de la pitié et du ridicule qu'elle voulait appeler sur la foi des chrétiens. Plus tard,
Montesquieu, Lettres Persanes, 24e lettre.
dans son grossier athéisme , Diderot écrivait avec une emphase imbécile : Elargissez Dieu (l). En effet , puisque tels étaient les pontifes et les dogmes, à quoi pouvaient servir les temples et les autels? si bien que lorsque les démolisseurs vinrent et qu'ils abattirent les églises sur le sol de la France , ou qu'ils en firent des écuries et des fenils , après avoir envoyé les prêtres aux pontons et à la guillotine , ils ne faisaient qu'obéir à la parole sonore des maîtres, et élargissaient Dieu. C'est le triomphe ordinaire de l'incrédule.
Les rangs ne tardèrent pas à se grossir, et il se fit une formidable ligue de tous les beaux esprits contre une religion dont « les principes, bien gravés dans le cœur, seraient infiniment plus forts que ce faux honneur des monarchies, ces vertus humaines des républiques et cette crainte servile des Etats despotiques (2). » Chacun, selon son habileté et sa force , arrachait une pierre de l'indestructible édifice; on éleva enfin cette fameuse Encyclopédie, derrière laquelle s'abritèrent les philosophes, et qui n'est plus aujourd'hui qu'un solennel témoignage de l'impuissance des efforts humains contre un monument dont les assises ont été posées de la main de Dieu même, du Dieu qui traça le rivage des mers.
(1) Diderot, Pensées.
(2) Montesquieu, Esprit des Lois, liv. xxiv, chap. 6.
Il y eut un homme surtout qui usa à cette guerre sauvage contre celui qu'il nommait l'infâme , tout ce que le ciel lui avait départi de facultés prodigieuses, et fit éclater sur l'Europe, pendant plus d'un demi-siècle, ce rire effrayant qui ne s'éteignit que dans les froids embrassements de la mort. Nous pouvons bien nous demander avec un douloureux effroi quel était le but de cette légion d'écrivains qui propageaient par tant de livres divers les systèmes les plus extravagants , les doctrines les plus monstrueuses et les plus cyniques. Une fois la croyance au néant introduite à la place de la croyance en Dieu , une fois les vertus chrétiennes exilées des cœurs comme autant de stupides et nuisibles préjugés, qu'espérait-on faire de ce peuple français , qu'on se vantait d'éclairer?
Aujourd'hui que des confidences réservées pour l'intimité, sont arrivées sous nos yeux, et que la lumière s'est faite sur la vie de ces faux sages , nous savons à quoi nous en tenir sur leurs vertus de parade : ils étaient livrés tous à ces passions d'ignominie (1), que saint Paul signale dans leurs devanciers du paganisme, et ils se présentaient pour réformateurs du genre humain. En
(I) Tradidil illos Dcus i:i passioncs ignominia?. S. Paul, Rom. I, 26.
prêchant aux autres la liberté , ils subissaient le dur esclavage des sens, glorifiaient Fhy menée dont ils faisaient la honte , et déclamaient contre le célibat dont ils étaient le fléau.
Après avoir promené partout son erreur vagabonde, l'impur Diderot écrivait une ardente exhortation aux femmes pour leur apprendre que la pudeur n'est qu'unmot et un préjugé (1). Helvétius, par ailleurs honnête homme et bon homme, chargeait son valet de chambre de recruter pour son sérail (2). Duclos, Maupertuis, D'Alembert, Suard, Henault, Saint-Lambert, J.-J. Rousseau, Voltaire et toute cette ligue d'élégants sophistes avaient le même intérêt,, dans les mêmes passions, à étouffer le christianisme. Qui ne sait l'immoralité du châtelain de Ferneyet le cynisme grossier du citoyen de Genève? Celui-là prenait plaisir à composer et à lire dans le cercle de ses amis unignoble poème où il traînait dans la fange, supplice pire que le bûcher de l'Anglais, la douce et glorieuse héroïne de Domremy. Celui-ci , comme l'a dit un penseur, « ôtait la sagesse aux âmes, en leur parlant de la vertu (3), » et dé-
(1) Diderot, Mém. corresp. et ouvrages inédits, t. II, p. 218.
