ACTE I, SCÈHE Y
je dire à Tinspiratioû ardente : Ne viens pas, tu es inutile ?
LE QUAKER
Elle t'a marqué au front de son caractère fatal. Je ne te blâme pas , mon enfant , mais je te pleure.
CHATTEaTON. H s'assied.
Bon Quaker, dans votre société fraternelle et spiritualiste , a-t-on pitié de ceux que tourmente le passion de la pensée ? Je le crois ; je vous vois indulgent pour moi , sévère pour tout le monde; cela me calme un peu.
Ici Kachel va s'asseoir sur les genoux tic Chatterton.
En vérité , depuis trois mois, je suis presque heureux ici : on n'y sait pas mon nom , on ne m'y parle pas de moi , et je vois de beaux enfans sur mes genoux.
LE QUAKER
Ami , je t'aime pour ton caractère sérieux .
Tu serais digne de nos assemblées religieuses , où l'on ne voit pas l'agitation des papistes, adorateurs d'images, où l'on n'entend pas les
chants puérils des protestans. Je t'aime , parce
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que je deTine que le inonde te hait. Une anie contemplatiTe est à charge à tous les désœuvrés remuans qui couvrent la terre : l'imagination et le recueillement 'sont deux maladies dont personne n*a pitié ! — Tu ne sais seulement pas les noms des ennemis secrets qui rôdent autour de toi; mais j'en sais qui te haïssent d'autant plus qu'ils ne te connaissent pas.
CHATTERTON , avec chaleur.
£h ! cependant , n'ai-je pas quelque droit k l'amour de mes frères , moi qui travaille pour eux nuit et jour; moi qui cherche avec tant de fatigues , dans les ruines nationales , quelques fleurs de poésie dont je puisse extraire un par* fum durable ; moi qui veux ajouter une perle de plus à la couronne d'Angleterre , et qui plonge dans tant de mers et de fleuves pour la chercher?
. Ici Rachel quitte Chatterton ; elle va s'asseoir sur un tabouret aux. pieds du Quaker , et regarde des gravures.
Si vous saviez mes travaux!... J'ai fait de ma chambre la cellule d'un cloître; j'ai béqi et sanctifié ma vie et ma pensée ; j'ai raccourci ma vue , et j'ai éteint devant mes yeux les lumières