‹ Chatterton;Chapitre 46 sur 73 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

Chatterton, Le Quaker, John Bell, Kitty Bell.

J. Bell, à sa femme. Vous avez mal fait, Kitty, de ne pas me dire que c'était un personnage de considération. {Un domestique apporte un thé.)

K. Bell. En est-il ainsi? En vérité, je ne le savais pas.

J. Bell. De très grande considération. Lord Talbot m'a fait dire que c'était son ami, et un homme distingué qui ne veut pas être connu.

K. Bell. Hélas ! il n'est donc plus malheureux? — J'en suis bien aise. Mais je ne lui parlerai pas, je 10 m'en vais.

J. Bell. Restez, restez. Invitez-le à prendre le thé avec le docteur en famille ; cela fera plaisir à lord Talbot. (// va s^asseoir à droite, près de la table à thé)

Le Qu., à Chatterton qui fait un mouvement pour se retirer chez lui. Non, non, ne t'en va pas, on parle de toi.

K. Bell, au quaker. Mon ami, voulez-vous avoir la bonté de lui demander s'il veut déjeuner avec mon mari et mes enfants? 20

Le Qu. Vous avez tort de l'inviter, il ne peut pas souffrir les invitations.

K. Bell. Mais c'est mon mari qui le veut.

Le Qu. Sa volonté est souveraine. {A Chatterton.) Madame invite son hôte à déjeuner et désire qu'il prenne le thé en famille ce matin... {Bas.) Il ne faut pas accepter ; c'est par ordre de son mari qu'elle fait cette démarche ; mais cela lui déplaît.

J. Bell, assis, lisant le journal, s'* adresse à Kitty. L'a-t-on invité? ,0

K. Bell. Le docteur lui en parle.

Chatt., au quaker. Je suis forcé de me retirer chez moi.

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Le Qu., â Kitty. Il est forcé de se retirer chez lui.

K. Bell, à John Bell. Monsieur est forcé de se retirer chez lui.

J. Bell. C'est de l'orgueil : il croit nous honorer. (// tourne le dos et se remet à lire)

Chatt., au quaker. Je n'aurais pas accepté : c'était par pitié qu'on m'invitait. (// va vers sa chambrey le quaker le suit et le retient. Ici un domestique amène les enfants et les fait asseoir à table. Le quaker s^ assied 10 au fondf Kitty Bell à droite, John Bell â gauche, tournant le dos à la chambre, les enfants près de leur mère.)

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