(2) Chateaubriand, Essai sur les Révolutions, t. II, p. 273, édit. Ladvoeat.
(3) Joubert, Pensées, t. II, p. 177.
ployait la rare magie de son style pour décrire ce qu'il appelle lui-même, avec trop de justice, « le labyrinthe obscur et fangeux de ses Confessions (1). »
Qu'y avait-il au fond de tout cela? « c'était le cœur qui leur faisait mal à la tête (2), » suivant le mot ingénieux du vénérable La Motte, évêque d'Amiens; et comme le christianisme flétrissait leur vie, quel parti plus naturel que de proscrire à leur tour cet importun censeur? Si l'ignorance, la vénalité , l'entraînement du siècle faisaient quelque chose et aidaient à la lutte, les passions ténébreuses de l'ame se chargèrent du reste.
Quoiqu'il en soit, le philosophisme soufflait dans toutes les voiles, et les poussait vers des régions inconnues. Il avait l'oreille des Majestés de la terre, qu'il savait merveilleusement aduler, tout en minant leurs trônes ; il s'inclinait avec respect devant un sourire des courtisanes royales , en attaquant la royauté même ; se faisait des adeptes jusque dans les rangs des premiers dignitaires de l'Eglise, et allait troubler les veilles de pauvres Religieux.
Par un singulier contraste, pendant que quelques milliers de Jésuites étaient sacrifiés , sans aucune ombre de procédure, et enlevés à leurs
(1) J.-J. Rousseau, Confessions, livre I.
(2) Journ. hist. et lilt., 1 mai, 1789, p. 6.
SA VIE ET SES ÉCKITS. Il
maisons pour le salut du trône et de l'autel que leur ruine ne sauva pas, d'autres moines, au contraire, demandaient" à être délivrés de leur habit. Le vertige travaillait toutes les tètes , et les fidèles serviteurs de la monarchie contribuaient à la perdre par leur connivence avec le parti philosophique. Si Y Emile de Rousseau ne pouvait s'imprimer à Paris, c'était sous le couvert de Malesherbes que les épreuves arrivaient en France à l'auteur. L'orage allait se déchaîner à l'apparition de ce livre, et il se trouvait un grand seigneur , un homme de la Cour qui aidait bénévolement au mal et aplanissait les voies à ces flots de turbulentes doctrines. Le jeune roi lui-même avait eu à étudier des livres enfantés par le philosophisme anglais, et à traduire des Histoires (1) , où il pouvait lire d'avance le sort qui l'attendait au bout de son règne. Des rois , des reines , des empereurs puissants se faisaient une gloire de couvrir de leur patronage des écrivains audacieux, qui égaraient les peuples dans l'incrédulité et la rébellion. Car ces deux choses s'enchaînent ; et qui ne craint pas la majesté du Roi des rois , ne saurait se soucier de ces majestés d'emprunt qui
(1) V Histoire de Charles 1", par Hume.— OnsaitqueLouisWI, dans la version de Septchênes, son secrétaire, a traduit les premiers volumes de Gibbon.
commandent à la terre. L'appui si largement prêté à des doctrines subversives revint aux têtes couronnées , mais revint en révolutions terribles qui portaient avec elles leurs enseignements, trop oubliés depuis, aux jours de calme et de sécurité.
Ce XVIIIe siècle , si infatué de ses lumières et de ses progrès , allait finir ; mais il lui restait à compter avec la Providence, et il était appelé à recueillir les fruits des doctrines qu'il avait semées, des exemples qu'il avait donnés , des crimes qu'il avait commis , en haut et en bas de la société , en haut surtout; à voir enfin s'abîmer dans un épouvantable naufrage le trône et l'autel , le clergé et la magistrature, les institutions politiques et les institutions religieuses , la société tout entière ; ceux qui avaient miné l'édifice,, après l'édifice lui-même, les bourreaux après les victimes.
Un roi honnête et débonnaire , mais faible et indécis pour le bien qu'il désirait , se trouvait à la tête d'une cour, d'où la corruption descendait depuis trop longtemps sur une nation qu'on a mal jugée, en ne l'estimant que d'après d'éclatants scandales : cet infortuné prince était la victime destinée à payer pour le faste ruineux de Louis XIV, et les honteuses débauches de Louis XV (1). Rien cependant ne faisait pressen-
(1) Ce monarque indolent et coupable disait, en face des signes
tir d'abord au successeur de tant de rois les catastrophes inouïes par lesquelles il lui faudrait passer, lui et sa famille; et, au sein des fêtes de la cour, on s'abusait aisément sur la profondeur du mal , sur la violence de la tempête qui s'avançait. Pouvait-il être donné à la prévoyance des hommes, malgré les accents prophétiques de quelques voix menaçantes, de deviner que ce jeune souverain qui se flattait d'aimer son peuple, et, sans doute, d'en être aimé, irait prendre, dans quelques années , la route sanglante de Charles Ier d'Angleterre ? »
Dans cette cour de France, cour aimable, spirituelle entre Ioutes et frivole, on vit, aux derniers temps de Louis XVI, apparaître un jeune homme obscur , destiné à balancer, dans le siècle nouveau , l'influence littéraire des grands écrivains du siècle finissant, et à mener le deuil de sa magique parole, de ses éloquentes lamentations autour des tombeaux vides de cette royauté qui l'accueillait à peine d'un regard et d'un mot. Etranges rencontres, bizarres mystères, qui placent ainsi en présence., pour un jour, des hommes dont l'histoire et la destinée se mêleront, si profondément l'une à l'autre, dans un horizon douloureux et imprévu !
précurseurs de l'orage : « Ceci dorera autant que moi; mon successeur s'en tirera comme il pourra. »
l'i CHATEAUBRIAND.
Ce poétique enfant de la Bretagne , c'était le noble et illustre écrivain que la France perdit naguères, et qui descendit lentement dans la tombe, au bruit de la guerre civile et des sombres douleurs de la patrie : c'était l'auteur du Génie du Christianisme et des Martyrs, c'était Chateaubriand !
Si des préoccupations trop légitimes en face de la société menacée dans son repos , dans ses intérêts les plus sérieux, dans son existence même, ne permirent point à la France de rendre aussi solennels qu'ils l'eussent été, avec des temps meilleurs, et son amour et ses regrets; si la nouvelle du trépas d'un homme dont les écrits ont fait battre tant de cœurs , tomba comme un accident vulgaire au milieu des catastrophes de ces jours lamentables; du moins alors les cœurs pieux, ceux qu'il a le plus fortifiés et consolés , s'empressèrent-ils d'accorder à sa mémoire l'hommage que lui devait être assurément le plus cher (1), et qu'il a réclamé quelque part en retour de ce bienfait religieux : « Chrétien réconcilié, ne m'oublie pas dans tes prières, quand je serai parti ; mes fautes m'arrêteront peut-être à ces portes
(1) Nous ne disons rien ici que de notoire, et il nous serait aisé de nommer tels prêtres , telles institutions qui , sur la nouvelle d'une si grande perte, offrirent le saint sacrilice pour le repos de l'ame du noble défunt.
où ma charité avait crié pour toi : Ouvrez-vous , portes éternelles (1). »
D'autres hommages , d'autres regrets sont venus ensuite autour de cette tombe chérie , et nous nous présentons à notre tour, quoique un peu tard, pour lui payer le tribut de louange qui lui revient si légitimement : doux et attrayant labeur, honorable tâche, car il s'agit, en repassant par des années à jamais écoulées ^ d'y suivre le plus remarquable personnage après l'homme qui domina le siècle; de montrer ce qu'il fut dans sa vie et dans ses ouvrages ; de pénétrer dans l'intimité d'un écrivain qui sut réunir tout à la fois la gloire de publiciste, de poète, d'historien, de voyageur, d'homme d'état, de critique et de traducteur.
Pas d'éloge ici dont il faille avoir à rougir bientôt après ; mais toute une carrière de cinquante ans d'éclat , avec de brillants écrits et de nobles actions, de la dignité et de la rectitude à la tête des affaires comme dans la condition privée ; et , à côté de tant de mérite, la part seulement de faiblesses, de misères, de vanités, d'inconséquences qui prennent plus ou moins de place dans toute vie humaine, mais qui dans celle-ci ne font pas tache à l'honneur , au milieu d'un siècle d'improbité.
(1) Mcm. d'Outre-Tombe, t. IV, p. 70.